Sébastien Birot et Mariane Bergevin ouvrent les portes vendredi (aujourd’hui) afin d’offrir des produits prêts à emporter à leur clientèle anjeannoise.
Sébastien Birot et Mariane Bergevin ouvrent les portes vendredi (aujourd’hui) afin d’offrir des produits prêts à emporter à leur clientèle anjeannoise.

La vie reprend peu à peu dans les commerces de L’Anse-Saint-Jean

La vie commerciale reprend peu à peu, dans le secteur du quai et de la Marina de L’Anse-Saint-Jean, alors qu’un premier restaurant rouvre ses portes vendredi.

Sébastien Birot et son associée Mariane Bergevin ont décidé de rallumer les feux de la cuisinière du Café du Quai, sous les ordres de la chef Marina Lavoie.

En entrevue, M. Birot a mentionné qu’il doit respecter les consignes actuelles de la Santé publique pour n’offrir que des plats à emporter à la clientèle, notamment des crêpes bretonnes, des sandwichs et des salades repas.

Le restaurateur avoue qu’en raison de la pandémie, il ne se fait pas de plan à l’avance puisqu’il a décidé de s’ajuster au fur et à mesure des décisions gouvernementales. « On ne se fait pas de stress. On travaille avec les gens de kayaks, peut-être les Croisières du fjord », avoue-t-il.

L’an dernier, les restaurateurs ont investi dans l’agrandissement de leur établissement pour offrir plus de places à l’intérieur de même que sur la terrasse extérieure donnant sur le fjord. M. Birot sent que les villageois sont prêts à répondre présents afin de fréquenter son établissement après des semaines de confinement. C’est pourquoi il se réjouit à l’avance que le gouvernement donne l’autorisation d’ouvrir les restaurants le 15 juin, selon les informations qui circulent.

Bien connue au Bas-Saguenay, Marina Lavoie, est la cheffe du Café du quai.

Dans le même secteur du village, Rita T. Gaudreault, copropriétaire de l’auberge La Fjordelaise, nage dans l’incertitude face à l’été qui approche. « Je suis dans une zone grise. Techniquement, nous sommes un hôtel considéré comme service essentiel et nous offrons également de la restauration ».

Mme Gaudreault constate jour après jour que sa clientèle européenne lui glisse entre les doigts. Cette clientèle constitue 90 % de la fréquentation estivale. « Je travaille avec deux agences européennes. L’une d’elles a annulé en bloc les mois de juin et juillet tandis que l’autre annule à la pièce. Il me reste les réservations de septembre et octobre, mais normalement, à ce temps-ci, je suis presque bouclée pour l’été.»

En ce qui a trait à la clientèle québécoise, Mme Gaudreault ne sait pas à quoi s’attendre puisque plusieurs choisiront peut-être de demeurer chez eux pour des raisons économiques ou en raison de la crainte de la pandémie.

Malgré tout, elle prévoit ouvrir à la mi-juin en demandant l’aide financière pour les emplois. « Ma grande inquiétude est pour les quatre employés que j’embauche depuis plusieurs années. Ces gens ont besoin de travailler. Leur prestation d’assurance-emploi est sur le point de se terminer.»

Une autre source de tracas concerne la capacité d’accueil de La Fjordelaise dans le contexte de distanciation sociale.

Elle avoue qu’elle et son conjoint, tous deux dans la soixantaine, n’avaient pas besoin de la pandémie pour chambouler leur plan de retraite, lequel devra être reporté de quelques années encore.

Toujours en ce qui a trait aux activités touristiques, les acteurs touristiques ne savent pas si les bateaux-mouches des Croisières du Fjord feront escale à L’Anse-Saint-Jean. Selon le président de Promotion Saguenay, Michel Potvin, la préparation du bateau La Marjolaine et des bateaux-mouches a été réalisée, mais il est trop tôt pour savoir s’il y aura de l’activité. Les consignes de distanciation qui s’appliqueront sur les bateaux pourraient faire en sorte qu’il soit impossible de rentabiliser les croisières. L’an dernier, les Croisières ont enregistré un léger déficit comparativement à un léger profit en 2018.