Le président-directeur général et fondateur d’Ubisoft, Yves Guillemot

L'année économique: entre inquiétude et transformation

Le Progrès vous propose une revue de l'actualité économique du Saguenay-Lac-Saint-Jean, en 2017.

Ubisoft s’installe à Saguenay

Le géant français du jeu vidéo Ubisoft a annoncé en septembre qu’un nouveau studio ouvrira à Saguenay, un investissement de 135 M $ qui devrait éventuellement créer 125 emplois.

Le studio de la rue Racine doit ouvrir ses portes en janvier et doit accueillir 30 personnes pour sa première année d’opération.

Promotion Saguenay offrira à l’entreprise une aide allant jusqu’à 125 000 $ par an, tandis que le gouvernement provincial s’est engagé à offrir un crédit d’impôt de 37,5 % sur les emplois admissibles.

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Grève chez Niobec

Les 280 travailleurs de la mine Niobec de Saint-Honoré ont déclenché le 6 juin une grève qui a duré plus d’un mois.

Un conciliateur du ministère du Travail a dû être nommé pour que les deux parties en arrivent à une entente, qui a été acceptée à 78 % par les travailleurs, le 13 juillet.

Le cœur du litige reposait sur les régimes de retraite, alors que l’employeur demandait un gel de sa participation, demande qui n’a pas été retenue par le conciliateur.

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Fermeture des magasins Sears d’Alma et de Chicoutimi

Quelque 150 personnes ont perdu leur emploi lors de la fermeture des succursales d’Alma et de Chicoutimi de Sears, en octobre.

Le géant du commerce au détail canadien, présent dans le paysage canadien depuis 1952, a annoncé la fermeture de tous ses magasins au pays, après plusieurs années de difficultés financières.

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Cinquième conflit du bois d’œuvre

L’éclatement du cinquième conflit du bois d’œuvre avec les États-Unis a durement frappé l’industrie forestière canadienne, en 2017. Produits forestiers Résolu a pour sa part été soumise à une surtaxe de 12,82 % sur ses exportations de bois d’œuvre, en avril, à laquelle s’est ajoutée une taxe antidumping de 4,59 %, en juin.

L’industrie canadienne se retrouve ainsi affectée par des surtaxes qui peuvent frôler les 30 %, dans certains cas.

Quelque 2500 personnes ont marché dans les rues de Dolbeau-Mistassini pour témoigner de leur inquiétude face à l’avenir de l’industrie forestière, en mai. Politiciens, travailleurs et citoyens réclamaient d’Ottawa des mesures permettant d’atténuer les effets du conflit.

Le même mois, une délégation de maires de l’Union des municipalités du Québec, dont le maire de Saint-Félicien, Gilles Potvin, s’est même rendue en mission à Washington, en vain.

Ottawa a ensuite annoncé, en juin, un plan d’aide de 900 M $ pour l’industrie forestière.

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Crise du bleuet

Les producteurs de bleuets de la région se trouvent en situation précaire, alors qu’ils ont dû récolter le petit fruit à un prix de 20 cents la livre cet été, du jamais-vu.

Le Syndicat des producteurs de bleuets a sonné l’alarme alors que certains producteurs se trouvent acculés à la faillite. Les producteurs font face à une chute du prix du bleuet depuis 2016, en raison de l’augmentation rapide de la production mondiale, dans les dernières années.

Une table de travail regroupant le syndicat, des représentants gouvernementaux et la Financière agricole a été mise en place en novembre afin de trouver des solutions visant à stabiliser l’industrie.

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Délaissements de maisons : un triste record

Un record de 166 familles incapables de rembourser leur prêt hypothécaire ont dû remettre les clés de leur maison au courant de la dernière année, dans la région.

Il s’agit du nombre de délaissements le plus élevé depuis le tournant des années 2000. La situation s’explique notamment par la baisse du marché immobilier et les délais de vente qui augmentent.

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Une région chanceuse

La chance a souri à la région cette année, alors que plusieurs lots d’importance ont été remportés, le plus considérable étant de 60 M$, gagné par un couple de Canton-Tremblay au Lotto Max, en février.

Un groupe de 27 fonctionnaires du service de la trésorerie de Saguenay a ensuite remporté en août un lot de 23 M$, gagné au Lotto Max.

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PFR : arrêts de production et relance d’une machine à papier

L’épuisement des carnets de commandes de la papeterie de Kénogami de Produits forestiers Résolu (PFR) a obligé deux arrêts de production de deux semaines chacun en 2017, en mars et à la mi-décembre.

Les droits compensateurs de 17 % imposés depuis 2015 sur les exportations de papier surcalandré par le Département américain du commerce affectent durement la forestière.

Sur une note plus positive, soulignons que la machine à papier numéro neuf de l’usine almatoise de PFR, fermée depuis 2015, a été remise en opération en octobre, créant ainsi 30 emplois.

