Les employés de Desjardins Entreprises Saguenay délaissent le code vestimentaire les vendredis, afin de soutenir MicroEntreprendre Saguenay– Lac-Saint-Jean.

Le banquier « humain »

Depuis 1996, MicroEntreprendre Saguenay–Lac-Saint-Jean a prêté 400 000 $ à des entrepreneurs de la région, ce qui représente un effet de levier de cinq millions de dollars. Un total de 250 entreprises ont eu accès au microcrédit, créant ainsi 350 emplois. Des entreprises comme La Boucanerie d’Henri, La Réserve et Savana ont pu se lancer grâce à l’organisme.

MicroEntreprendre Saguenay–Lac-Saint-Jean, jadis connu sous le nom du Fonds d’entraide communautaire, a comme mission de développer le potentiel économique et social du milieu local en donnant accès à un crédit non conventionnel et un accompagnement de proximité pour les entrepreneurs en prédémarrage, en démarrage ou en consolidation de leur projet d’affaires. Le but de l’organisme est vraiment d’offrir un financement à des entrepreneurs qui n’ont pas nécessairement accès à un prêt conventionnel d’une institution bancaire.

« MicroEntreprendre offre des prêts allant de 5000 $ à 20 000 $, et ce financement donne ensuite accès à une autre source d’investissement, notamment de Promotion Saguenay, par exemple, ou bien d’une banque traditionnelle. Nous misons vraiment sur la personne, mais avec un cadre entrepreneurial », a expliqué la conseillère en développement entrepreneurial chez MicroEntreprendre, Célia Denigot.

Les entrepreneurs doivent rembourser leur prêt sur une période de 24 mois à trois ans, à un faible taux d’intérêt. Lorsqu’un prêt est remboursé, c’est un autre entrepreneur qui peut en bénéficier.

Sur une base volontaire, les employés paient 2$ pour porter le jeans le vendredi. 100% de l’argent amassé est remis à MicroEntreprendre.

Lorsqu’un entrepreneur se présente chez MicroEntreprendre, un conseiller analyse son dossier, sa mission, son historique et son marketing. Un comité de prêt prend ensuite en charge le dossier et l’accompagne dans les domaines de la commercialisation et la comptabilité, par exemple.

« Nous avons vraiment un côté humain et un service d’accompagnement de proximité avec le client. L’entrepreneur est ainsi guidé et conseillé tout au long du processus. La personne devant nous est très importante. On mise sur cet aspect, en bâtissant une relation de confiance », a indiqué Célia Denigot.

Depuis 1996, MicroEntreprendre a aidé 250 entreprises à se lancer, grâce au microcrédit.

En plus des 400 000 $ prêtés depuis sa création en 1996, le fonds de capitalisation de MicroEntreprendre se chiffre aujourd’hui à 200 000 $. « Nous estimons à près de cinq millions de dollars l’effet de levier de nos prêts et, annuellement, environ 160 personnes sont accompagnées », a ajouté Mme Denigot.

Deux fonds spécifiques

Au cours des dernières années, deux fonds spécifiques ont aussi été créés, dont un dédié aux femmes entrepreneures, puisque 67 % de la clientèle de MicroEntreprendre est féminine, ainsi qu’un fonds dédié à l’économie sociale, qui favorise l’émergence des entreprises collectives à vocation sociale.

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EXIT LE CODE VESTIMENTAIRE!

Desjardins Entreprises Saguenay a décidé de s’impliquer de façon originale pour soutenir MicroEntreprendre. Les banquiers et les conseillers en services financiers mettent ainsi leur code vestimentaire de côté les vendredis, dans le cadre du mouvement solidaire Vendredi Startup. 

Le concept du mouvement est fort simple. Pour la modique somme de 2 $ et sur une base volontaire, les employés de Desjardins Entreprises Saguenay peuvent troquer le pantalon pour le jean, les vendredis. Le 2 $ est remis à MicroEntreprendre Saguenay-Lac-Saint-Jean et 100 % des dons sont réinvestis sous forme de prêt aux entrepreneurs. 

« C’était important pour nous de soutenir les organismes comme MicroEntreprendre, puisque le microcrédit est un outil très intéressant pour les entrepreneurs et la communauté d’affaires du Saguenay–Lac-Saint-Jean. Participer à un mouvement comme le jean le vendredi, ça envoie vraiment un message fort. Un banquier qui ne porte pas l’habit, c’est assez rare, disons ! », a indiqué le directeur de Desjardins Entreprises Saguenay, Daniel Ménard. 

« C’est la première fois qu’une institution bancaire délaisse le code vestimentaire, mais c’est pour une bonne cause. Nous voulions aussi envoyer une invitation à d’autres entreprises d’y participer », a ajouté le directeur. 

Depuis deux semaines, donc, les 42 employés de Desjardins Entreprises Saguenay sont habillés décontractés le vendredi. 

« C’est notre coup de pouce pour enrichir la communauté. Les employés sont aussi bien contents ! », a ajouté Daniel Ménard. 

D’autres entreprises participent au mouvement Vendredi Startup, mais Desjardins est la seule institution bancaire à le faire. Ce mouvement a été initié par David Delisle, de la boutique Laflamme, et Louis Dufour, de l’entreprise Pro de la copie.