Depuis quelques années, Guylaine Lalancette fabrique des peluches sur mesure pour les nouveau-nés.
Depuis quelques années, Guylaine Lalancette fabrique des peluches sur mesure pour les nouveau-nés.

Le nouveau départ de la couturière Guylaine Lalancette

Thomas Dufour
Le Quotidien
La pandémie a forcé plusieurs entreprises à mettre la clé sous la porte. Si certains profitent de ce temps d’arrêt pour réfléchir à la suite, d’autres ont décidé de transformer la crise en opportunité. Portrait d’une couturière qui a su rebondir.

En juin, Guylaine Lalancette a dû fermer le magasin de couture qu’elle tenait depuis 21 ans, à Alma, son entreprise n’étant plus rentable. À 61 ans, elle a toutefois décidé que ce n’était pas la fin pour son commerce. Depuis le début du mois de juillet, elle travaille de la maison.

Mercredi après-midi. La couturière est assise à sa table de cuisine, ses trois chats vont et viennent dans l’appartement. Elle a pris une pause ; le ciel s’est couvert, l’empêchant de bien voir son travail.

C’est qu’elle n’est pas encore tout à fait installée. Elle est en train de transformer le haut de son appartement en atelier. Des bouts de tissus dépassent des étagères poussées contre le mur. Elle a placé sa machine à coudre près de la fenêtre.

Les clients peuvent maintenant se rendre chez elle pour faire ajuster un bouton ou faire coudre un bas de pantalon.

En travaillant de la maison, Guylaine Lalancette peut recevoir ses petites-filles quelques fois par semaine. « Je peux passer plus de temps avec elles maintenant. »

La couturière almatoise comptait vendre sa boutique à la fin de l’année pour entamer une « préretraite ». En raison de la pandémie de COVID-19, elle a devancé ses plans.

La couturière de 61 ans a déménagé son atelier chez elle.

S’adapter

« Je fais de tout ! », dit la couturière. Dans les dernières années, elle a eu une tonne d’idées pour diversifier son offre.

Elle fouille dans une boîte et en sort un ours en peluche. Elle est visiblement heureuse de présenter le fruit de son travail. Elle fait ces « toutous » pour les nouveau-nés. Elle y ajoute le nom du bébé, le poids, la date et l’heure de naissance.

« Il n’y a pas de produits comme ça dans la région. La demande est très bonne », rapporte-t-elle.

Elle commande les animaux en peluche sur Internet. Elle peut ensuite retirer la bourrure et ajouter des broderies.

Depuis environ un an, Guylaine Lalancette s’est aussi lancée dans la fabrication de produits zéro déchet. « On pense de plus en plus à l’environnement. On pense à nos petits-enfants », affirme-t-elle.

Elle a aussi décidé d’investir les médias sociaux pour rejoindre plus de monde. « Ma fille m’a aidée à me créer une page Facebook, il y a quelques années. »

Depuis, elle publie fréquemment des photos de ses produits.

Transmettre sa passion

Guylaine Lalancette est devenue couturière un peu par hasard, il y a 46 ans. « Quand j’avais 15 ans, j’avais une blouse que j’aimais tellement. Quand elle a brisé, j’ai décidé d’en faire une autre. Ç’a commencé comme ça. »

Personne dans sa famille ne cousait. Puis, à travers les années, elle a transmis sa passion à sa mère et à ses soeurs. Maintenant, ses trois filles pratiquent, elles aussi, la couture.