Le nombre de personnes qui occupaient un emploi a baissé en cinq ans de 7% dans la MRC du Domaine-du-Roy, de 5,6% dans la MRC de Maria-Chapdelaine et de 4,9% dans Lac-Saint-Jean-Est.

L’emploi en forte régression au Lac

Alors que le nombre d’emplois ne cesse de croître au Québec, la situation est beaucoup moins rose dans les MRC loin des grands centres, révèle une note publiée par la Fédération québécoise des municipalités (FQM). Dans la région, la situation est particulièrement criante au Lac-Saint-Jean alors que les trois MRC y ont connu des pertes de 5 % à 7 % de personnes en emploi entre 2011 et 2016.

Ainsi, selon les chiffres fournis par la FQM, le nombre de personnes qui occupaient un emploi a baissé en cinq ans de 7 % dans la MRC du Domaine-du-Roy, de 5,6 % dans la MRC de Maria-Chapdelaine et de 4,9 % dans Lac-Saint-Jean-Est. Les données, non comprises directement dans la note nommée PORTRAIT DE L’EMPLOI : Une croissance aux retombées limitées pour nos régions, ont été transmises par Étienne Grand-Maison, l’auteur de l’étude, en soirée au Quotidien.

« Les données sur les MRC du Saguenay-Lac-Saint-Jean confirment les constats faits dans notre étude, avec une baisse marquée des personnes en emploi dans les MRC rurales et intermédiaires de la région », a-t-il écrit par courriel.

À la grandeur du Québec, « les données montrent que s’il s’est créé plus de 265 000 emplois dans les milieux urbains du Québec depuis 2012, les petits centres de population et les régions rurales ont, en contrepartie, vu disparaître 48 300 emplois sur leur territoire, soit une diminution de 4,6 % », est-il indiqué dans la note.

Dans la note, la FQM fait cependant la distinction entre les régions avec ou sans grand centre urbain. C’est le cas ici alors que l’emploi se porte bien à Saguenay. « Ainsi, si les MRC du Québec ont été les hôtes de 71 % des nouveaux emplois entre 2006 et 2011, leur contribution à la hausse des emplois entre 2011 et 2016 est de seulement 25 % alors que les grands centres urbains accaparent 75 % de la croissance de l’emploi. Autrement dit, entre 2011 et 2016, 75 % des nouveaux emplois au Québec se sont concentrés dans les neufs plus grandes villes du Québec, soit Lévis, Québec, Trois-Rivières, Sherbrooke, Saguenay, Longueuil, Laval, Montréal et Gatineau », indique-t-on aussi. Il faut préciser que ces grandes villes ne font partie d’aucune MRC.

Par extension, les MRC qui se trouvent près de ces grands centres urbains font également belle figure, comme c’est le cas dans la MRC du Fjord-du-Saguenay qui a connu une hausse de personnes en emploi de 0,9 % entre 2011 et 2016.

En conclusion, la FQM souligne « qu’un soutien gouvernemental approprié aux différentes instances de développement local et régional, qui font un travail remarquable pour attirer la main-d’œuvre et les entreprises en région, est nécessaire ».

+ Gaudreault cible Couillard

Le député Sylvain Gaudreault voit dans les données de la FQM la preuve de l’échec des politiques libérales dans les régions et il cible particulièrement le premier ministre et député de Roberval, Philippe Couillard.

« Les deux premières MRC (Domaine-du-Roy et Maria-Chapdelaine) sont dans la circonscription du premier ministre. C’est là qu’on sent le plus l’effet, soit des pertes d’emploi, la diminution de la population chez les jeunes et l’augmentation des personnes âgées. Ça démontre une impuissance du gouvernement », a attaqué le député péquiste Sylvain Gaudreault, qui a tenu à réagir aux chiffres de l’étude.

La circonscription de Roberval se divise en effet entre ces deux MRC.

« C’est très, très inquiétant pour l’occupation du territoire, pour les milieux régionaux ruraux. Le phénomène est frappant. (...) Quand le gouvernement se vante d’avoir un bas taux de chômage, ça cache la réalité démographique des milieux ruraux. D’un point de vue politique, ça montre que le gouvernement a délaissé les régions », a-t-il plaidé.

Comme causes, le député péquiste cible notamment la disparition des instances régionales comme les Conférences régionales des élus, les Centres locaux de développement ou encore des initiatives comme MigrAction.

Il promet qu’un gouvernement du Parti québécois axerait ses politiques en fonction de trois axes majeurs, soit Vivre en région, par des mesures de mobilité, Travailler en région, avec des soutiens économiques comme des crédits d’impôt pour les régions-ressources, et Décider en région, avec le retour de centres décisionnels régionaux.