Stéphane Lefebvre, président du conseil d’administration de la FTA
Stéphane Lefebvre, président du conseil d’administration de la FTA

La Fédération des transporteurs par autobus sonne l’alarme

La Fédération des transporteurs par autobus (FTA) a lancé jeudi un cri d’alarme aux gouvernements. Privées de leurs revenus depuis la mi-mars, ces entreprises se demandent si elles « pourront tenir le coup ».

La Fédération demande deux choses : plus d’informations pour planifier la relance ainsi qu’une aide directe afin de se remettre sur pieds. « On est rendu au début du mois de juin et aucun alignement n’a été donné concernant le secteur du tourisme et l’ouverture de la frontière avec les États-Unis », constate Stéphane Lefebvre, président du conseil d’administration de la FTA.

Les 530 autocars du groupe n’ont pas quitté les stationnements depuis le début de la crise. De mars à juin, la Fédération a dû annuler 20 000 contrats totalisant 86 millions de dollars. La période qui vient de s’écouler représentait de 35 à 40 % de leur chiffre d’affaires.

La FTA compte 160 entreprises de transport. Si certaines font faillite, il sera plus difficile de desservir la clientèle avec des autobus en moins, selon le groupe.

Les transporteurs québécois dépendent directement de plusieurs secteurs de l’économie : du milieu hôtelier pour loger les voyageurs, de la restauration pour les nourrir ou encore du tourisme. Ils demandent davantage de précisions sur la relance de ces secteurs afin de prévoir leur retour sur les routes. « Ces informations nous permettraient de savoir combien de temps il nous reste pour continuer à fonctionner », affirme M. Lefebvre.

Le président du conseil d’administration craint aussi le manque de contrats cet automne. « Il y a beaucoup de découragement pour ce qui est des sports d’équipes et des voyages scolaires », dit-il.

La FTA salue le programme fédéral de soutien aux entreprises, mais constate que cette aide n’est pas suffisante pour compenser les pertes de revenus. Si le programme permet de garder les travailleurs en emploi, il ne permet pas de pallier l’entretien des garages et des autocars.

La crise a frappé les transporteurs par autobus au pire moment. Ces derniers sortaient d’une période creuse avec peu de revenus pour se lancer dans la saison estivale où ils engrangent 80 % de leurs profits.

Les transporteurs voient déjà plusieurs de leurs employés se relocaliser dans d’autres domaines. « On donne beaucoup de congés sans solde, expose M. Lefebvre. Il y a un risque qu’ils ne reviennent pas. »

L’entreprise Autocar Jeannois que dirige Stéphane Lefebvre aura perdu trois millions de dollars dans le secteur du transport nolisé à fin du mois de juin. Puisque la masse salariale du groupe est supérieure à 1,5 M$, ils ne sont pas visés par le Compte d’urgence pour les entreprises canadiennes (CUEC).

Les transporteurs sont en train de planifier la mise en place de mesures sanitaires dans leurs autobus. Ils devront diminuer de moitié le nombre de personnes lors des voyages. « Il faudrait des mesures pour compenser, dit M. Lefebvre. Pour les clients, ça devient moins rentable de mettre 20 personnes dans un autobus qui peut en contenir 56. »

« On a du kilométrage en banque et on a hâte de rouler tout en respectant les mesures mises en place par la Santé publique », affirme Stéphane Lefebvre.