La Scierie Girard a déposé une poursuite de 1,5 M$.

La Scierie Girard poursuit Graphic Packaging et Cascades

En raison des dommages qu’elle estime avoir subis à la suite d’un bris de contrat, la Scierie Girard de Shipshaw intente une poursuite de 1,5 M$ contre les sociétés Graphic Packaging et Cascades, les ex-propriétaires de l’ex-cartonnerie de Jonquière.

Dans une action qu’elle a déposée au greffe du palais de justice vendredi, la petite entreprise oeuvrant dans l’approvisionnement et la transformation du bois d’oeuvre allègue qu’elle a été lésée à la suite de l’interruption de la production et la fermeture de l’usine qui produisait du carton alimentaire. En juillet 2015, Graphic Packaging a annoncé brutalement la fermeture de son usine sans qu’aucun avis n’ait été donné à la Scierie Girard après que cette dernière ait réalisé d’importants investissements pour approvisionner l’usine en copeaux de peuplier faux-tremble.

Dans la requête déposée en Cour supérieure au nom de sa cliente, Me Estelle Tremblay allègue qu’en 2013, l’usine, propriété de Cascades, rencontrait des difficultés importantes dans son approvisionnement de bois de tremble. En juillet, Cascades approche Scierie Girard et lui offre un partenariat à long terme pour la coupe du peuplier, l’intégration des activités d’approvisionnement à l’usine et la gestion des garanties d’approvisionnement et le transport de la matière.

Après un premier refus et forte de ce contrat en mains, Scierie Girard investit plus de 1,1 M$ à l’automne 2014 dans l’achat d’équipements spécialisés pour la production de copeaux destinés à l’usine. Les opérations d’approvisionnement débutent vers le 20 avril 2015. Treize semaines plus tard, elles cessent à la suite de la fermeture de l’usine, laissant Scierie Girard avec plus d’un million d’actifs non productifs comme du bois rond entreposé, des équipements (écorceur, déchiqueteuse à copeaux) financés par la Banque de développement du Canada sur sept ans, des pertes de bénéfices, etc.

Malgré les mises en demeure expédiées à chacune des parties, Scierie Girard prétend qu’elle est bien fondée et que Cascades démontre un aveuglement volontaire en affirmant via ses avocats qu’aucun contrat ne serait intervenu avec Scierie Girard. 

En entrevue, Jean-Pierre Girard, président de Scierie Girard, a affirmé que l’entente autour de l’approvisionnement a bien fonctionné pendant trois ans avec des paiements sur les taux entendus, une délégation de pouvoirs de l’usine pour la représenter auprès du gouvernement au sujet des approvisionnements, etc. 

« Ils ont fermé l’usine alors qu’elle faisait de l’argent et qu’ils obtenaient des rendements de production record. Quand tu décides de fermer une usine qui fait de l’argent, et ici, on ne parle pas d’une faillite, tu dois assumer tes choix. »

Selon lui, des tentatives ont été effectuées pour revendre les équipements acquis, mais avec les volumes de copeaux en surplus, personne n’a démontré de l’intérêt.