Audrey Fortin et Chantale Lapointe ont développé une offre de pâtisseries, comme des tartes au sucre, aux pommes, aux raisins et aux framboises, toutes concoctées avec le sirop d’érable.

L’érable sous toutes ses coutures

Chantale Lapointe caressait le rêve de prendre la relève de l’entreprise familiale, l’Érablière du Cap bleu de Saint-Honoré, depuis longtemps. Sa conjointe, Audrey Fortin, alors agente de sécurité, ne voyait toutefois pas les choses du même oeil. Mais elle s’est laissée convaincre et ensemble, elles ont acquis l’érablière en 2012, qu’elles ont rebaptisée Chez les Filles du Cap bleu. Depuis mai, le commerce a pignon sur rue sur le boulevard Martel de Saint-Honoré, où une cinquantaine de produits de l’érable sont disponibles.

L’Érablière du Cap bleu appartenait initialement aux parents de Chantale Lapointe et se spécialisait déjà dans la transformation de sirop d’érable. Les installations honoriennes ne permettent pas la récolte d’une grande quantité de sirop, ce qui fait en sorte que le commerce en achète d’autres érablières pour ensuite le transformer en une foule de produits. Beurre, caramel, épices à assaisonnement, moutarde, vinaigrette, bonbons et pâtisseries ont fait, peu à peu, la réputation de l’entreprise.

Une cinquantaine de produits sont offerts à l’Érablière ches les Filles du Cap bleu de Saint-Honoré.

« Je travaillais déjà pour mon père, en même temps qu’un autre emploi. Un jour, je lui ai dit que je voulais travailler à temps plein avec lui pour une année, mais il ne pouvait pas, car il n’y avait pas assez de travail. Je lui ai alors dit de me vendre l’entreprise ! Et il a dit oui », explique Chantale Lapointe. Sa conjointe, Audrey Fortin, ne rêvait toutefois pas de devenir entrepreneure. « Disons que je n’avais pas cette fibre ! Mais bon, après réflexion, je me suis lancée avec ma conjointe. Au début, ç’a été assez difficile puisque lorsqu’on achète une entreprise, on a besoin de beaucoup de liquidités, ce qu’on n’avait pas nécessairement. Ç’a été beaucoup d’ouvrage, mais aujourd’hui, ça va très bien », explique Audrey Fortin.

Chantale Lapointe avait la tête pleine d’idées en prenant la relève du commerce, comme développer une plus large gamme de produits issus de l’érable et un département de pâtisseries.

Une cinquantaine de produits sont offerts à l’érablière Chez les Filles du Cap bleu de Saint-Honoré.

« Depuis deux ans, la demande est vraiment grandissante. Les gens veulent acheter régional et ça paraît. Nous souhaitons offrir un nouveau produit régulièrement, comme des oignons caramélisés, un chutney de bleuet et un autre aux framboises, qui sortiront bientôt sur les tablettes », a expliqué Chantale Lapointe.

En plus de la petite boutique du boulevard Martel, ouverte depuis le 8 mai dernier, les produits des Filles du Cap bleu sont en vente dans les épiceries Provigo et IGA notamment. En tout, une trentaine de commerces de la région offrent les produits honoriens.

Une cinquantaine de produits sont offerts à l’Érablière ches les Filles du Cap bleu de Saint-Honoré.

« Depuis que nous faisons partie de la Zone boréale, nous avons vraiment constaté une augmentation de la demande. On doit fournir les épiceries aux deux semaines parfois », souligne Audrey Fortin.

Alors qu’elles n’étaient que deux lorsqu’elles ont pris la relève, cinq employés travaillent maintenant à temps plein et l’équipe grimpe à 12 personnes avec les temps partiels. La cuisine occupe une grande place du bâtiment, où les cuisiniers concoctent les beurres, caramels, tartes, beignes et pets-de-soeur, notamment. « Il fallait trouver un nouveau bâtiment, puisqu’on n’avait vraiment plus de place dans notre local du chemin du Cap. Nous sommes très contentes d’avoir déniché un endroit directement sur le boulevard Martel, au coeur de la municipalité », a souligné Audrey Fortin.

Un petit coin en vrac a été aménagé dans la boutique et les propriétaires comptent développer ce créneau.

« Nous avons vraiment une ambiance familiale, c’est très important pour nous. Nos employés ne sont pas tous des membres de notre famille, mais ils le sont devenus ! », a souligné Chantale Lapointe.

Les Filles du Cap bleu font également les différents salons d’alimentation et les marchés de Noël. Elles sont également présentes à La Baie lors de la saison des croisières.

La boutique, maintenant propriété d’Audrey Fortin et Chantale Lapointe, est ouverte sur le boulevard Martel de Saint-Honoré depuis le 8 mai dernier.

Des parties de sucres à domicile sont aussi proposées et organisées par les propriétaires.

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FAIRE SA PLACE ET DÉVELOPPER DE NOUVEAUX CRÉNEAUX

Petit à petit, les deux propriétaires du commerce font leur marque et se démarquent du passé. Elles ont changé l’image de la boutique, ainsi que le nom, afin que les clients fassent la différence entre les deux époques. «Nous avons inséré le mot ‘‘Filles’’ dans le nom de l’entreprise, parce qu’on voulait vraiment se démarquer et faire notre place», a indiqué Chantale Lapointe. 

Le père de Mme Lapointe, qui possédait jadis l’Érablière du Cap bleu, continue d’exploiter une bleuetière et les petits fruits sont vendus au commerce de sa fille. «Les gens comprenaient mal que nous étions maintenant deux entreprises distinctes alors nous avons refait l’image également», a souligné la dame, qui désire aussi développer le vrac au cours des prochaines années. 

Déjà, un petit coin de la boutique est dédié à ce mode d’achat qui gagne en popularité. Les aliments secs, tels que les épices et les sucres, sont donc disponibles en vrac.

«Nous voudrions développer ce marché prochainement, lorsqu’on en aura davantage la demande, avec tous nos produits», a souligné Chantale Lapointe. Patricia Rainville