Des investissements de plusieurs millions de dollars ont permis de diversifier les types de papier fabriqués.

Les audiences du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) se sont déroulées au printemps, au sujet de la demande de renouvellement de 10 ans du Programme de stabilisation des berges du lac Saint-Jean par la multinationale.

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Gestion participative du lac Saint-Jean : une entente historique

Une entente historique est intervenue en avril entre Rio Tinto et la communauté jeannoise au sujet d’un modèle de cogestion du lac Saint-Jean.

Plusieurs mois de négociations ardues entre la multinationale et un comité d’intervenants, composé d’élus du Lac-Saint-Jean et de représentants de la communauté innue de Mashteuiatsh, ont été nécessaires pour en arriver à cette entente.

Un médiateur avait été nommé dans ce dossier par le gouvernement, en 2016. En vertu de ce partenariat, les décisions concernant la gestion du plan d’eau par l’entreprise devront être prises de concert avec les riverains et les intervenants. 

Ce consensus a été soumis aux audiences du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) qui se sont déroulées au printemps, au sujet de la demande de renouvellement de 10 ans du Programme de stabilisation des berges du lac Saint-Jean par la multinationale.

Le scénario de cogestion a d’ailleurs été retenu par le BAPE, qui a déposé son rapport en septembre au ministre de l’Environnement.

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Rio Tinto : les grands projets toujours sur la glace

L’année 2017 n’a pas été une année d’annonces de grands projets pour Rio Tinto. La multinationale a plutôt poursuivi le développement de ses projets en cours, tout en investissant afin de maintenir l’efficacité de ses usines et sa concurrence à l’échelle mondiale.

Soulignons toutefois que l’Usine Grande-Baie a défrayé les manchettes à plusieurs reprises en 2017, tout d’abord par l’annonce, en début d’année, de coupes de 12,6 M $, qui ont incité les centrales syndicales à courtiser les travailleurs de l’usine non syndiquée.

En novembre, l’entreprise a annoncé des investissements de 40 M $ afin d’augmenter la production de l’usine de 9000 tonnes d’aluminium chaud à compter de janvier.

Dans un tout autre dossier, la multinationale a annoncé, à l’occasion du Symposium Aluminium, en décembre, qu’elle souhaitait obtenir une autorisation environnementale de Québec pour prolonger la vie des cuves précuites de l’Usine Arvida jusqu’à 2025.

Elle en a aussi profité pour souligner que les projets d’investissements majeurs dans la région demeuraient « en haut de la liste » de l’entreprise.

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Libre-échange : les producteurs inquiets

Les négociations en vue du renouvellement de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA), qui ont débuté au printemps, ont suscité l’inquiétude des producteurs régionaux et d’ailleurs au pays, alors que le gouvernement américain réclame la fin des tarifs et des quotas liés au système de gestion de l’offre canadien.

L’entrée en vigueur de l’Accord économique et commercial global entre le Canada et l’Union européenne, en septembre, représente d’ailleurs une autre source d’inquiétude pour plusieurs producteurs. L’importation, sur six ans, de 17 700 tonnes additionnelles de fromages européens se trouve ainsi autorisée par le Canada, une situation à laquelle la coopérative régionale Nutrinor assure être bien préparée.

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Autoroute de l’Aluminium

Après six ans de travaux et 120 M $, le nouveau tronçon de 7,6 km de l’autoroute 70 entre Chicoutimi et La Baie a été inauguré en juillet sous le nom de l’autoroute de l’Aluminium.

Le gouvernement a retenu la suggestion du rédacteur en chef des journaux Le Quotidien et Le Progrès, Denis Bouchard, qui avait lancé l’idée de nommer ainsi l’autoroute, dans l’éditorial de la première édition de la nouvelle mouture du Progrès, le 8 avril.

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Norbord : vers une relance

La relance de l’usine de panneaux Norbord, située à Chambord, semble sur la bonne voie, elle qui dispose maintenant d’une garantie d’approvisionnement de 419 200 m3, annoncée en juin par le premier ministre Philippe Couillard.

Des investissements de quelque 70 M $ et la signature d’un nouveau contrat de travail avec le syndicat seront toutefois nécessaires en vue d’une réouverture de l’usine fermée depuis 2008, anciennement propriété de Louisiana-Pacific.

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Une aire protégée pour le caribou forestier

Une aire protégée de 10 200 km2 a été créée en novembre pour le caribou forestier, sur le territoire du Saguenay-Lac-Saint-Jean et de la Côte-Nord, à 200 kilomètres au nord de Baie-Comeau.

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a assuré que cette nouvelle aire protégée n’aura aucun impact sur les garanties d’approvisionnement et les emplois dans le secteur forestier.