L’usine d’extrusion emploie une dizaine de personnes, mais si tout se déroule comme prévu, des embauches pourraient avoir lieu en 2018.

Le projet de relance de Pexal Tecalum va bien

Après un démarrage difficile marqué par une fermeture complète, Pexal Tecalum semble avoir le vent dans les voiles. Armée d’une dizaine d’employés, l’entreprise spécialisée en fabrication de pièces d’aluminium, par le procédé d’extrusion, a décroché plusieurs contrats dans la région et ailleurs dans le monde. Si tout se déroule comme prévu, Pexal Tecalum devrait atteindre sa pleine capacité de production pour un quart de travail dans les prochains mois.

L’entreprise a tenu à rencontrer les médias, mercredi, pour faire un premier bilan du projet de relance amorcé en janvier dernier, en dressant la liste de ses principaux contrats, dont un de 150 tonnes d’extrusion avec une entreprise californienne et un autre de 160 tonnes pour Alma Soudure (voir autre texte). 

Rares sont les entreprises privées qui dressent leur bilan aux journalistes. Mais Pexal Tecalum, rappelons-le, opère l’usine d’extrusion qui appartient au Centre d’entrepreneuriat et d’essaimage de l’Université du Québec à Chicoutimi (CEE-UQAC). Le projet de 12 millions $ avait été payé en majorité par des fonds publics.

« Le redémarrage de la production va bien et il rejoint les prévisions du plan de relance. On fonctionne à 50 % de la capacité et on devrait augmenter graduellement au cours des prochains mois. La grande majorité des clients qu’on avait perdus sont revenus, ce qui démontre la qualité de notre travail. La tempête est définitivement derrière nous », exprime le copropriétaire de Pexal Tecalum, Jean-François Harvey, ajoutant que les bases de l’entreprise sont plus solides qu’au démarrage.

Un conflit entre actionnaires avait nui à ce projet. Les problèmes administratifs ont été réglés par le changement de propriétaire. Et un projet de relance solide a convaincu le CEE-UQAC de faire confiance à Jean-François Harvey.

« Les résultats enregistrés depuis la relance sont encourageants pour l’avenir de Pexal Tecalum Canada. Malgré un démarrage laborieux, le modèle d’affaires proposé pour réaliser ce projet fonctionne. Les résultats d’aujourd’hui le confirment », affirme Gilles Déry, président du conseil d’administration du CEE-UQAC.

Ce dernier confirme que Pexal Tecalum honore ses obligations financières envers le CEE-UQAC depuis la relance. Pour exploiter les lieux, l’entreprise doit en effet payer des frais d’utilisation.

Gilles Déry espère d’ailleurs que la région mène d’autres projets avec un modèle semblable.

« Le modèle a fait ses preuves. Ça porte à espérer qu’il est possible de demander à nos élus de considérer des projets avec un tel modèle d’affaires », estime M. Déry.

Jean-François Harvey, de Pexal Tecalum, Réjean Savard, d’Alma Soudure, et Gilles Déry, du CEE-UQAC, ont participé à un point de presse, mercredi, portant sur l’usine d’extrusion.

Alma Soudure obtient un contrat

Alma Soudure vient de décrocher un contrat de 5,2 millions $ pour la fabrication de plateformes destinées au Grand Prix de Montréal. L’entreprise almatoise, avec l’aide de Pexal Tecalum, devra livrer 446 pièces en aluminium avant la fin du printemps. Ces pièces seront installées sur la « zone hospitalité », au-dessus du bassin olympique, pour accueillir les équipes de courses. 

Alma Soudure se serait différencié en offrant des plateformes boulonnées plutôt que soudées. L’usine d’extrusion d’Alma fabriquera les pièces nécessaires à ce projet. 

« Dans le devis, on laissait place à l’imagination. C’est à nous de trouver la meilleure solution. Tout le monde semblait voir ces plateformes soudées. Mais nous, on en a vu qu’il y avait quelque chose a faire avec des pièces extrudées et on a l’usine ici à Alma. On a eu la bonne idée de faire les plateformes boulonnées plutôt que soudées. Et c’est ce qui nous permet de respecter les délais, car on sauve la moitié du temps. On n’aurait pas été en mesure de faire le contrat autrement », explique Réjean Savard, propriétaire d’Alma Soudure, ajoutant que la présence de l’usine d’extrusion à Alma a facilité l’obtention du contrat.

Le manque de soudeurs d’aluminium n’aurait pas permis à l’entreprise de réaliser le contrat autrement. 

« Des soudeurs d’aluminium, il n’y en a pas beaucoup dans la région. On en a quatre et, pour un tel projet, on aurait eu besoin d’une quinzaine. Il fallait oublier le projet si on soudait. Et la soudure, ça affecte l’aluminium, elle devient moins résistante. En la faisant boulonner, ça donne une “plus value” », décrit M. Savard. Le projet nécessitera 30 000 heures de travail. L’entreprise cherche d’ailleurs des travailleurs pour compléter ce contrat, mais pas des soudeurs. 

« On cherche des journaliers, ça peut aussi être des retraités. On parle de pièces qui sont en aluminium, donc c’est léger », précise M. Savard.