Le projet Val-Éo imminent

Attendue depuis 15 ans, la première pelletée de terre associée au projet de parc éolien Belle-Rivière de la Coopérative Val-Éo serait imminente. Les premières démolitions entourant le projet estimé à 70 millions $ sont prévues dans les prochains jours.

Rappelons que la Coopérative Val-Éo a été créée en novembre 2005. Le projet initial d’environ 50 MW a été rejeté par Hydro-Québec en 2008. Le projet de parc éolien de 24 mégawatts retenu en 2010 devait, pour sa part, être en service à compter du 1er décembre 2015.

« Il aura fallu 14 années de travail et 3,5 millions $ en investissements pour en arriver là, mais nous avons gagné notre pari afin de garder un contrôle sur la ressource éolienne et de pouvoir investir dans le projet », peut-on lire dans une lettre signée par le directeur général de la Coopérative Val-Éo, Jean Lavoie, et dont Le Quotidien a obtenu copie.

La communication écrite transmise aux membres et sociétaires de Val-Éo, en date du 9 septembre, confirmait le début des travaux de construction. La démolition du garage et d’un silo situés sur un terrain appartenant à la coopérative était annoncée le jour même. La préparation du terrain en vue d’accueillir des roulottes de chantier y figurait également.

Le directeur général de la Coopérative Val-Éo a confié au Quotidien qu’aucun travail de démolition n’avait été entamé. Contacté jeudi en fin de journée, M. Lavoie s’attendait plutôt à ce qu’ils débutent la semaine prochaine.

La Coopérative Val-Éo devrait fournir plus d’informations quant aux étapes subséquentes dans un communiqué de presse qui devrait être diffusé dans les jours à venir.

Par ailleurs, une rencontre d’information est prévue mercredi, à 19 h, à la salle de l’édifice municipal de Saint-Gédéon. La version finale du parc d’éoliennes y sera présentée. Les participants auront l’occasion de faire part de leurs commentaires et de questionner les promoteurs.

Nombreux retards

La Coopérative Val-Éo a remporté un appel d’offres en 2010 pour lancer la production en décembre 2015. Un premier retard s’est présenté alors que la construction attendue en 2016 a été retardée à l’été 2017.

Le projet a ensuite été modifié à quelques reprises, notamment quant aux éoliennes ciblées. Les 10 éoliennes de 2,35 mégawatts de puissance ont été remplacées, l’an dernier, par six éoliennes d’une puissance de quatre mégawatts et dont la hauteur maximale a été augmentée à 125 mètres.

Force est d’admettre que les promoteurs auront rencontré des obstacles jusqu’à la toute fin. En octobre dernier, ils se sont retrouvés face à une autorisation de la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) inopérante puisque la mise en chantier du parc éolien n’avait pas été faite dans un délai de trois ans. La Coopérative Val-Éo a ainsi dû soumettre une nouvelle demande d’autorisation.

Les travaux ont, une fois de plus, été décalés, en avril dernier, les repoussant « à la fin de l’été ou au début de l’automne ».

Rappelons que les retards ont coûté 480 000 $ aux promoteurs, soit la pénalité maximale prévue dans le contrat d’approvisionnement en électricité d’Hydro-Québec. Celui-ci prévoyait une amende ce 55 $ par mégawatt pour chaque jour de retard.