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Le Port de Saguenay prépare une démarche de prospection à l’international afin d’attirer davantage la grande industrie à choisir le port de Grande-Anse et sa zone industrialo-portuaire pour le développement de projets.
Le Port de Saguenay prépare une démarche de prospection à l’international afin d’attirer davantage la grande industrie à choisir le port de Grande-Anse et sa zone industrialo-portuaire pour le développement de projets.

Le Port de Saguenay vise l’international pour attirer la grande industrie

Myriam Gauthier
Myriam Gauthier
Initiative de journalisme local - Le Quotidien
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Le Port de Saguenay prépare une démarche de prospection à l’international afin de faire connaître sa zone industrialo-portuaire et y attirer davantage de projets de la grande industrie.

L’administration portuaire souhaite ainsi faire connaître les atouts du Saguenay-Lac-Saint-Jean, son expertise dans le domaine industriel et le potentiel stratégique de développement de la zone industrialo-portuaire du port en eau profonde de Grande-Anse, à La Baie.

« On veut être plus proactif et être capable de bien vendre, de mieux vendre les avantages qu’on a dans la région, de mieux faire découvrir notre région, expose le président-directeur général de l’organisation, Carl Laberge. On veut que les yeux du monde soient tournés vers Saguenay. On est dans une compétition qui est avec le monde. »

Le Port de Saguenay souhaite ainsi maximiser les chances de voir un premier projet industriel d’envergure voir le jour près du terminal maritime de Grande-Anse, sur la vaste zone qui compte 25 hectares préparés, sur les 1200 disponibles.

« Difficile de réaliser des grands projets »

Car depuis 1985, date de construction du port, aucun projet industriel d’envergure n’a vu le jour au port de Grande-Anse. « Ce que ça veut dire, c’est que c’est difficile de développer des projets de grande envergure », convient Carl Laberge en entrevue.

La réalisation des projets des minières Métaux BlackRock et Arianne Phosphate se fait par exemple toujours attendre, malgré qu’ils aient depuis quelques années les autorisations environnementales pour aller de l’avant.

« Ce sont des projets qui sont travaillés depuis une dizaine d’années au niveau du Saguenay, ils ont leurs autorisations, ce sont de bons projets. Et actuellement, on n’est pas encore en construction. Ça vient montrer à quel point c’est quand même difficile de réaliser des grands projets », estime M. Laberge.

Le président-directeur général demeure cependant confiant que l’usine de traitement du minerai de Métaux BlackRock voie le jour sur la zone industrialo-portuaire, de même que le projet de troisième terminal portuaire lié au projet de mine d’apatite d’Arianne Phosphate. Il attribue les retards à la variation des cycles miniers.

« C’est pour ça qu’on veut être dans un mode qui est plus prospectif, pour avoir le plus de chance de succès possible », résume-t-il, estimant qu’il n’y a « jamais trop de projets » en raison du travail et du temps nécessaire pour leur développement.

Transformation métallurgique et marché énergétique

Dans sa stratégie de prospection en développement, le Port de Saguenay vise le secteur de la transformation métallurgique, en particulier le secteur des minéraux dits « stratégiques », des substances minérales qui sont en demande dans des secteurs tels que les télécommunications ou l’électrification des transports.

Carl Laberge, président-directeur général du Port de Saguenay

« Ce sont des projets (Métaux BlackRock et Arianne Phosphate) qui sont travaillés depuis une dizaine d’années au niveau du Saguenay, ils ont leurs autorisations, ce sont de bons projets. Et actuellement, on n’est pas encore en construction. Ça vient montrer à quel point c’est quand même difficile de réaliser des grands projets »
Carl Laberge, PDG du Port de Saguenay

L’organisation cible également les marchés énergétiques et de la biomasse forestière, à l’image du projet d’exportation de Granules 777 de la scierie Barrette-Chapais, qui expédie à partir de Grande-Anse des granules de bois vers le Royaume-Uni.

Le Port de Saguenay identifiera plus précisément les secteurs et pays qui seront approchés, avec ses partenaires tels que Promotion Saguenay, avant d’entamer ses démarches. Les méthodes de prospection seront alors adaptées aux mesures sanitaires en vigueur.

Cette stratégie, que Carl Laberge a évoquée rapidement lors d’une récente conférence en ligne devant le Cercle d’affaires des bleuets de Québec, s’inscrit dans le plan de développement de la zone industrialo-portuaire lié à l’entente signée avec Québec en 2016 dans le cadre de la Stratégie maritime du Québec. La stratégie de prospection a également été soulevée lors de la mise à jour de la planification stratégique du port, en 2020, indique le président-directeur général.

Navigation sur le Saguenay

Carl Laberge reconnaît que les préoccupations soulevées au sujet de l’impact de l’augmentation du trafic maritime sur le Saguenay sur le béluga représentent un « enjeu » pour le développement des activités portuaires.

« On pense qu’il y a le potentiel d’augmenter la navigation sur le Saguenay à partir de ce qu’il y a actuellement, de le développer et de le faire correctement aussi en respect des espèces qui sont dans le Saguenay, entre autres l’environnement du béluga et des mammifères marins », estime-t-il, en indiquant que le trafic actuel est « relativement faible », par rapport à ce qu’il était dans les années 1980.

Cet enjeu a occupé une partie importante des audiences du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement, qui ont eu lieu à l’automne pour le projet d’usine de liquéfaction de gaz naturel de GNL Québec au port de Grande-Anse. Le rapport doit d’ailleurs être déposé mercredi au plus tard au ministre de l’Environnement.

Des scientifiques ont également lancé en septembre un appel au moratoire jusqu’en 2023 sur les projets de développement qui entraîneraient une augmentation du trafic maritime sur le Saguenay, en attente de nouvelles recherches sur l’interaction entre la navigation et le béluga.

Le Port de Saguenay compte cibler dans ses prospections le secteur de la biomasse forestière, à l’image du projet d’exportation de Granules 777, dont on voit ici les deux dômes d’entreposage servant à l’expédition de granules de bois à partir du port de Grande-Anse vers le Royaume-Uni.

MISER SUR L’ÉCOLOGIE INDUSTRIELLE

Le Port de Saguenay souhaite également orienter le développement de sa zone industrialo-portuaire vers l’écologie industrielle afin d’attirer la grande industrie et favoriser la synergie entre les entreprises qui s’y installeront.

« On a la chance de pouvoir orienter un développement qui va être un développement qu’on va appeler “intelligent”, dans le sens où les entreprises vont se servir des forces des autres, vont collaborer et mettre des choses en commun pour que les entreprises soient plus fortes, soient plus solides dans le futur et soient plus efficaces », explique Carl Laberge.

En misant sur ce concept d’écologie industrielle, explique-t-il, des entreprises pourraient par exemple récupérer et valoriser les résidus d’autres industriels sur le site, miser sur la récupération de chaleur ou encore mettre en commun certains services.