L’homme d’affaires Laval Boulianne, qui ne songe toujours pas à la retraite à 72 ans, compte aujourd’hui 700 employés dans les différentes entreprises qu’il possède dans la région.

Laval Boulianne, de joueur de Monopoly à homme d’affaires

CHRONIQUE / C’est quoi l’idée d’acheter l’hôtel Delta de Jonquière à 72 ans? «Il ne faut jamais arrêter d’avoir des projets. Si j’arrête, je vais mourir. C’est un challenge, j’aime le monde hôtelier, ça nous a pris trois ans de démarche pour clore la transaction», raconte l’homme d’affaires Laval Boulianne que j’ai rencontré dans son bureau de la concession automobile Saguenay Volkswagen à Chicoutimi.

«Un hôtel, c’est un monde de beauté et faire partie d‘une chaîne comme Marriott, ça nous oblige à être sur la coche, comme on dit. Des inspecteurs de la chaîne débarquent ici sans avertir pour vérifier si on respecte les normes pour l’état des lieux et le service. Ça me rend satisfait de savoir que nous sommes encore dans le top cinq des hôtels Marriott au Canada», commente celui qui est aussi propriétaire de l’Hôtel universel d’Alma et du Travelodge Alma. Il travaille présentement pour faire construire une piscine à l’hôtel Delta en plus de projet d’agrandissement.

Se rendre inutile

Laval Boulianne, originaire d’Alma, est un homme infatigable qui compte 700 employés dans les différentes entreprises qu’il possède. «Je m’arrange pour me rendre inutile en mettant en place de bonnes équipes et en assurant la relève dans tous les domaines. Je choisis des gens meilleurs que moi pour oeuvrer dans mes entreprises. En étant inutile dans la gestion des opérations, je peux ainsi penser au développement et aux nouveaux projets», fait valoir celui qui est aussi à la tête d’Axcio Nolicam, une entreprise spécialisée en transport de toutes sortes.

Pour Laval Boulianne, faire partie d’une chaîne, c’est un gage de qualité. «Nous avons converti Notre Hôtel pour faire partie de la chaîne Travelodge et nous opérons les franchises du Boston Pizza et Pacini. Il y a des exigences à respecter et on fait tous les efforts nécessaires pour répondre à ces exigences», assure-t-il.

L’homme d’affaires Laval Boulianne, qui ne songe toujours pas à la retraite à 72 ans, compte aujourd’hui 700 employés dans les différentes entreprises qu’il possède dans la région.

Cette fibre d’entrepreneur ne vient pas de ses parents, mais il se souvient qu’à l’âge de 15 ans, avec sa bande d’amis, il pouvait jouer au Monopoly pendant des heures. «On imprimait notre propre argent, j’adorais acheter des terrains et bâtir des hôtels», confie l’homme d’affaires qui a commencé sa carrière dans les hebdos du Lac-Saint-Jean.

Des débuts dans l’édition

«En 1985, avec mon frère Jeannot, nous avons convaincu l’avocat Marcel Simard de nous vendre Les éditions du lac Saint-Jean, avec les hebdos L’Étoile du Lac à Roberval et Le Lac-St-Jean à Alma, et il nous a financés. Ç’a été le coup de pouce qu’on avait besoin, ç’a été la bougie d’allumage et on lui a tout remboursé. Quand tu es jeune, tu rencontres des banquiers qui sont plus vieux que toi et c’est impressionnant. Il faut de l’aide pour partir en affaires», estime celui qui essaie de donner au suivant aujourd’hui et d’aider les gens à faire des affaires.

«Moi, je suis un vendeur. J’essaie de vendre mes projets à la banque, je suis un vendeur de projets. J’ai monté des équipes extraordinaires qui me permettent de continuer à avoir des projets. Quand les gens me parlent de retraite, ça me fait frémir. Il y a quatre ans, j’ai eu quatre pontages cardiaques et mon médecin m’a dit qu’il m’avait rajeuni de 20 ans, alors je peux continuer encore longtemps», dit en riant cet homme qui n’a jamais fumé et qui ne boit aucune goutte d’alcool. «Je n’ai pas de mérite, je n’aime pas ça. Des fois je vais tenir un verre de vin dans mes mains par politesse pour faire ‘‘tchin’’, mais pas plus», donne à entendre l’amoureux de la région.

Choisir la région

«En 40 ans de carrière, j’ai toujours choisi la région et je fais tout en mon possible pour encourager l’achat local. J’ai diversifié mes activités; concessionnaires automobiles, transport par camion, hôtel, restaurants et entrepôt. Ça ne peut pas aller mal partout en même temps. Si un secteur traverse des difficultés, on peut compenser avec une activité qui connaît plus de succès», allègue cet homme qui s’est impliqué dans sa communauté toute sa vie et qui a été récemment nommé colonel honoraire du 3e Escadron de maintenance la Base aérienne de Bagotville.

De nature optimiste, Laval Boulianne voit d’un oeil positif l’avenir économique de la région, mais il constate quelques difficultés pour le commerce de détail. «L’achat en ligne va faire du tort à certains commerces, il faut trouver une façon de se réinventer. Je perçois une érosion du commerce de détail et l’achat local va devenir de plus en plus important pour les gens d’affaires. Il faut unir nos forces», dit-il en citant en exemple le marché publicitaire qui a migré sur les plateformes numériques.

À 72 ans, Laval Boulianne s’entraîne à la course et s’assure de faire une heure de conditionnement physique aux deux jours. «Je fais le tour de mes entreprises régulièrement pour rencontrer les gens, ça me fait du bien de voir mon monde. Je prends aussi du temps pour moi, car on peut rester brancher 24 sur 24 avec nos téléphones cellulaires, un outil devenu indispensable aujourd’hui», indique l’époux qui agit comme aidant naturel auprès de son épouse qui souffre de Parkinson. «Il faut prendre soin des gens qu’on aime et je la visite tous les jours pour lui prodiguer des soins. Le système de santé ne peut pas tout faire tout seul, il faut que les proches s’impliquent pour aider le personnel en place qui est souvent débordé», lance-t-il comme message.