Certaines dispositions de l’accord ont soulevé le mécontentement de grands secteurs économiques au Canada, notamment les industries laitières et de haute technologie.

Le Canada veut renégocier le PTP

Les négociateurs canadiens qui tentent de ressusciter le défunt Partenariat transpacifique (PTP) aimeraient en profiter pour y apporter des modifications, surtout dans trois grands secteurs.

Les dirigeants des pays signataires du PTP qui souhaitent toujours sauver l’accord commercial seront justement réunis cette semaine au Vietnam pour le forum de la Coopération économique de la zone Asie-Pacifique (APEC). Les négociateurs de ces pays sont d’ailleurs déjà sur place pour amorcer leurs discussions.

Selon un haut responsable canadien, Ottawa aimerait en profiter pour modifier plusieurs chapitres de l’accord original – surtout en ce qui concerne la propriété intellectuelle, l’exception culturelle et le système canadien de gestion de l’offre dans les secteurs de la volaille, des oeufs et des produits laitiers.

Dès son arrivée à la Maison-Blanche, en janvier, le président Donald Trump avait, comme promis, retiré les États-Unis de cette entente commerciale conclue à l’automne 2015 entre 12 pays du pourtour du Pacifique. 

En dépit de ce retrait américain, les onze autres pays signataires du PTP ont depuis amorcé des discussions pour sauver du naufrage l’accord commercial.

Le PTP devrait ainsi être au coeur des discussions, cette semaine à Da Nang, au Vietnam, lors du sommet de l’APEC, auquel participent le premier ministre Justin Trudeau et les leaders des autres pays signataires de l’accord.

Le ministre canadien du Commerce international, François-Philippe Champagne, a indiqué à La Presse canadienne que son gouvernement souhaite renégocier l’accord commercial avant de le sauver. 

M. Champagne, qui participera lui aussi au forum de l’APEC cette semaine, a indiqué que le Canada voudrait ajouter des dispositions progressistes en matière d’environnement, de droit du travail et d’égalité hommes-femmes. Selon lui, le gouvernement de la Nouvelle-Zélande serait sur la même longueur d’onde.

Production laitière, haute technologie et culture

Le PTP avait été négocié sous le gouvernement conservateur de Stephen Harper. 

Certaines dispositions de l’accord ont soulevé le mécontentement de grands secteurs économiques au Canada, notamment les industries laitières et de haute technologie.

Ottawa avait par exemple dû offrir aux producteurs agricoles un programme d’indemnisations de plusieurs milliards de dollars parce que le PTP prévoyait une hausse de 3,25 points de pourcentage des quotas d’importation de produits laitiers au pays.

L’industrie canadienne des hautes technologies, quant à elle, déplorait le fait que les dispositions du PTP concernant la propriété intellectuelle favorisaient davantage les États-Unis, parce que les entreprises américaines possèdent déjà un nombre beaucoup plus important de brevets, de droits d’auteur et de marques de commerce. 

La propriété intellectuelle est devenue selon plusieurs observateurs un enjeu majeur en cette ère d’économie du savoir, en croissance constante.

Enfin, en matière d’exception culturelle, Ottawa aimerait obtenir des engagements plus fermes pour protéger les cultures nationales.

Lors de ce voyage officiel en Asie, M. Trudeau se rendra aussi aux Philippines pour participer au sommet de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est, à Manille.