Michèle Boisvert, première vice-présidente, Rayonnement des affaires, à la Caisse de dépôt et placement, a animé le panel auquel ont participé les femmes d’affaires Laure-Gabrielle Chatenet, Mélanie Paul et Natasha Tremblay.

L'entrepreneuriat au féminin se porte bien

Fortes des diplômes qu’elles ont décrochées dans les dernières années et de modèles féminins, les jeunes femmes prennent confiance en elles et n’hésitent plus à se lancer dans le monde des affaires pour devenir chefs d’entreprises. Depuis 2009, le ratio de femmes passant des intentions d’entreprendre aux démarches réelles est aujourd’hui supérieur à celui des hommes.

Ces données tirées de l’indice 2017 de la Caisse de dépôt et placement du Québec présentées le 1er novembre dernier ont servi de prémisses à la tenue d’un panel animé par l’ex-journaliste Michèle Boisvert, aujourd’hui première vice-présidente, Rayonnement des affaires, à la Caisse de dépôt et placement. Ce dévoilement a eu lieu dans le cadre de l’événement Inspire Saguenay organisé par Promotion Saguenay. 

Le panel a réuni sur une même tribune Laure-Gabrielle Chatenet, fondatrice de UX-CA, un groupe-conseil en expérience client , Mélanie Paul, vice-présidente de Granules LG de Mashteuiatsh, ainsi que NatashaTremblay, fondatrice du Centre Bien-être psychologique, une entreprise privée almatoise spécialisée en aide psychologique. 

Dans le cadre d’un sondage réalisé auprès de 3650 répondantes pour établir l’indice 2017, la CDP constate que de 2009 à 2017, les femmes dans la tranche des 18-34 ans affichent une progression exceptionnelle dans les intentions de devenir entrepreneures avec un taux qui est passé de 11,5 % à 40,9 %. Les nouvelles sont encourageantes chez les jeunes. Les femmes représentent 39,8 % de l’ensemble des propriétaires d’entreprises en 2017. Chez les jeunes femmes, ce taux passe à 42,8 %.

Le fait de provenir d’une famille en affaires augmente de près de 3 fois les chances de devenir entrepreneures et de 83 % la probabilité d’avoir une entreprise avec un employé et plus. 

La poursuite d’études universitaires augmente quant à elle de 29 % la probabilité de se lancer en affaires autant chez les jeunes femmes que les jeunes hommes. 

Lors de son témoignage, Mme Paul, une femme d’affaires autochtone, a rappelé qu’elle a eu à s’intégrer dans l’entreprise de son père dans un secteur proche de la foresterie. Elle a témoigné qu’au départ, faire la gestion du côté humain de l’entreprise l’intéressait davantage. Lorsque son père lui a demandé de lui venir en aide au sein de l’entreprise en croissance, elle s’est demandé ce qu’elle ferait là. Son père lui a vite fait comprendre que la gestion d’une entreprise consiste à régler aussi moult problèmes du côté humain. Elle a mis l’accent à plusieurs reprises sur l’importance de savoir travailler en équipe pour réussir et l’importance de tisser un réseau d’affaires au plan régional. Elle constate aujourd’hui que l’un des freins à l’entrepreneuriat chez les femmes autochtones est le manque de confiance découlant de la volonté de se comparer aux hommes.

Le sujet de la conciliation affaires et famille a également été abordé et l’une des participantes a dit craindre la venue d’un premier enfant. Mme Paul, mère de trois grandes filles, a mentionné que la conciliation affaires et famille n’est pas toujours évidente. Ses sentiments de culpabilité se sont estompés lorsque sa fille de 17 ans lui a avoué qu’elle était son modèle.

Malgré des avancées certaines dans tous les domaines, les femmes en affaires font parfois face à de vieux modèles. C’est le cas, entre autres, lorsque vient le temps d’aborder les questions de financement, comme l’a témoigné Mme Chatenet, qui s’est déjà fait dire que son statut de femme qui désirait un jour avoir des enfants pourrait nuire à son entreprise. « C’est encore un peu sexiste et je crois que les portes se referment un peu plus rapidement pour les femmes. »

Elle convient qu’une entreprise en informatique qui ne dispose d’aucun actif immobilier ou mobilier peut être aussi un obstacle.

Ces propos ont fait dire à Mme Boisvert que le secteur des technologies informatiques est largement dominé par la présence des hommes. Des progrès restent donc encore à accomplir.