La surtaxe américaine imposée sur le bois d’oeuvre canadien a coûté 200 M$ US à Produits forestiers Résolu, jusqu’à maintenant.
La surtaxe américaine imposée sur le bois d’oeuvre canadien a coûté 200 M$ US à Produits forestiers Résolu, jusqu’à maintenant.

Le conflit du bois d’oeuvre a coûté 200 M$ US à PFR jusqu’à maintenant

Myriam Gauthier, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Myriam Gauthier, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Le Quotidien
Produits forestiers Résolu (PFR) a espoir que la nouvelle manche que vient de remporter le Canada dans le conflit du bois d’oeuvre qui l’oppose aux États-Unis permettra d’en arriver à un règlement définitif. Ce nouvel épisode a coûté jusqu’à maintenant 200 M$ US à l’entreprise qui espère obtenir des mesures de soutien d’ici la résolution du conflit.

«On est très heureux de la décision aujourd’hui et on espère que les autorités concernées vont être capables de prendre la balle au bond et de mener un règlement définitif de ce conflit-là», a souligné Louis Bouchard, directeur principal affaires publiques et relations gouvernementales pour PFR.

L’Organisation mondiale du commerce (OMC) a conclu dans une décision rendue publique lundi que l’imposition de tarifs par Washington sur les importations canadiennes de bois d’oeuvre violait plusieurs articles d’un important accord international, l’Accord sur les subventions et les mesures compensatoires.

L’administration Trump a imposé en 2017 des droits pouvant atteindre un taux moyen de 20,23% sur le bois d’oeuvre canadien. La surtaxe s’élève à environ 18% pour PFR et a coûté jusqu’à maintenant 200 M$ US à l’entreprise au pays.

«C’est un conflit qui est très coûteux, qui affecte beaucoup nos liquidités, a ajouté le porte-parole. On a toujours cru et on croit encore qu’on devrait avoir un accès non entravé au marché américain. Malheureusement, pour le bois d’oeuvre, ce n’est pas le cas.»

Le Canada et les États-Unis en sont à leur cinquième conflit commercial sur le bois d’oeuvre depuis les années 1980.

Mesures de soutien

PFR espère pouvoir bénéficier de mesures de soutien gouvernementales, dans l’attente d’un règlement qui permettrait à l’industrie de récupérer les droits perçus par les États-Unis.

«Ce qu’on espérerait, ce qu’on aimerait, ce soit que les autorités canadiennes facilitent les garanties de prêts pour nous aider à passer à travers la période d’ici à ce qu’on ait un règlement final», a-t-il expliqué, en précisant que ces mesures sont réclamées depuis un moment.

Ces mesures permettraient à l’entreprise d’avoir accès à des liquidités, sachant que le règlement du conflit peut encore s’étirer. Elles offriraient également un support à l’industrie qui doit faire face aux impacts de la crise sanitaire et économique de la COVID-19, a ajouté Louis Bouchard.

«C’est certain qu’en contexte de COVID-19, en plus, où on essaie d’émerger de la crise de la façon la plus nette possible et la plus saine possible, ce sont des éléments qui sont critiques et qui sont importants.»

Produits forestiers Résolu emploie près de 2000 personnes au Saguenay-Lac-Saint-Jean, que ce soit en forêt, dans ses usines de pâtes et papiers ou ses scieries.