La ferme expérimentale embauche 18 personnes qui supervisent une vingtaine de projets de recherche en ce moment.
La ferme expérimentale embauche 18 personnes qui supervisent une vingtaine de projets de recherche en ce moment.

L’avenir de la Ferme expérimentale de Normandin assuré

Guillaume Roy
Guillaume Roy
Initiative de journalisme local - Le Quotidien
Alors que plusieurs acteurs agricoles de la région se questionnent sur l’avenir de la Ferme expérimentale de Normandin, Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) assure le maintien de l’institution de recherche en ajoutant que le rôle de l’organisation sera consolidé à la suite d’une réflexion stratégique qui a lieu en ce moment.

Selon AAC, « la Ferme expérimentale de Normandin a une importance stratégique pour la recherche scientifique », a-t-on mentionné au Quotidien. Bien que la COVID-19 ait causé un ralentissement des activités de recherche depuis le mois de mars, certaines activités aux champs ont repris récemment.

Au cours des derniers mois, AAC a entamé une réflexion stratégique, avec les organisations du milieu, pour mieux répondre à ses besoins en matière de recherche en agriculture nordique et préciser les projets qui seront réalisés à la ferme à l’avenir. « Une quinzaine d’organisations agricoles régionales ont été consultées afin de mieux cibler les besoins de recherche », précise l’organisme fédéral, avant d’ajouter que la réflexion stratégique sera complétée d’ici l’automne.

Pour combler les départs à la retraite de plusieurs chercheurs dans les centres de recherche de AAC, un processus pour renouveler l’expertise scientifique a été initié. AAC souligne qu’au moins un nouveau chercheur sera embauché à la ferme de Normandin au cours des prochains mois.

La ferme expérimentale de Normandin exploite 145 hectares en culture pour faire des recherche en agriculture nordique.

AAC avait réduit ses activités de recherche au début de la pandémie en mars pour protéger la santé et la sécurité des employés. En conformité avec les directives de la Santé publique, l’organisme a permis le redémarrage de certaines activités aux champs qui avaient été suspendues. Ce redémarrage progressif des activités de recherche est effectif dans plusieurs centres de recherches, incluant ceux qui se déroulent à la ferme de Normandin.

En ce moment, une vingtaine de projets de recherche visant à améliorer la productivité et la performance environnementale dans les secteurs des grandes cultures, des plantes fourragères et des petits fruits sont en cours à Normandin. Le travail est effectué par 18 employés, incluant le personnel de recherche et de soutien scientifique ainsi que quatre étudiants.

Des doutes en attendant les annonces officielles

Malgré ce son de cloche positif, Mario Théberge, le président régional de l’Union des producteurs agricoles (UPA), se méfie des intentions des hauts fonctionnaires fédéraux. « En tenant une consultation, c’est un signe qu’ils remettent en question la nécessité de la Ferme de Normandin », dit-il avant d’ajouter que les fermes expérimentales de Kapuskasing et de Bouctouche ont été fermées par le gouvernement fédéral au cours de la dernière décennie.

Avec 145 hectares en culture, la ferme expérimentale de Normandin est désormais la seule au pays située en milieu nordique, remarque Mario Théberge. Sans les interventions de Denis Lebel, ancien député conservateur, la ferme de Normandin serait déjà fermée, ajoute ce dernier.

« On va mettre de la pression continuellement tant que le budget de recherche et l’embauche d’un nouveau chercheur ne seront pas confirmés, dit-il. On veille au grain parce que les hauts fonctionnaires peuvent décider du jour au lendemain que ce n’est plus rentable d’opérer une ferme expérimentale comme celle-là. Mais ils savent qu’on est des Gaulois et on ne lâchera pas. »