Louis Ste-Marie, avocat en droit du travail, est l’un des instigateurs du colloque Cain Lamarre qui se tient tous les ans dans quelques régions du Québec.

La pénurie de main-d'oeuvre et ses enjeux juridiques

De plus en plus d’employés qui démissionnent sans donner de préavis raisonnable pourraient se retrouver devant les tribunaux. Dans un contexte de pénurie de main-d’oeuvre, les entreprises seront davantage tentées de poursuivre le travailleur qui quitte subitement son poste.

Voilà un des nombreux enjeux juridiques abordés lors de la dernière édition du Colloque Cain Lamarre Travail et Emploi 2018, tenu mercredi au Delta Jonquière. Près de 150 clients de la firme ont participé à cet événement, avec comme trame de fond le manque de personnel.

«L’obligation de préavis elle est de la part de l’employeur et de l’employé. Mais on l’a traditionnellement appliquée qu’à l’employeur. On pense toujours que c’est lui qui a un délai de congé à donner quand il met fin à l’emploi. Mais le salarié aussi doit donner un préavis. Dans un contexte où il y a une volatilité de la main d’oeuvre, est-ce que les employeurs tenteront davantage de faire respecter ce principe-là ? Oui, et c’est ce qu’on remarque avec certaines décisions récemment rendues à ce sujet», pointe Me Louis Ste-Marie, avocat en droit du travail au bureau de Québec et un des instigateurs de ce colloque annuel.

En effet, quelques décisions récentes ont forcé des employés à verser des indemnités à des entreprises, en raison d’un départ précipité. À titre d’exemple, un technicien en laboratoire de Shawinigan a dû remettre une somme de 12 000 $ à l’employeur, ce qui représentait deux mois de salaire. 

Ce type de litige n’est qu’un des sujets de l’heure en matière de droit du travail. Les clauses restrictives à l’emploi ont aussi été discutées par les différents experts. Les employeurs sont-ils prêts à moins se protéger pour devenir plus attractifs ?

«Dans un contexte où le rapport de force est du côté de l’employé, les employeurs devront se demander s’ils ont vraiment des clauses restrictives d’emploi. On parle de clauses de non-concurrence, de non-sollicitation, des clauses qui peuvent être rébarbatives pour le candidat. Est-ce que l’employeur est prêt à prendre le risque de moins se protéger par des clauses comme celles-là pour pouvoir attirer la main-d’oeuvre? Ce sont des exemples parmi tant d’autres d’une panoplie de situations, d’enjeux juridiques, qui sont en cause dans le contexte de pénurie qu’on vit», ajoute M. Ste-Marie. 

Le vieillissement de la main-d’oeuvre, les problèmes de santé mentale, la gestion de crise et la consommation du cannabis ont aussi été abordés par les formateurs et les participants qui ont pu échanger dans divers ateliers de formation. 

Le Colloque Cain Lamarre Travail et Emploi se tient tous les ans dans quelques régions du Québec. Après Saguenay, les avocats en droit du travail se rendront à Québec, Montréal et Drummondville. 

Les clients de la firme ont pu échanger avec différents experts en droit du travail.