Les travailleurs du Syndicat des employés de magasins et de bureaux de la SAQ (SEMB-SAQ) ont encaissé la part du lion du temps supplémentaire avec une récolte de 6,8 millions $.

Le temps supplémentaire explose à la SAQ

Exclusif// Le temps supplémentaire a explosé de 51 % à la Société des alcools du Québec. Pour l’année financière 2017-2018, la société d’État a versé 13,4 millions $ à ses cadres et ses employés, a appris Le Soleil.

Les données obtenues en vertu de la Loi sur l’accès à l’information indiquent que 4234 travailleurs se sont partagé le butin. En 2016-2017, la SAQ avait dû débourser 8,9 millions $ en surtemps et 9,7 millions $ en 2015-2016.

La société d’État justifie cette augmentation «par la forte progression de ses ventes». Elles ont atteint 3,252 milliards $ l’an dernier, soit un bond de 4,1 %.

Elle mentionne également que la modernisation de deux systèmes informatiques a nécessité davantage de paires de bras.

«C’était deux projets prioritaires pour l’entreprise. L’été dernier, nous avons implanté un système pour faciliter la logistique des livraisons. Il y a également eu un autre projet informatique. L’objectif était d’avoir des systèmes compatibles», explique au Soleil la porte-parole, Linda Bouchard. Elle assure qu’il s’agit d’une année «isolée».

Les travailleurs du Syndicat des employés de magasins et de bureaux de la SAQ (SEMB-SAQ) ont encaissé la part du lion du surtemps avec 6,8 millions $, comparativement à 5,9 millions $ l’année précédente.

Les employés qui cotisent au Syndicat des travailleurs et travailleuses (STTSAQ) se sont quant à eux partagé la somme de 4,9 millions $. Il s’agit d’une augmentation de 145 %. En 2016-2017, ils avaient reçu 2 millions $.

Le reste de l’argent a été divisé entre les cadres (309 713 $), les postes cadres et non syndiqués (22 529 $) et les employés du personnel technique et professionnel (1,4 million $).

Première augmentation

Pour la SAQ, il s’agit d’une première augmentation des dépenses en surtemps en quatre ans. ll s’agit également du plus important montant versé depuis 2010-2011, soit la période couverte par les chiffres obtenus par Le Soleil. Jamais, la SAQ n’avait franchi le cap des 11 millions $.


« La SAQ gère les employés sur le plancher au minimum et demande à des gens d’être disponibles sans leur offrir d’heure ou à peine. Résultat, des gens ne travaillant pas finissent par devoir conjuguer deux ou trois emplois pour arriver, réduisant ainsi leurs disponibilités »
Katia Lelièvre, présidente du syndicat des employés de magasins et de bureaux

Au cours des dernières années, la société d’État a tenté à plusieurs reprises d’alléger ses finances.

Pour y parvenir, entre 2016-2017 et 2017-2018, son nombre d’employés a chuté de 7033 à 6884.

Depuis des mois, la direction de la SAQ est en négociation avec les quelque 5500 membres du Syndicat des employés de magasins et de bureaux. Elle veut notamment obtenir plus de flexibilité et de souplesse dans l’attribution de ses horaires. Au total, elle souhaiterait abolir 221 000 heures. Cette mesure aurait un impact sur 700 travailleurs, selon le syndicat.

Ce dernier affirme également qu’actuellement 700 employés n’ont pas de boulot chaque semaine. Ils sont sans convention collective depuis le 31 mars 2017.

«La SAQ gère les employés sur le plancher au minimum et demande à des gens d’être disponibles sans leur offrir d’heure ou à peine», déplore Katia Lelièvre, présidente du syndicat. «Résultat, des gens ne travaillant pas finissent par devoir conjuguer deux ou trois emplois pour arriver, réduisant ainsi leurs disponibilités», poursuit-elle.

Plus de 100 000 $

Par ailleurs, la société d’État a vu augmenter l’an dernier son nombre de salariés avec une rémunération de base de plus de 100 000 $.

Pour l’année financière 2017-2018, 128 travailleurs ont dépassé les six chiffres, comparativement à 121 en 2016-2017. Précisons que cette donnée ne tient pas compte du temps supplémentaire ni de la rémunération variable.

À titre de comparaison, pour les amateurs de chiffres, pour 2017-2018, chez Loto-Québec, la facture pour des heures supplémentaires a été de 1,6 million $.  Il s’agit d’une diminution de 28 %. Au total, 657 membres du personnel ont dépassé leur nombre d’heures par semaine.

Ces données ne tiennent pas compte des travailleurs dans les autres filiales, comme la Société des casinos.

Chez Hydro-Québec, la société d’État a versé près de 152 millions $ en temps supplémentaire en 2017, une hausse de 15 %.