David, William et Roch Delisle présentent les premiers produits de la marque régionale Nobleman & fils.

Laflamme lance sa collection haut de gamme

Pour son 100e anniversaire, Laflamme & cie s’offre sa propre marque haut de gamme de vêtements et d’accessoires pour hommes. Nobleman & fils se veut accessible, chic et à l’image de la fierté saguenéenne, en plus d’être un projet directeur pour l’entreprise familiale de la rue Racine, à Chicoutimi.

Dévastée par un dégât d’eau en décembre 2017, la boutique de mode masculine créée en 1919 a bien failli voir la fin de son histoire. Mais il en fallait plus pour éteindre le feu sacré. Propriétaire depuis 32 ans, Roch Delisle a pu compter sur l’aide de ses deux fils, William et David, qui ont repris le flambeau et représentent la quatrième génération de la famille impliquée dans le commerce. C’est l’aîné, David, qui a eu l’idée « un peu folle » de lancer une marque maison. Il est d’ailleurs sur le point de s’envoler pour deux mois en Europe pour s’inspirer et développer les liens d’affaires de Nobleman & fils.

David Delisle portait une grande attention à choisir ses bas de la journée avant l’entrevue, mais il a finalement opté pour ceux à l’effigie de Frida Kahlo, préférés par la journaliste du Progrès.- Photo Le Progrès, Jeannot Lévesque

Les habitués de Laflamme ont déjà remarqué les premiers produits de la griffe régionale : 58 modèles de chaussettes aux designs plus attrayants les uns que les autres sont disponibles en boutique. Suivront des chemises, des habits, des sacs... Un sac de cuir pour les professionnels devrait être conçu 100 % dans la région avec une autre entreprise d’ici.

« Dans les années cinquante, Laflamme produisait ses propres vêtements. On voulait revenir à ça, mais sans copier-coller les autres marques. On veut développer notre propre identité et miser beaucoup sur les accessoires, explique David Delisle. Le nom est un clin d’œil au passé de Laflamme. Au Québec, la colonisation fait penser aux riches Anglais et à l’aristocratie, mais Nobleman & fils exprime que les Québécois aussi peuvent être nobles. Les Saguenéens aussi sont nobles et fiers. »

David Delisle portait une grande attention à choisir ses bas de la journée avant l’entrevue, mais il a finalement opté pour ceux à l’effigie de Frida Kahlo, préférés par la journaliste du Progrès.

La marque rappelle également l’histoire familiale de Laflamme, et son concepteur principal espère que le nom paraîtra bien à l’international. Avec le site d’achat en ligne lancé d’ici septembre, il n’y aura plus de frontières.

Vers le haut

« On ne se le cachera pas, notre but c’est de prendre de l’expansion. La porte est même ouverte pour créer d’autres boutiques, affirme David Delisle. Dans le commerce de détail, il faut se renouveler continuellement. Avec la nouvelle gamme, on a pu réfléchir à une ligne directrice pour l’entreprise. »

Le propriétaire Roch Delisle est bien fier de pouvoir compter sur la relève. Il discute ici avec son fils William, spécialisé dans le service à la clientèle.

Nobleman & fils s’orientera vers « l’homme qui voyage ». « C’est une marque plus jeune, active et actuelle, décrit David Delisle. C’est parfait pour le professionnel qui coure partout, qui se retrouve sur un chantier l’après-midi et qui veut bien paraître dans un cinq à sept ensuite. On veut que ça représente la mentalité des gens d’ici. Il faut excuser l’anglicisme, mais le “made in Saguenay” n’a jamais été aussi populaire. »

Les vêtements et accessoires de Nobleman & fils côtoieront ceux de Lacoste, Hugo Boss, Eton et Paul & Shark, pour ne nommer que ceux-là. « Notre clientèle qui est fidèle depuis des années se retrouvera toujours », assure le propriétaire Roch Delisle.

Pour débuter, 58 modèles de chaussettes Nobleman & fils sont disponibles pour tous les goûts.

