Au marché Tradition Coopérative d’Albanel, le gérant André Laprise a noté une hausse des ventes.

La crise profite aux plus petites épiceries

La crise du coronavirus ne fait pas que des malheureux, parlez-en aux épiciers qui se retrouvent dans des plus petites municipalités. Le Quotidien a demandé à quelques-uns d’entre eux si les habitudes de consommation de leur clientèle avaient changé dernièrement.

À Albanel, au marché Tradition Coopérative, le gérant André Laprise confirme avoir noté une hausse de l’achalandage et que ce sont surtout le papier de toilette et le pain qui ont rapidement trouvé preneurs. Travaillant dans le domaine de l’alimentation depuis plus de 27 ans, le gérant affirme que cette hausse dans les ventes est plus que bienvenue à ce temps-ci de l’année, qui est d’habitude une période plus tranquille chaque année.

Il se fait aussi rassurant en rappelant que la crise du coronavirus ne touche pas pour le moment l’industrie alimentaire. « L’apprivoisement n’est pas un problème pour l’instant. On a des appels-conférences avec Sobeys pour la logistique des transports et jusqu’à date, tout va bien. La crise n’est pas dans l’alimentation. On continue d’être approvisionné, on reçoit nos commandes de fruits et légumes, de viandes et on attend une commande d’épicerie ce vendredi. C’est certain que je commande un petit peu plus qu’à la normale, les gens achètent plus. Dans le domaine, les mois de janvier, février et mars sont tranquilles, donc on ne s’en plaindra pas. »

Saint-Bruno

Même son de cloche au Marché Bonichoix Épicerie D.D.L. de Saint-Bruno, où l’on confirme une hausse de l’achalandage dans tous les départements. Fils du propriétaire et gérant de département, Jean-Michel Doucet confirme que les ventes sont vraiment en hausse et que les commandes sont faites en conséquence, afin de répondre à la demande. De plus, il assure que toute son équipe respecte les mesures préventives en vigueur afin de réduire les risques de propagation.

« On demande le lavage des mains aux 15 minutes et on désinfecte constamment les paniers et les poignées des portes des congélateurs. Tout est nettoyé plus souvent. »

Saint-Prime

À l’Épicerie Florent Lachance de Saint-Prime, les ventes sont nettement supérieures à celles faites à pareilles dates l’année passée.

« On a senti une pression depuis la semaine dernière. Aux mêmes dates cette année en 2020, on vendu 15 % de plus que notre chiffre d’affaires en 2019 », détaille Marc Lachance, propriétaire de l’épicerie depuis 1991.

Comment explique-t-il ce phénomène ? « Les gens font des provisions. Il y a des restos qui sont fermés et des gens qui ne travaillent pas, donc il y a du monde qui reste à la maison. Les gens sont moins portés à se déplacer dans les villes et ils achètent plus local. »

Boulangerie Chambord

Le pain est devenu une denrée rare, si l’on se fie aux nombreuses tablettes vides dans les épiceries. Pierre Doré, de la Boulangerie Chambord Robin Doré et fils, est aux premières loges pour constater le phénomène. « Ç’a commencé vendredi passé. Tout le monde se garroche pour acheter du pain. On a augmenté la production un peu, car d’habitude, ces mois-ci sont notre bête noire en termes de ventes.

Soutenir les entreprises locales

Zone boréale Saguenay-Lac-Saint-Jean a partagé sur sa page Facebook quelques conseils afin de soutenir les entreprises agroalimentaires régionales pendant la crise du coronavirus.

À l’épicerie, l’organisme suggère de prioriser l’achat des produits locaux et aussi de profiter de cette période de confinement pour découvrir les boutiques en ligne des entreprises régionales.

Il est mentionné qu’il est encore possible de commander des repas pour emporter ou prêts-à-manger de plusieurs entreprises d’ici.

Il est aussi proposé d’acheter des cartes-cadeaux chez les entreprises de transformation et de production, tout comme pour les restaurants locaux ou autres commerces alimentaires.

En cette période du temps des sucres, Zone Boréale espère que la population soutiendra les érablières en faisant des réserves de sirop d’érable régional.

Une autre proposition consiste à s’abonner aux paniers de fruits et légumes pour la saison 2020 dans le but d’encourager les maraîchers du coin avant le commencement de leur saison des récoltes.

Conseils pratiques

Comme le suggère certaines grandes bannières sur les réseaux sociaux, il est préférable d’aller faire les achats une seule personne par famille et de respecter les mesures d’hygiène et d’isolement en vigueur.

De plus, les commerçants encouragent leurs clients à payer par carte de crédit ou débit afin d’éviter tout contact avec les caissiers.

Pour limiter les déplacements, la plupart des épiceries offrent aussi un service de livraison à domicile.

Les épiciers rappellent que leur mandat est de nourrir la population, donc que c’est la responsabilité de tout un chacun de minimiser les risques de propagation de la COVID-19.