Promotion Saguenay a dévoilé un sondage sur les habitudes de consommation des gens d’ici, mercredi, dans le cadre du RDV économique de la Chambre de commerce et d’industrie Saguenay-Le-Fjord tenu en mode virtuel.
Promotion Saguenay a dévoilé un sondage sur les habitudes de consommation des gens d’ici, mercredi, dans le cadre du RDV économique de la Chambre de commerce et d’industrie Saguenay-Le-Fjord tenu en mode virtuel.

L’achat local, un concept élastique à Saguenay

Laura Lévesque
Laura Lévesque
Le Quotidien
Pour 13 % des Saguenéens, magasiner chez Walmart c’est de l’achat local, même si le produit dans le panier provient d’un autre pays. Et 60 % des citoyens de la ville croient aussi qu’acheter dans un commerce canadien, comme Aldo ou Maxi, s’inscrit dans une démarche d’achat local. Si le produit acheté est fabriqué en région ou au Québec, cette proportion grimpe.

C’est ce qui se dégage du plus récent sondage mené par Segma Recherche pour le compte de Promotion Saguenay, dévoilé mercredi, dans le cadre du Rendez-vous économique de la Chambre de commerce et d’industrie Saguenay-Le Fjord (CCISF).

« Le concept d’achat local, on en a parlé beaucoup pendant la pandémie. Mais on voulait connaître la compréhension des gens sur ce concept. Et comme le démontre le sondage, l’achat local est un concept élastique », résume Patrick Bérubé, directeur général de Promotion Saguenay.

Près de 30 % des gens sondés croient aussi qu’acheter un produit québécois est un achat local. Une interprétation plus largement partagée par les jeunes.

Même si la volonté d’acheter local ne se traduit pas en action, les gens sont conscients de ses retombées dans le milieu. Près de 76 % des gens dont l’achat local fait partie de leur critère de consommation le font pour créer des emplois et soutenir l’économie régionale. De l’autre côté du spectre, dans les facteurs démotivants, 55 % des gens évoquent des prix trop élevés.

« Le contenu de votre sondage m’a confirmé plusieurs choses. On a fait des comités pour l’avenir du commerce au détail, et un des comités porte sur l’origine des produits et commerces. On est 12 experts et on a de la difficulté à définir ce qui est local. Pour plusieurs, c’est la proximité, mais ça dépend des âges, des secteurs. Au moins, je pense que la pandémie a amené une sensibilisation sur l’achat local », estime Alain Dumas du Panier bleu, invité par la Chambre de commerce à commenter le sondage.

Les résultats du sondage n’ont pas surpris Julien Bousquet, professeur en marketing à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC).

« Ça me fait penser au recyclage. Il y a 20 ans, personne n’était vraiment contre ça, mais ça aura pris plus de 15 ans pour qu’on s’éduque et qu’on fasse bien notre tri », image M. Bousquet.

« Le danger toutefois le plus important est de mettre une étiquette locale ou régionale, alors que c’est le seul avantage du produit. Je pense aussi que c’est l’ensemble de la chaîne qui doit être influencé, du producteur jusqu’au consommateur. C’est tout le monde qui doit y adhérer pour qu’un jour, le local s’affirme », ajoute l’expert en marketing.

Le sondage a aussi, sans surprise, mis en lumière la montée de l’achat en ligne. Plus de 55 % ont augmenté l’achat sur le Web, alors que 89 % des gens ont réduit leurs visites dans les centres commerciaux.

Si 46 % des gens estiment que les entreprises saguenéennes sont bien présentes sur le Web, 46 % jugent qu’elle est insuffisante.

« Si on regarde les sous-questions, les gens qui se donnent un minium d’effort trouvent facilement les entreprises locales. Ceux qui ont moins d’intérêt envers l’achat local ne voient pas apparaître les commerces d’ici de façon organique sur leurs réseaux sociaux », explique Patrick Bérubé, de Promotion Saguenay.