Le Saguenay-Lac-Saint-Jean doit « plus que jamais » se diversifier économiquement

Myriam Gauthier, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Myriam Gauthier, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Le Quotidien
Le Saguenay-Lac-Saint-Jean a besoin « plus que jamais » de diversifier son économie, estime la Chambre de commerce et d’industrie Saguenay-Le Fjord, après la publication d’une enquête selon laquelle la région serait la plus touchée au Québec par les impacts économiques de la crise.

Le président de la Chambre de commerce et d’industrie Saguenay-Le Fjord, Carl Laberge, voit dans les résultats d’un sondage réalisé auprès d’entreprises de la province (voir encadré) une nécessité de diversifier l’économie du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

L’importance des secteurs manufacturiers et de l’industrie du tourisme dans la région expliquerait que l’économie régionale serait plus affectée par la crise, selon l’analyse de l’économiste Frédéric Laurin, après le coup de sonde réalisé par l’Institut de recherche sur les PME, en collaboration avec la Fédération des chambres de commerce du Québec.

« Les résultats démontrent bien que nous avons besoin, plus que jamais, d’une diversification de notre économie. Nous avons plusieurs créneaux solides avec l’aluminium et le bois, mais il est primordial d’en développer de nouveaux afin d’être moins vulnérables à l’avenir », a souligné Carl Laberge, par voie de communiqué.

Il constate que la pandémie a exacerbé les différences économiques déjà présentes entre la région et le reste de la province. « Nous aurons besoin d’investissements publics, mais également de projets économiques privés qui assureront une pérennité », a-t-il soutenu.

L’organisation estime que les résultats du sondage s’inscrivent en continuité avec les résultats obtenus dans les sondages menés par la chambre de commerce auprès de ses membres pendant la crise.

Rencontre avec la ministre Girault

Par ailleurs, la ministre des Relations internationales et de la Francophonie du Québec, Nadine Girault, a échangé vendredi avec une quinzaine de membres de la Chambre de commerce et d’industrie Saguenay-Le Fjord à l’occasion d’une visioconférence, sur l’heure du dîner.

La mobilité de la main-d’oeuvre internationale, des travailleurs agricoles et des étudiants internationaux, le soutien à l’exportation pour les entreprises, l’attraction d’investissements internationaux dans les régions ou encore la collaboration avec Investissement Québec font partie des sujets qui ont été abordés en lien avec les impacts de la crise mondiale causée par la COVID-19.

«On est sur le terrain partout à travers le monde, on est capables d’identifier et d’aider à identifier quels sont les investisseurs qui seraient des potentiels intéressants pour venir investir au Québec», a assuré la ministre, sur le travail mené de pair avec Investissement Québec.

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UN FORT IMPACT POUR 57,19% DES ENTREPRISES RÉGIONALES

Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, 57,19 % des entrepreneurs ont connu un fort impact en lien avec la crise, ce qui en ferait la région la plus touchée par la crise, selon les résultats d’un sondage en ligne mené par l’Institut de recherche sur les PME, en collaboration avec la Fédération des chambres de commerce du Québec.

Au total, 1238 entreprises du Québec, dont 89 du Saguenay-Lac-Saint-Jean, ont répondu au sondage portant sur les impacts économiques de la crise sur leur organisation, dont les résultats ont été publiés le 21 mai dans un rapport rédigé par l’économiste Frédéric Laurin. Le sondage a été mené du 5 au 19 mai et les entreprises de la région représentent 7,18 % des répondants.

L’impact global de la crise a été évalué selon « quatre variables d’impact » auprès des entreprises sondées : le niveau d’arrêt des activités de l’entreprise pendant la pause, les revenus, le nombre de contrats et de commandes, ainsi que de licenciements.

Secteur manufacturier

Le Saguenay-Lac-Saint-Jean, avec un indice d’impact global de 57,19 %, serait ainsi la région la plus touchée selon les résultats de l’étude, devant Lanaudière (50,82 %), l’Estrie (49,61 %) et les Laurentides (45,83 %). 

Dans la région, 53,75 % des répondants disent avoir subi une baisse de 75 % de leurs activités. La moitié affirme avoir connu une baisse de plus de 50 % de leurs revenus, alors que 70 % ont constaté une forte baisse de leurs contrats et commandes. Un total de 55 % des répondants disent avoir mis au chômage 75 % de leurs employés.

L’économiste avance dans le rapport que la structure sectorielle de l’économie des régions pourrait expliquer l’impact observé, même si aucun schéma d’ensemble ne peut être dégagé de l’analyse.

Les impacts économiques seraient plus forts dans régions dont l’activité économique est sont dominée « par des secteurs ayant subi de forts impacts, notamment les secteurs manufacturiers, l’industrie du tourisme et de l’hébergement et le secteur des arts, culture et loisirs ».

Moins de répondants dans les grands centres 

La répartition des répondants au sondage demeure cependant faible dans les grands centres. L’étude compte sur les réponses de 30 répondants à Montréal, 6 à Laval et 28 dans la Capitale-Nationale, tandis que des régions comme le Bas-Saint-Laurent et la Montérégie sont celles qui en comptent le plus, avec 201 et 140 répondants.