Alain Lemieux, directeur général d’Epsilia, a présenté une conférence mercredi.

L’automatisation, solution à la pénurie de main-d’oeuvre

L’automatisation ne serait pas à craindre. C’est le message qu’a voulu passer Alain Lemieux, président et directeur de la firme Epsilia, lors de son passage au Rendez-vous régional des équipementiers et fournisseurs, mercredi.

Dans l’activité organisée par la Société des fabricants régionaux (SFR), la conférence d’Alain Lemieux a semblé être le moment attendu de la journée. Le directeur général a tenu des propos qui se voulaient rassurants face à ce qu’il appelle la quatrième révolution industrielle ou le 4.0, soit l’automatisation.

Selon lui, l’automatisation pourrait être la solution à la pénurie de main-d’oeuvre qui touche l’ensemble du Québec. « Tout le monde connaît des défis de main-d’œuvre. Les gens doivent aller vers l’automatisation, vers une exécution différente. Les jeunes ne veulent rien savoir du travail continuel manuel. On doit mettre l’innovation au centre des emplois comme ça, ça va les intéresser, et ils vont venir », a souligné Alain Lemieux dans une entrevue avec Le Progrès, à sa sortie de scène.

Le conférencier a voulu montrer au public que l’automatisation était moins compliquée qu’on pouvait le penser. « Il doit y avoir une cassure. On doit arrêter de penser à l’exécution comme on le faisait avant », a insisté l’homme devant le public. Les entreprises qui refuseraient le passage vers le 4.0 seraient à risque de disparaître.

« Ceux qui ne pensent pas comme ça sont à risque. Si on reste très conservateurs, si on ne change pas nos façons de faire, ce n’est pas le robot qui est le principal risque, c’est nous-mêmes », a confié Alain Lemieux, lors de son entretien.

Il veut que les gens comprennent bien que le virage à l’automatisation ne remplacerait jamais complètement le travail humain. Il a dit, dans sa conférence : « L’humain aura toujours des tâches, mais celles-ci peuvent être déplacées dans une salle de contrôle, pour diriger les machines. » Avec l’automatisation, les entreprises pourraient éliminer les tâches dangereuses, routinières, et qui causent le plus de blessures.

Il a affirmé à plusieurs reprises que l’automatisation pourrait améliorer toutes les facettes d’une entreprise, autant pour le personnel que les produits. « Les compagnies qui ont effectué le passage au 4.0 ont amélioré leur production de 60 %, baissé leurs coûts de production de 50 % et amélioré la qualité de leurs produits de 42 %. »

Objectif doublé
Cette rencontre s’est déroulée dans le cadre de la 9e édition du Rendez-vous régional des équipementiers et fournisseurs, qui était l’édition la plus grande à ce jour. En passant de 40 à 110 entreprises présentes, l’organisation était très fière du déroulement de la journée. L’objectif de ces rencontres est de faciliter les échanges entre les fournisseurs, les équipementiers, et les donneurs d’ordre. « Nous souhaitons encourager la collaboration et le réseautage interentreprises et maximiser les retombées économiques régionales grâce à la présence d’acteurs de premier plan du Saguenay–Lac-Saint-Jean et du Nord-du-Québec », a écrit le président de SFR, Christian Filion, dans son invitation.

Patrice Beaudry, vice-président de Métaux BlackRock, Stéphane Poirier, de la mise en marché des sous-produits de Rio Tinto, et Carl Laberge directeur général du Port de Saguenay, ont profité de l’événement pour partager leurs besoins en main-d’oeuvre et compétences. Ils ont expliqué aux entreprises présentes comment entrer en contact avec eux, pour offrir leurs services.

Dans un deuxième panel, Jean-François Boivin, directeur de la Ville de Saguenay, Sylvain Boucher, surintendant des services administratifs et achats de Niobec, et Marc Gilbert, coordinateur en apprivoisement de Produits forestiers Résolu, ont partagé des informations sur leurs plus récents projets pour inciter les entreprises à s’intéresser à leurs besoins.