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La relance asiatique offre des opportunités aux entreprises québécoises

Si les voyages d’affaires et les missions commerciales ont été suspendus en raison de la pandémie, les frontières économiques demeurent ouvertes et les entreprises québécoises doivent saisir les opportunités en Asie, où la reprise s’organise, soutenue par des plans de relance colossaux.

C’est le message qu’ont lancé des représentants du ministère des Relations internationales et de la Francophonie, mardi, lors d’une rencontre virtuelle organisée avec les réseaux de chambres de commerce de différentes régions du Québec.

Malgré les obstacles causés par la crise, le développement des affaires à l’international pourrait être facilité et accéléré grâce au télétravail et aux rencontres virtuelles qui sont aujourd’hui devenues la norme.

« Jadis, il y a quelques mois, on parlait de prendre l’avion, de venir faire des rencontres. C’est long, c’est coûteux, ça prend plusieurs missions, alors que là, comme tout se passe de façon virtuelle, il y a vraiment une opportunité qui se crée », a souligné David Brulotte, délégué général du Québec à Tokyo.

La Chine, le Japon, l’Inde, la Corée du Sud et Singapour, où le Québec est représenté, constituent des partenaires asiatiques économiques majeurs qui cherchent actuellement à rebondir et à se réinventer après les crises sanitaires et économiques mondiales causées par la COVID-19.

« Globalement, c’est trois des cinq plus grandes économies de la planète qui sont dans nos territoires. L’Inde, le Japon, la Chine, c’est très important », a rappelé Jean-François Lépine, directeur des représentations du Québec en Chine. Quelque 200 intervenants ont assisté à la conférence, en provenance du Bas-Saint-Laurent, de Chaudière-Appalaches, de l’Estrie, de Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, de Lanaudière, de l’Outaouais, en incluant une estimation d’une vingtaine de participants pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Malgré les réactions protectionnistes de certaines économies dans les derniers mois et les relations diplomatiques tendues entre le Canada et la Chine en raison de l’affaire Huawei, les entreprises québécoises peuvent tirer leur épingle du jeu en se positionnant sur le continent asiatique en vue de la reprise, ont soutenu les intervenants.

Plans de relance massifs

La Chine compte relancer son économie en stimulant la consommation de sa classe moyenne en explosion, en misant sur ses multinationales et l’industrie 4.0, tout en gardant le cap vers son plan stratégique Made in China 2025. La Corée du Sud a annoncé pour sa part son « New Deal », qui correspond à l’injection de 85 G$ CAN d’ici 2025. L’expansion des infrastructures et services liés au numérique, au 5G et à l’intelligence artificielle sont au coeur de la stratégie sud-coréenne.

Les perspectives sont encore plus ambitieuses au Japon : le pays a déployé un plan de relance de 2000 G$ US, « le plus gros plan de relance de l’histoire » per capita, a précisé David Brulotte, délégué général du Québec à Tokyo, où l’intelligence artificielle occupe aussi une place importante.

Les secteurs de pointe et les produits de niche doivent être ciblés par les entreprises québécoises, lesquelles peuvent être soutenues par Québec pour identifier des partenaires et développer une stratégie d’affaires. « Pour avoir du succès en Asie, il faut bien connaître son produit, il faut connaître ses forces, ses faiblesses, étudier les joueurs avant de s’y rendre », a résumé pour sa part Valérie Boissonneault, directrice du Bureau du Québec à Séoul.