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Le BAPE sur GNL Québec reprend... en virtuel
Le BAPE sur GNL Québec reprend... en virtuel
La seconde partie des audiences du BAPE sur GNL Québec se déroule en mode numérique en raison de la deuxième vague de COVID-19, après que la première partie ait eu lieu à l’hôtel Le Montagnais à Chicoutimi, en septembre.
La seconde partie des audiences du BAPE sur GNL Québec se déroule en mode numérique en raison de la deuxième vague de COVID-19, après que la première partie ait eu lieu à l’hôtel Le Montagnais à Chicoutimi, en septembre.

Audiences du BAPE: plusieurs opposants au projet de GNL Québec se font entendre

Myriam Gauthier
Myriam Gauthier
Initiative de journalisme local - Le Quotidien
Une majorité de voix opposées au projet de GNL Québec se sont fait entendre en soirée lundi, à l’image de l’ouverture de la seconde partie des audiences du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE). Quelques plaidoyers ont été prononcés en faveur des retombées économiques attendues au Saguenay-Lac-Saint-Jean par le projet d’usine de liquéfaction de gaz naturel.

Quatorze intervenants ont présenté leur opinion en soirée sur le projet industriel de 9 G$ prévu à Saguenay, lors de la deuxième séance de la seconde partie des audiences publiques qui se tiennent en mode numérique.

Autant de citoyens que d’organismes ont pris la parole lors de cette séance qui s’est déroulée sans embûches techniques majeures. Plusieurs des citoyens qui sont intervenus étaient des résidants du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

La séance a attiré un peu moins l’attention que l’ouverture des audiences en après-midi, avec 1800 visionnements sur Facebook. Les citoyens, intervenants et organismes ont encore une fois été plus nombreux à exprimer leur opposition et leurs préoccupations face au projet.

Les impacts du projet sur l’industrie touristique, sur le béluga ou encore les émissions de gaz à effet de serre liés au projet ont notamment été abordés par les différents intervenants.

Une évaluation des impacts sur la santé réclamée

L’évaluation des impacts psychosociaux et sur la santé des populations du projet de GNL Québec a également été réclamée par des participants.

Jean Paradis, un citoyen d’Alma connu pour son militantisme pour des causes environnementales, ainsi que l’organisme Communauté ergothérapique engagé pour l’équité et l’environnement ont critiqué l’absence de représentants du ministère de la Santé et des Services sociaux lors de la première partie des audiences.

Une évaluation complète des impacts du projet sur la santé aurait dû figurer dans l’étude d’impact environnemental du promoteur, ont-ils plaidé, à l’image d’autres intervenants qui avaient soulevé cet enjeu plus tôt en journée.

Jean Paradis, qui a précisé s’exprimer en son nom personnel, a dit constater dans les dernières années de l’angoisse et de l’anxiété, en particulier chez les jeunes, face à ce «projet toxique» qui aura des effets «catastrophiques sur le climat».

«Depuis presque deux ans maintenant, ma vie tourne autour de cet engagement d’opposition et c’est vrai aussi pour des milliers de gens partout au Québec», a exprimé celui qui fait notamment partie du comité de coordination de l’organisme saguenéen la Coalition fjord.

Jean Paradis, un citoyen d’Alma connu pour son militantisme pour des causes environnementales, a demandé une évaluation des impacts sur la santé du projet de GNL Québec.

Au terme de l’intervention de la représentante de la communauté ergothérapique, le président de la commission, Denis Bergeron, a assuré que la commission était «à pied d’oeuvre» afin de compléter son analyse des impacts psychosociaux et sur la santé du projet de GNL Québec.

Saint-David-de-Falardeau: «Nous avons besoin de ce projet»

La mairesse de Saint-David-de-Falardeau, Catherine Morissette, a plaidé en faveur de la réalisation du projet de GNL Québec afin de diversifier l’économie du Saguenay-Lac-Saint-Jean et de soutenir le développement des municipalités. Le projet permettra à ses yeux d’apporter un «souffle nouveau» à l’économie régionale.

«Il n’y a pas de raisons que l’industrie ne puisse pas continuer de prospérer chez nous dans le respect des règles environnementales applicables aujourd’hui», a souligné l’élue de la petite municipalité située au nord de Saguenay.

Énergie Saguenay marquera un «projet de transition entre l’avant et l’après» pour l’économie régionale et rendra «la région prospère à nouveau», a-t-elle exprimé.

«Je vous dis haut et fort que nous avons besoin de ce projet, a lancé la mairesse, en disant refléter dans ses propos les préoccupations de plusieurs élus de la région. Nous avons besoin d’une industrie porteuse pour nos jeunes.»

Deux citoyens de la région se sont également exprimés en faveur du projet en soulignant ses retombées économiques et le rôle qu’il pourrait avoir dans la transition énergétique.

Catherine Morissette, mairesse de Saint-David-de-Falardeau

«Il faut arrêter de se diviser et il faut travailler ensemble», a lancé Philip Simard, citoyen de Chicoutimi-Nord, qui est également adjoint parlementaire du député conservateur de Chicoutimi-Le Fjord, Richard Martel. Il a affirmé s’exprimer en son nom personnel.

Les audiences reprennent mardi à 13h et à 19h, en diffusion sur le site du BAPE et sur la page Facebook de l’organisation.

UNE FAILLE EN CAS D’ABANDON DU SITE SOULEVÉE

La Fondation David Suzuki a demandé qu’une garantie financière soit exigée à GNL Québec afin d’éviter que les contribuables aient à assumer un fardeau financier, advenant une fermeture précipitée du site de l’usine de liquéfaction de gaz naturel à Saguenay.

L’organisme a affirmé avoir identifié une faille législative pour un projet d’usine de liquéfaction comme celui de GNL Québec, qui ne protégerait pas les contribuables québécois si le site est abandonné par l’entreprise sans assurer le démantèlement ou la décontamination.

«On veut s’assurer que si la compagnie doit fermer boutique et qu’elle doit partir, que quelqu’un paie la note et que ce ne soit pas les contribuables», a souligné Diego Creimer, codirecteur de la fondation, en demandant que la garantie réclamée soit exigée par le ministre de l’Environnement.

Par ailleurs, l’association Action Boréale, de l’Abitibi-Témiscamingue, a pour sa part critiqué les positions favorables du gouvernement Legault et de plusieurs de ses ministres envers le projet de GNL Québec.

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UN AJOUT SUR LE MARCHÉ ÉNERGÉTIQUE CRITIQUÉ

L’économiste Éric Pineault, professeur à l’Université du Québec à Montréal, a pour sa part remis en question l’utilisation du gaz naturel liquéfié comme énergie de substitution permettant de remplacer des énergies plus polluantes comme le charbon.

Le gaz naturel liquéfié qui serait rendu disponible par GNL Québec constituerait plutôt un ajout sur le marché énergétique mondial, estime le spécialiste qui a précisé s’exprimer en son nom personnel.

La course à l’énergie se situe davantage du côté des énergies renouvelables. Il a invité les commissaires à rejeter dans leur analyse l’étude de la firme Poten & Partners, qui s’était penchée sur les marchés ciblés par GNL Québec et qu’il estime «complètement bâclée» sur le plan méthodologique.