La récolte de la camerise bat son plein

Depuis une semaine, la récolte de la camerise bat son plein au Saguenay-Lac-Saint-Jean, où l’on compte une soixantaine de producteurs et près de 350 000 plants à récolter. Malgré la sécheresse des dernières semaines, celle-ci devrait atteindre un record de près de 150 000 livres cette année. Depuis 2007, on assiste à une véritable ruée vers la camerise dans la région.

« C’est une culture adaptée pour notre terre et à notre climat parce que la camerise est très résistante au froid », lance Christina Ménard-Fortin, qui a lancé le verger Cam Nord à Normandin avec son père en 2015. Et pour l’instant, le petit fruit semble aussi bien résister à la sécheresse, car la récolte est bonne malgré les faibles précipitations reçues en juin, constate la technicienne agricole de 23 ans, qui récolte les camerises depuis maintenant une semaine.

À sa première année d’activité, elle a mis 6000 plants en terre avant d’en rajouter 12 000 en 2016. Depuis l’ouverture, elle accueille de plus en plus de cueilleurs désireux de récolter la camerise. « Chaque année les récoltes doublent ou triplent, car il faut compter près de sept ans pour que les plants atteignent leur maturité », ajoute la jeune femme qui est la 4e génération d’agriculteurs sur les terres familiales.

Quand on retrouve des fruits mûrs sur les plants, il ne faut pas tarder à les récolter, car le vent les fait tomber au sol, où ils se font manger par les oiseaux, comme les rouges-gorges ou les jaseurs des cèdres, qui en raffolent. Dans les champs, c’est Marc Ménard, le père de Christina, qui s’occupe de la récolte avec une machine qui secoue les fruits qui tombent dans des réservoirs avant d’être versés dans des paniers destinés à l’usine de congélation de Saint-Bruno.

Près de 50% de la production québécoise de camerise se fait au Saguenay-Lac-Saint-Jean, mentionne André Gagnon, de Boréalis Nature Fruit.

« En lançant l’entreprise, on savait déjà que Boréalis Nature Fruit était prêt à acheter notre production, explique la productrice qui fait la promotion de ses produits principalement sur Facebook. C’était très rassurant, d’autant plus que l’entreprise fait beaucoup de promotion et offre du support aux producteurs. »

Cette année, le prix payé aux producteurs devrait toutefois fléchir, soutient André Gagnon, président-directeur général de Boréalis Nature Fruit et producteur de camerises.

« Plus les volumes augmentent et plus on doit se tourner vers des acheteurs industriels, dit-il. On est en train de créer le marché et on doit maintenant négocier avec eux pour aller chercher le meilleur prix. »

Le prix demeure donc incertain pour l’instant, mais il sera plus bas que les 6 $ la livre payés l’an dernier.

« Nous avons décidé de créer Boréalis Nature Fruit pour regrouper l’offre, ce qui nous permet d’accéder à l’usine de Saint-Bruno, avant que la production de bleuet commence », ajoute l’agronome à la retraite.

Au cours des prochaines années, les rendements continueront d’augmenter rapidement alors que les plants atteindront la maturité, ce qui permettra au Québec de se positionner favorablement sur la scène internationale. « Il y a peu d’endroits dans le monde où on retrouve autant de camerises qu’au Québec », souligne André Gagnon, qui espère convaincre de grands transformateurs de lancer un produit de masse mettant en vedette la camerise.

D’ici là, il est encore temps d’aller cueillir ses propres camerises dans les champs des producteurs de la région, car la récolte devrait durer encore deux semaines.

Christina Ménard-Fortin