Depuis quelques jours, , ancienne directrice d’Essor 02, est la directrice régionale de La Ruche Saguenay–Lac-Saint-Jean.
Depuis quelques jours, , ancienne directrice d’Essor 02, est la directrice régionale de La Ruche Saguenay–Lac-Saint-Jean.

La Ruche s’implante dans la région

La plateforme de financement participatif La Ruche s’implante au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Les entrepreneurs et organisations de la région qui ont besoin de financement pour commercialiser ou financer un projet pourront donc profiter à leur tour de cet outil déployé dans six autres régions du Québec.

Cette plateforme, comme toutes les autres qui font du crowdfunding, permet d’amasser une somme importante par plusieurs petits dons provenant de la communauté. Mais contrairement à ses compétiteurs, La Ruche offre un accompagnement avec une ressource dédiée à plein temps dans chaque région où elle se trouve. En poste depuis quelques jours à peine, Émilie Lavoie Gagnon, ancienne directrice générale d’Essor 02 – Pôle d’économie sociale, s’occupera des entrepreneurs et organisations de la région.

« La première fois que j’ai entendu parler de La Ruche, il y a un an et demi, j’avais tout de suite écrit à l’organisation pour savoir quand est-ce que nous allions pouvoir profiter de cet outil dans notre région ? On est un endroit où les gens sont solidaires, où on fait des miracles dans de petits milieux. Cette solidarité, elle peut être utilisée pour financer des initiatives et ainsi développer la région. C’est ça, La Ruche », plaide Mme Gagnon.

Avant la mise en ligne de leur projet, les entrepreneurs ou organisations peuvent le présenter aux ambassadeurs régionaux de La Ruche pour ainsi bénéficier de leurs conseils et de leur expérience. Dans chaque région, La Ruche compte une cinquantaine d’ambassadeurs bénévoles, lesquels sont invités à écouter et à conseiller les entrepreneurs lors de rencontres appelées « cellules ». Jusqu’à maintenant, au Saguenay–Lac-Saint-Jean, une trentaine de gens d’affaires, de professionnels et de divers intervenants ont répondu positivement à l’appel.

« Nous devons en trouver une vingtaine d’autres et c’est qu’on fait. Mais ça prend relativement du temps, car chaque ambassadeur est rencontré individuellement, ce qui est difficile en ces temps de pandémie. Mais nous ne voulions pas attendre avant de lancer La Ruche Saguenay–Lac-Saint-Jean. On s’est rendu compte que notre plateforme est plus pertinente que jamais et déjà, des projets dans la région attendent notre lancement », précise Nicolas Rubbo, vice-président développement et marketing.

« La Ruche est un bon acteur pour la relance. Ça serait plate que la région ne puisse pas en profiter. On met donc le pied sur l’accélérateur », ajoute Mme Gagnon.

Cette dernière fait notamment référence à divers fonds qui sont nouvellement gérés par La Ruche et qui peuvent s’ajouter à l’argent amassé dans la collectivité.

Lancement virtuel

La Ruche Saguenay–Lac-Saint-Jean devrait lancer officiellement ses activités et annoncer ses premiers projets avant la fin du mois de juin. La pandémie force l’organisation à planifier un lancement virtuel de ses activités et des projets locaux qui seront soumis à la communauté. « Nous voulons lancer quatre projets, au moins. Et on parle de projets forts et intéressants pour le milieu. On le voit d’ailleurs avec la pandémie. Les projets qui réussissent à atteindre leur objectif de financement sont ceux qui ont un impact dans le milieu », indique M. Rubbo.

Près de 60 % des projets qui sont sur la plateforme sont des initiatives entrepreneuriales, dont le financement d’un livre ou d’un album de musique, l’ouverture d’une clinique pour enfants ou la mise en place d’un festival. Le reste des projets sont plutôt d’ordre communautaire, par exemple la réparation d’une église ou l’achat d’un équipement pour une soupe populaire.

La Ruche est financée par le gouvernement du Québec et Desjardins. Certaines grandes entreprises commanditent également cette plateforme et 4 % des fonds amassés demeurent dans l’organisation.

Un budget de 100 000 $ est nécessaire pour ouvrir dans une région. Une somme qui sert à payer la directrice régionale, ses déplacements et les événements qu’elle met en place. Près de 50 % de ce montant est payé par le ministère de l’Économie et de l’Innovation. L’autre moitié de la facture doit être assumée par les partenaires du milieu, dont les MRC et les organisations de développement économique, comme Promotion Saguenay et la CIDAL.

« Nous étions en négociations avant la pandémie et c’était très positif. Toutefois, nous ne voulions pas attendre, car des gens et des promoteurs attendent notre arrivée et sont prêts à présenter leur projet. Nous avons donc avancé l’argent pour payer l’autre moitié du coût des opérations dans la région », confirme M. Rubbo.

« Nous avons bon espoir qu’on arrive à une entente avec les partenaires du milieu. Et c’est important aussi de s’intégrer à eux, car c’est un facteur clé de succès. Ils peuvent aussi nous transmettre des projets qui ne cadrent pas avec leur programme. »

La Ruche affiche un taux de réussite de 67 %. « L’accompagnement fait toute une différence. On met aussi en lien les gens qui peuvent participer au projet et ainsi le faire grandir », mentionne Mme Gagnon.

Les projets d’entreprise ou communautaires recherchent des financements allant de quelques milliers à 100 000 dollars. « C’est notre créneau. C’est cette tranche qui est plus difficile à trouver quand tu n’as pas de contacts. Le montant amassé peut ensuite servir de levier pour obtenir des prêts des institutions financières », rappelle Nicolas Rubbo, ajoutant que la campagne de financement a aussi la qualité de servir de validation du marché.

Les promoteurs qui veulent soumettre des projets rapidement peuvent contacter la directrice régionale à l’adresse elavoiegagnon@laruchequebec.com.