La région faisait bande à part

Les franchisés McDonald’s du Saguenay-Lac-Saint-Jean étaient parmi les derniers au pays à acheter leur lait et crème d’un transformateur régional. Ces Gaulois de la multinationale avaient réussi à conserver cette façon de faire pendant près de trois décennies, alors que la majorité des autres restaurants s’approvisionnait auprès du même fournisseur.

Propriétaire de neuf McDonald’s dans la région, Louis-Michel Bradette se montre déçu de la décision de la direction de la chaîne, mais admet que la centralisation est nécessaire pour assurer une constance dans l’offre alimentaire. 

C’est son père Gaston, d’ailleurs, qui a travaillé fort dans le passé pour convaincre la multinationale de faire affaire avec les laiteries régionales.

« Mon père a travaillé plusieurs années à la laiterie Lamontagne de Jonquière. Il est donc resté avec certaines racines. En devenant franchisé en 1979, il a réussi à faire entrer Nutrinor. Il y tenait. C’était le seul produit alimentaire que la direction nous autorisait à acheter localement. Partout ailleurs, ils faisaient affaire avec le fournisseur national », précise M. Bradette, qui a pris la relève de son père dans les années 2000. 

Il y a quelques mois, alors que les différents restaurants mettaient en place un nouveau logiciel, la haute direction a exigé des franchisés régionaux qu’ils mettent fin au partenariat avec Nutrinor. 

« Ce n’est pas une question de prix, c’est vraiment une question de constance. Je fais partie d’un système où la qualité doit être la même. Un Big Mac goûte la même chose, d’une ville à l’autre, d’un pays à l’autre. C’est la force du système. Mais cette force devient un inconvénient dans certains cas », admet M. Bradette.

La région ferait aussi figure de proue dans l’entretien des équipements, estime le franchisé. 

« On pourrait faire affaire avec les entreprises proposées par la chaîne. Mais il y a un sous-traitant qui a été formé ici pour l’entretien de nos équipements. On y tient. Pour la nourriture, j’ai les mains liées. Mais je veux faire affaire le plus possible avec des fournisseurs d’ici. Par exemple, j’ai fait faire une enseigne ici récemment. J’offre toujours à mes gens localement avant. Il ne faut pas oublier que c’est eux qui nous font vivre », pointe M. Bradette. Il a été impossible d’avoir des détails sur les endroits au pays desservis par un autre fournisseur que Saputo. Le responsable des relations avec les médias de McDonald’s n’a toujours pas rappelé Le Quotidien.