Sylvain Bergeron, coordonnateur de l’ASTUSE, met en doute les données publiées à la fois sur les taux de chômage et d’assistance sociale.

Le nombre d’assistés sociaux diminue

Au moment où le taux de chômage au Saguenay-Lac-Saint-Jean atteint un creux à 6 %, la même tendance à la baisse est observée pour le taux d’assistance sociale, lequel se situait à 5,8 %, en octobre 2017, avec 12 713 prestataires, selon les plus récentes données publiées par le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale.

Le portrait indique que 10 189 ménages comptant 10 836 adultes et 1877 enfants ont reçu un chèque de dernier recours. Comparativement à octobre 2016, il s’agit d’une diminution. Le ministère faisait alors état de l’émission de chèques à 10 850 ménages formés de 11 562 adultes et 2062 enfants pour un taux d’assistance sociale de 6,1 %.

Le taux d’assistance sociale inclut les prestataires des programmes d’aide financière de dernier recours incluant le Programme Alternative jeunesse offrant une allocation jeunesse. En octobre dernier, 408 589 chèques d’une valeur moyenne de 772,60 $ ont été émis pour un total de 231 M $, dont 7,9 M $ uniquement dans la région. 

L’âge moyen des prestataires dans la région se situe à 45,4 ans, ce qui ne diffère pas beaucoup du portrait provincial. Dans la région, 4690 adultes prestataires du Programme de solidarité sociale font face à des contraintes sévères à l’emploi en raison de problèmes visuels, auditifs et de la parole, intellectuel et d’apprentissage (1032), santé mentale (1798) ou physique (1717).

ASTUSE

Invité à commenter les données publiées, Sylvain Bergeron, coordonnateur de l’ASTUSE, un organisme de défense des sans-emplois, met en doute les données publiées à la fois sur les taux de chômage et d’assistance sociale. « Je pense qu’il faut prendre ces chiffres avec un grain de sel puisqu’ils peuvent s’expliquer par le fait que des gens bénéficient en vieillissant d’autres programmes de l’État comme la Régie des rentes et la pension de vieillesse. On constate que les gens ont toujours autant de problèmes puisque les demandes augmentent. »

M. Bergeron s’interroge sur la façon dont est calculé le taux de chômage à partir d’enquêtes basées sur quatre questions qui ne permettent pas vraiment de savoir combien de personnes sont véritablement à la recherche d’un emploi.

Abordant le Plan d’action de lutte contre la pauvreté annoncé en décembre par le gouvernement Couillard prévoyant des investissements de 3 G $ d’ici 2023, M. Bergeron tentait de savoir auprès des clients de l’ASTUSE si la hausse de 63 $ pour les personnes seules en contraintes sévères d’emploi avait été payée le 29 décembre dernier tout comme les prestations d’aide de dernier recours et le Programme objectif emploi.

M. Bergeron conclut que Québec poursuit sa politique d’accorder de l’aide de dernier recours pour répondre à seulement 55 % des besoins de consommation des prestataires évalués à 16 000 $.