Nobleman & fils offrira donc un choix régional aux hommes soucieux de leur apparence, de tous âges. Et les passionnés de Laflamme & cie seront là pour les conseiller avec style.

+

LES TROIS FONT LA PAIRE

Roch Delisle et ses deux fils William et David forment un trio d’entrepreneurs qui se complètent. « C’est extraordinaire de les avoir avec moi. Les deux font la paire », confie le paternel, mais il ne faudrait pas oublier celui qui les guide.

Pour le propriétaire depuis trois décennies, Nobleman & fils « représente énormément pour la région. Laflamme est une entreprise régionale, et ça ne peut que faire un gros boom ».

Surtout, M. Delisle se réjouit que la relève soit assurée. « Il y a des PME qui ferment en raison de ça, compare-t-il. William et David nous permettent de continuer, en suivant le temps d’aujourd’hui, et avec l’énergie que j’avais quand j’ai commencé à leur âge. »

Les deux jeunes hommes ne se destinaient toutefois pas à suivre les traces de leur père. « J’aimais beaucoup la mécanique, raconte William Delisle. Finalement, la mode est devenue une passion. Avec mon frère et mon père, on a chacun nos forces. »

« William, c’est le meilleur gars de plancher qu’on ne peut pas avoir. Il connaît tous les clients », lance David, qui avait quant à lui démarré son propre cabinet d’avocat. 

« Le dégât d’eau nous a forcés à faire des choix. Je continue les dossiers que j’avais déjà, mais je me concentre maintenant sur Laflamme », indique le spécialiste en droit du commerce.

Depuis les balbutiements de Nobleman & fils, des dizaines de milliers de dollars, notamment en recherche, ont été investis. Les compétences de David sont bien utiles. 

« Tout ce qui est libre-échange et méthode de paiement, je connais ça, donne-t-il en exemple. Ça nous permet d’avoir moins d’intermédiaires, et donc d’offrir un meilleur prix à nos clients. C’est une aventure coûteuse, mais très intéressante pour les défis. »

+

JAMAIS SANS LES BAS

Ceux qui trouvent les chaussettes modestes devraient peut-être s’abstenir. Pour David Delisle, elles sont un objet de style à ne pas négliger.

« Pour un professionnel qui doit être bien habillé, mais qui doit rester classique et qui se sent funky dans son cœur, une belle paire de bas peut être le seul moyen de s’exprimer tout en étant subtil », souligne l’avocat de formation.

Pour lancer une collection, ces vêtements essentiels ont aussi le mérite d’être plus facilement commercialisés. L’entreprise Laflamme & cie est prête pour l’éventuel engouement de la clientèle saguenéenne : une commande de 1500 articles patiente dans les nouveaux entrepôts. 

Certains modèles ont été spécialement pensés par la famille Delisle, d’autres ont été proposés en exclusivité sur le territoire par le fournisseur. Il n’a pas été possible cependant de trouver une manufacture au Canada. 

« Il n’y en a pas beaucoup, et elles ne peuvent pas prendre de nouveaux contrats. On aurait préféré une usine en Europe, où les travailleurs sont mieux rémunérés, mais comme tout est automatisé pour les bas, nous avons accepté de faire affaire en Chine », explique David Delisle. Les prochains vêtements de la gamme devraient cependant être fabriqués sur le Vieux Continent.

Rayures colorées, friandises glacées ou chats ailés : il y a des motifs pour tous les goûts. La marque sera même distribuée. On pourra ainsi retrouver des chaussettes arborant de jolis champignons chez Morille Québec plus bas sur la rue Racine, par exemple. D’autres collaborations régionales sont à prévoir. Porte-parole du festival REGARD et habillé par Laflamme, le comédien Rémy Girard pourrait bien porter des accessoires Nobleman & fils en mars prochain. Et même le premier ministre canadien Justin Trudeau pourrait avoir sa propre paire aux feuilles d’érable rouges…