La desserte gazière de nouveau à l’ordre du jour au Lac-Saint-Jean

Denis Villeneuve, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Denis Villeneuve, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Le Quotidien
Les intervenants économiques et politiques du Saguenay-Lac-Saint-Jean se préparent à remettre à l’ordre du jour le projet de desserte de gaz naturel destinée à alimenter le nord de la région, avec l’embauche d’un lobbyiste dont la mission sera d’élaborer une stratégie de mobilisation et de représentation autour de ce projet qui constitue une priorité régionale.

Au cours des derniers jours, les cinq MRC de la région ont été sollicitées par Développement économique 02 afin de contribuer au Fonds d’appui au rayonnement des régions (FARR). Le but est d’amasser une somme de 100 000 $ destinée à l’ajout d’une ressource dont le mandat sera de faire avancer ce projet de plus de 100 M$. La MRC du Fjord-du-Saguenay a octroyé 2000 $ au FARR.

En entrevue, le préfet de la MRC Lac-Saint-Jean Est, André Paradis, a déclaré que le dossier, inscrit au tableau des quatre grandes priorités régionales lors du dernier sommet économique, n’a pas beaucoup bougé parce que personne n’a été mandaté à cette fin. « On aura un consultant qui fera avancer le dossier en allant cogner aux bonnes portes. Un tel dossier demande du temps et des rencontres avec les bonnes personnes au sein de l’appareil de l’État », affirme M. Paradis.

Il rappelle qu’à l’époque de la défunte Conférence régionale des élus (CRÉ), des mandats et des ressources étaient disponibles pour mener à terme les démarches pour des projets d’une telle envergure.

Développement économique 02, qui réunit des organismes de développement municipal et des MRC, travaille en collaboration avec la Table régionale des élus. Le président, Gérald Savard, a expliqué qu’une grande part de l’enveloppe de 100 000, soit 90 000 $, proviendra du FARR, le reste étant issu des MRC. « On a demandé d’assigner une personne pour le projet de desserte gazière autour du Lac-Saint-Jean. La Table des élus en fait une priorité », explique-t-il.

Le préfet de la MRC Lac-Saint-Jean Est, André Paradis, rappelle que ce dossier n'a pas besaucoup bougé même s'il était inscrit au tableau des quatre grandes priorités régionales lors du dernier sommet économique. 

Parmi les élus particulièrement intéressés figure le maire de Dolbeau-Mistassini, Pascal Cloutier. Ce dernier rappelle que sous le gouvernement Couillard, la région a obtenu la réalisation d’une étude préliminaire pour le tracé de la nouvelle desserte gazière, lequel, précisons-le, n’a rien à voir avec le projet de GNL Québec à Grande-Anse.

Le maire Cloutier mentionne que la nouvelle ligne d’Énergir serait alimentée à partir de Shipshaw, au nord du Saguenay, pour se diriger vers Chicoutimi-Nord, Saint-Honoré, Saint-Ambroise puis remonter vers différentes municipalités jusqu’à Dolbeau-Mistassini.

Il est impossible, selon lui, d’utiliser la ligne secondaire qui se dirige vers Saint-Félicien à partir de Chambord puisque cette dernière est saturée. La présence d’un parc industriel dans sa ville, d’une scierie et d’une papetière justifierait le projet de desserte, selon lui.

« Les Serres Toundra, dans le cadre de leur projet d’expansion, ne pourraient même pas être alimentées en gaz naturel à Saint-Félicien. C’est une priorité majeure. De ne pas en avoir, ça n’a pas de sens. »

Pascal Cloutier ajoute que depuis deux ans, des rencontres ont eu lieu avec des gestionnaires d’Énergir, qui se montrent intéressés, ainsi qu’avec une sous-ministre de l’Énergie. En raison de l’ampleur des travaux, le financement devrait provenir des deux paliers de gouvernement.

En ce qui a trait au travail du consultant à embaucher, le maire Cloutier affirme qu’il devra rencontrer des clients potentiels pour le gaz naturel, ce qui demande des efforts et du temps. « On veut s’assurer que ce dossier arrive à terme. On se donne un an. Dans la volonté de repartir l’économie, ce serait un bon investissement », conclut-il.

Rappelons que la région n’en est pas à une première initiative du genre puisqu’il y a eu embauche de Claude Asselin, pour développer le dossier du transport ferroviaire, et de Jean-Alain Otis, pour le comité de maximisation des retombées de projets majeurs (COMAX).