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Le ratio d’endettement des ménages recule.
Le ratio d’endettement des ménages recule.

Le ratio d’endettement des ménages canadiens recule

Danielle Edwards
La Presse Canadienne
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La valeur des actifs financiers des ménages a augmenté pour un quatrième trimestre consécutif, pendant que leur ratio d’endettement a reculé, a indiqué vendredi Statistique Canada, mais certains économistes s’attendent à ce que ces gains ralentissent au fur et à mesure que l’économie rouvrira et que les dépenses augmenteront.

Le montant d’argent que les Canadiens doivent par rapport à leur revenu a diminué au premier trimestre, comparativement à la fin de l’an dernier, la croissance du revenu des ménages ayant dépassé celle de leur dette, a indiqué Statistique Canada.

Cependant, l’économiste Ksenia Bushmeneva, de la Banque TD, a souligné que les dépenses des ménages pourraient faire ralentir ces gains alors que le pays sort des restrictions liées à la troisième vague de cas de COVID-19.

«Une fois que l’économie commencera à rouvrir et que les dépenses pour les services ? qui étaient en grande partie indisponibles pendant la pandémie ? redémarreront, je pense que les ménages seront tentés de recommencer à dépenser pour des choses comme les repas au restaurant et les vêtements», a-t-elle affirmé vendredi, lors d’une entrevue. «Et plusieurs de ces catégories de dépenses sont associées aux dépenses par carte de crédit.»

L’année dernière a été marquée par une augmentation de l’épargne des ménages et du revenu disponible, une situation qui a été renforcée au cours du premier trimestre de 2021 avec les augmentations de salaire et le soutien gouvernemental, a souligné Statistique Canada.

La dette des ménages sur le marché du crédit en proportion de leur revenu disponible a reculé à 172,3 % au premier trimestre, sur une base désaisonnalisée, comparativement à 174,0 % au quatrième trimestre de 2020. Cela signifie que les Canadiens devaient en moyenne 1,72 $ en dette sur le marché du crédit pour chaque dollar de revenu disponible des ménages.

Dans le même temps, le ratio du service de la dette des ménages, soit la proportion du total des paiements obligatoires du principal et des intérêts sur la dette du marché du crédit par rapport au revenu disponible des ménages, est tombé à 13,45 % contre 13,55 % au quatrième trimestre.

Cette baisse est survenue alors que le taux d’épargne des ménages, corrigé des variations saisonnières, a atteint 13,1 % au premier trimestre, contre 11,9 % au dernier trimestre de 2020.

Statistique Canada a également indiqué que les ménages avaient réussi à ajouter plus de 2000 milliards $ à leur patrimoine depuis le début de 2020, aidés par un fort rebond des marchés financiers et un marché immobilier «florissant».

Mais alors que la dette des ménages a diminué pendant la pandémie et que le patrimoine augmente, les ménages pourraient bientôt retomber dans leurs vieilles habitudes.

«Les habitudes de dépenses et les habitudes d’épargne que nous avons vues pendant la pandémie pourraient commencer à se normaliser et les paiements de soutien du gouvernement commenceront à prendre fin, a observé Mme Bushmeneva, de sorte que l’augmentation du revenu disponible commencera à se dissiper.»

L’économiste en chef de la Banque CIBC, Avery Shenfeld, a fait valoir que l’activité des consommateurs avait déjà commencé à grimper vers ses niveaux prépandémiques.

Selon un indice créé par la CIBC qui s’intéresse aux déplacements vers les magasins, les lieux de travail et les transports en commun, ces mesures montrent une croissance après avoir plongé au début de la pandémie, et «reviennent là où elles se trouvaient lorsqu’une pandémie n’était que quelque chose qu’on voyait dans les films d’horreur», a écrit M. Shenfeld dans une note aux investisseurs.

«La répercussion la plus importante sera celle sur la croissance économique globale: plus il y a d’options pour dépenser, plus nous verrons de dépenses», a-t-il écrit.