Julie Dufresne est fondatrice et présidente du site emploiretraite.ca.

Le site emploiretraite.ca, une initiative qui fait briller les retraités

En service depuis deux ans, le site emploiretraite.ca a aidé des centaines de personnes d’expérience à trouver un emploi dans des entreprises à la grandeur de la province. L'initiative saguenéene se démarque par son originalité et son taux de succès ne cesse d’augmenter.

Emploiretraite est une plateforme en ligne qui aide des candidats, souvent à la retraite, à retourner sur le marché du travail. Ces derniers ont habituellement entre 49 à 69 ans. La moitié d’entre eux cherchent un travail à temps plein, et les autres regardent plutôt pour une tâche temporaire.

Ils sont aujourd’hui plus de 25 000 candidats à suivre les offres d’emploi de la plateforme, et de 40 à 100 nouveaux candidats s’inscrivent chaque jour. Du côté des emplois, il y a plus ou moins 500 postes à pourvoir. Deux entreprises qui affichent des offres sur le site sur trois engagent via la plateforme. Et plusieurs se gardent des curriculum vitae en banque pour des postes à venir.

C’est la Saguenéenne Julie Dufresne, fondatrice et présidente, qui a lancé ce projet. Elle y travaille depuis de nombreuses années. Même s’il est en fonction depuis deux ans, cette dernière a dû faire plusieurs démarches avant que le site Web voie le jour. Elle a dû étudier le marché et a fait de nombreuses entrevues avec des candidats lors de groupes de discussion pour comprendre réellement ce que les retraités voulaient comme emploi lorsqu’ils retournaient sur le marché du travail. Elle a aussi dû rencontrer des entreprises afin de bien comprendre la situation.

Profils des candidats

Selon elle, trois types de candidats s’intéressent à son site. On retrouve de jeunes candidats, souvent âgés de près de 50 ans, qui sont en réflexion et qui considèrent de changer d’emploi. « Souvent, ils viennent de se rendre compte qu’ils travailleront plus longtemps qu’ils pensaient et ont le goût de changer d’entreprise », a noté la fondatrice, en entrevue avec Le Progrès. Il y a également, des retraités et des semi-retraités qui veulent retourner sur le marché du travail, mais plus à temps partiel. La présidente a expliqué : « Ces gens-là, ce n’est pas nécessairement le salaire qui les intéresse, c’est davantage le fait de se sentir reconnus, d’avoir du plaisir, d’être utiles. » Ils ne se dirigeraient pas nécessairement vers le domaine dans lequel ils ont travaillé.

Les autres, ce sont les passionnés de leur métier, qui après un ou deux ans de retraite, veulent retourner dans l’arène. Par contre, ils ne souhaitent pas ravoir les mêmes responsabilités et le même stress qu’auparavant ; ils veulent seulement être de nouveau impliqués. « Après avoir travaillé toute leur vie, ils ont, du jour au lendemain, un horaire complètement vide. Ça va pour un temps, mais après, c’est un grand vide », a continué Mme Dufresne.

Des emplois de tous les domaines se trouvent sur le site Internet. Selon la fondatrice, les offres suivent le marché, ce qui fait qu’il y a une grande demande du côté des quarts de métier et des emplois qui ne requièrent pas un grand niveau de scolarité. Mais l’offre reste très diversifiée, et la présidente assure qu’il y a des emplois pour tous les goûts, et partout au Québec.

Installé à Saguenay, l’équipe d’emploiretraite.ca, composé d’ailleurs de Valérie Lapointe, conseillère aux entreprise, Francis Bouchard, infographiste et Julie Dufresne, fondatrice et présidente, à relier les candidats et les entreprises pour faciliter leur processus d’embauche.

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SOLUTION AU MANQUE DE MAIN D'OEUVRE

Alors que plusieurs commerces de la région recherchent activement des employés, la fondatrice d’Emploiretraite pense qu’il faut encourager davantage les entreprises à engager des retraités, une « ressource sous-estimée » dans la région.

« J’entends souvent parler de l’immigration comme solution de la pénurie de main-d’oeuvre, mais au Saguenay–Lac-Saint-Jean, nous ne sommes pas la destination première de ceux qui arrivent », a soutenu Mme Dufresne. 

Elle pense que les immigrants choisissent davantage les grands centres et les endroits plus chauds du Canada.

Julie Dufresne est très contente de voir que les budgets au fédéral et au provincial incluent, pour la deuxième année de suite, des mesures visant à encourager les entreprises à engager ce type de candidats. Si elle n’a pas constaté une influence directe sur le nombre d’inscriptions à son site, elle est persuadée que cela ne peut pas nuire. 

Ces initiatives sont donc très positives. « Mais est-ce qu’ils sont assez ? » C’est la question que se pose la fondatrice.

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LES AVANTAGES DE L'ANONYMAT

À la grande surprise de Julie Dufresne, une grande partie du succès de la plateforme vient de son anonymat. En effet, Emploiretraite.ca est l’un des seuls sites d’emploi qui ne vend pas ses bases de données, ce qui fait que ses candidats sont assurés de l’anonymat.

« C’est quelque chose qui est très important pour nos utilisateurs. Plusieurs sont encore engagés dans une entreprise pour qui ils travaillent depuis plus de 20 ans et n’ont pas envie que leur employeur constate qu’ils regardent pour aller ailleurs », a révélé la présidente. 

Les entreprises inscrites ne voient que le profil des candidats qui décident de postuler pour leur offre. La fondatrice ne voit pas ça comme quelque chose de négatif. « La plateforme présélectionne des candidats selon leur expérience et leur bagage. Les candidats qui postulent sont donc vraiment intéressés par l’offre, ce qui fait que les employeurs trouvent plus rapidement », a souligné Mme Dufresne. Selon elle, c’est l’outil idéal pour ceux qui sont pressés et qui cherchent à trouver une ressource qui sera formée au plus vite.

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EN CHIFFRE

Les candidats:

- 25 000 abonnés

- 40 à 100 nouveaux abonnés par jours

- 125 000 visiteurs par jour

- Ils sont 50% à chercher du temps plein, 50% du temps partiel

- 49-69 ans, en moyenne et il y a légèrement plus d’hommes que de femmes

- 40 % sont mobiles ou prêts à déménager

Les entreprises:

- Plus ou moins 500 postes de disponibles 

- Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, deux entreprises sur trois embauchent avec la plateforme