Le projet d'eau en canettes de Saguenay misera sur la Boréalie

Le projet de commercialisation d’eau élaboré par les propriétaires de Gazon Savard et Sylvain Boudreault, l’homme derrière le succès d’Eska en Abitibi, misera avant tout sur les saveurs de la Boréalie et les valeurs environnementales. La provenance de l’eau reste un élément secondaire pour le moment.

Le Quotidien a joint Sylvain Boudreault mercredi afin de vérifier des informations concernant l’emplacement du puits de captation de Gazon Savard et le trajet du futur gazoduc en direction des installations portuaires de Grande-Anse. Le principal intéressé qui supervise en ce moment les différentes étapes pour arrêter les recettes de la future gamme de produits n’est pas vraiment inquiet par cette situation qui ne constitue pas un problème.

«Quand j’ai commencé à discuter avec Carol Savard, il était surtout question d’évaluer un projet réalisé à partir d’une eau de qualité provenant du puits de Laterrière situé sur les terrains de l’entreprise. Mais je lui ai expliqué que c’était très difficile de percer le marché de l’eau embouteillée. Les prix sont beaucoup trop bas et ça prendrait des investissements de l’ordre de plusieurs millions de dollars, uniquement pour espérer obtenir de l’espace dans les commerces pour la distribution», explique le spécialiste qui a débuté sa carrière dans la production des boissons gazeuses.

Dans le projet Eska, le promoteur comptait sur des moyens importants pour se faire une place sur le marché de l’eau embouteillée. En plus, selon Sylvain Boudreault, la qualité de l’eau puisée dans le sous-sol de l’Abitibi était exceptionnelle. Ils ont donc été en mesure de miser sur cette particularité en plus de disposer de fonds suffisants pour tout le volet de la mise en marché.

«Dans le projet actuel, qui est un petit projet, nous voulons exploiter des éléments vraiment distinctifs de la région pour la préparation de l’eau. C’est de cette façon que nous allons réussir à proposer notre produit aux consommateurs. On parle d’un produit qui aura des saveurs comme le bleuet. En ce moment, il n’y a pas beaucoup de boissons qui utilisent cette saveur et c’est une particularité de la forêt boréale», reprend l’homme d’affaires.

Sylvain Boudreault cite d’autres saveurs comme la camerise et le thé du Labrador qui pourraient entrer dans la gamme de produits. Ce sont des produits naturels et sans sucre ajouté, contrairement aux nouvelles gammes de breuvages qui se retrouvent aujourd’hui sur les tablettes.

«Les boissons traditionnelles perdent du marché en ce moment. Elles perdent ce marché au profit de boissons énergisantes qui ne sont pas très bonnes pour la santé, a-t-il soulevé. Dans le temps, on ne connaissait pas les effets des boissons gazeuses sur la santé, mais aujourd’hui, nous en sommes conscients.»

L’eau de la Boréalie, en plus d’offrir des saveurs naturelles, sera distribuée dans des canettes d’aluminium provenant de la région en raison de sa production avec de l’énergie renouvelable. Les canettes seront livrées dans des caisses confectionnées avec un tout nouveau concept de carton pour ainsi avoir un produit dont toutes les composantes de mise en marché sont recyclables.

Sylvain Boudreault assure qu’il n’y a actuellement pas de produit semblable sur le marché. Il considère qu’il y a une fenêtre et que le projet en développement peut utiliser cette fenêtre.

Quant à l’exploitation d’un puits, Sylvain Boudreualt est conscient qu’il y a des sensibilités. Dans ce projet, ce ne sont pas les volumes d’eau qui comptent, mais bien l’idée d’un produit de niche. L’eau pourrait provenir du service d’aqueduc de la ville de Saguenay puisque dans l’industrie alimentaire, chaque usine doit être dotée de son propre système de traitement, nonobstant la source d’approvisionnement.