Pascal Cloutier, président de l’Alliance forêt boréale et maire de Dolbeau-Mistassini.
Pascal Cloutier, président de l’Alliance forêt boréale et maire de Dolbeau-Mistassini.

L’Alliance forêt boréale lance un cri d’alarme

L’Alliance forêt boréale (AFB) ainsi que tout le secteur forestier lancent un cri d’alarme au premier ministre du Québec François Legault et au ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP), Pierre Dufour, afin que l’industrie forestière, qui est déjà affectée par une rentabilité déficiente, soit en mesure de traverser la crise de la pandémie et ainsi contribuer à la relance économique du Québec.

La position de l’AFB est claire: l’industrie forestière aura de la difficulté à survivre à la crise actuelle et à se relever si des changements majeurs ne sont pas apportés dans l’immédiat au régime forestier.

Pour l’Alliance, le temps des discussions est révolu et la crise que le Québec et que l’industrie forestière vivent force les principaux intervenants concernés à innover rapidement.

« Monsieur le premier ministre, monsieur Dufour, nous pouvons et voulons faciliter la reprise économique de notre région et nous voulons être en mode solution. Ce n’est plus le temps de former des comités qui ne font que faire miroiter des solutions et qui finalement n’aboutissent à rien. Il nous faut passer à l’action. Nos industriels, nos entrepreneurs forestiers et nos professionnels de la forêt sont prêts. Nous croyons qu’il est temps de nous laisser la chance d’essayer et d’innover dans les façons de faire. Permettez-nous d’être efficaces et efficients ; nous serons tous gagnants et particulièrement nos communautés et les milliers de travailleurs et familles qui vivent de la forêt », a fait savoir en conférence de presse le président d’AFB, Pascal Cloutier.

Le maire dolmissois a rappelé qu’au Saguenay-Lac-Saint-Jean, l’industrie forestière pourra aider à redynamiser l’économie québécoise, et que 23 municipalités sur 49 dans la région dépendent des activités économiques liées à la forêt.

Prévisibilité

L’enjeu principal selon l’industrie: la prévisibilité pour les droits de coupe, l’aménagement du territoire et les programmes de soutien à la production forestière.

Cette prévisibilité est vitale dans la planification des dépenses et constitue le nerf de la guerre dans le contrôle des coûts d’opération.

Alain Paradis, directeur général de la Coopérative Petit-Paris.

Le maire de Dolbeau-Mistassini rappelle que lors de la campagne électorale provinciale de 2018, le premier ministre s’était engagé à permettre plus de prévisibilité dans les approvisionnements.

« Depuis l’entrée en vigueur du régime forestier en 2013, plusieurs difficultés de sa mise en oeuvre ont été identifiées, ce qui nuit à l’efficience et à la rentabilité des opérations de notre industrie forestière. Nos industriels forestiers et nos entrepreneurs sylvicoles ont besoin de flexibilité, d’agilité et de marge de manoeuvre pour être compétitifs. Pourtant, les entreprises ont les mains liées face à la lourdeur bureaucratique et administrative du régime forestier actuel. »

Flexibilité

L’AFB croit qu’une planification sur cinq ans des opérations forestières, tout en offrant la possibilité d’utiliser les secteurs définis d’une manière plus efficace et efficiente, aiderait à la survie de l’industrie touchée par la pandémie.

Elle demande aussi au ministère que la programmation annuelle puisse être ajustable dans les secteurs planifiés par l’industrie, et ce, en fonction de la réalité du terrain, des conditions climatiques et des opportunités de marché.

Elle estime que cela permettrait aux bénéficiaires de garanties d’approvisionnement (BGA) de mieux planifier leurs opérations de récolte ainsi que la construction et l’entretien des chemins forestiers.

Les acteurs de l’industrie forestière s’entendent tous pour dire qu’ils ont besoin d’une plus grande flexibilité et de latitude dans leurs opérations et approvisionnements.

« La situation est assez critique pour notre industrie. Le régime forestier actuel ne nous donne pas la marge de manœuvre nécessaire pour faire face à la faiblesse des marchés que nous subissons depuis l’an dernier. La crise sanitaire ne vient qu’empirer la situation et le gouvernement devra intervenir rapidement pour assurer la relance de cette industrie indispensable à notre région », a dit Alain Paradis, directeur général de Produits forestiers Petit-Paris et représentant des bénéficiaires de garanties d’approvisionnement.

De son côté, Jean-François Harvey, directeur des opérations chez Reboitech et vice-président forêt publique de l’Association des entrepreneurs en travaux sylvicoles du Québec, mentionnait lui aussi qu’il est impératif d’offrir une plus grande prévisibilité aux entreprises sylvicoles.

Avec plus de flexibilité, il croit que ces entreprises pourraient réaliser elles-mêmes leur planification annuelle. « M. Legault, pour relancer l’économie des régions du Québec, investissez en sylviculture et donnez la planification annuelle aux entreprises sylvicoles. Faites-nous confiance et vous verrez, ça va bien aller ! »