La convention contre des millions

Les membres des trois syndicats affiliés aux Métallos de l’aluminerie d’Alma de Rio Tinto (bureau, policiers et pompiers, employés horaires) ont accepté d’entreprendre des négociations sur la prolongation de leur convention collective dans le cadre d’un investissement de l’ordre de 150 à 200 M$ dans une usine de billettes d’aluminium.

À terme, le projet d’investissements se traduirait par la création d’au moins 40 emplois « Rio Tinto » pour l’exploitation de cet équipement. L’entreprise souhaite transformer 180 000 tonnes métriques d’aluminium en billettes. En ce moment, elle doit transporter du métal vers d’autres centres de coulée de la région ou tout simplement le « geler » dans la roue de coulée de l’Usine Alma.

Le président du Local 9490 Alexandre Fréchette s’est dit satisfait des deux assemblées tenues en après-midi et en soirée, mardi. Les membres ont donné le feu vert aux représentants syndicaux tout en faisant les mises en garde qui s’imposent.

« Nous avons regardé un cadre dans lequel nous sommes en mesure de discuter avec l’employeur. Nous avons identifié des choses et on croit que nous sommes en mesure de faire des ajustements qui ne sont pas contraires à ce que nous avons toujours défendu », a expliqué au Quotidien le leader syndical à la sortie de l’assemblée, visiblement fier de démontrer que nonobstant « l’historique des relations de travail », Rio Tinto compte toujours sur son usine d’Alma pour faire des affaires.

Il semble que le projet de Rio Tinto nécessite une période assez longue de construction. Le contrat de travail des Métallos prend fin le 31 décembre 2020. « D’après ce que nous avons discuté avec l’entreprise, ils n’ont pas l’intention de se retrouver avec une fin de contrat de travail quand ils vont compléter le projet. »

M. Fréchette a confirmé que des discussions ont eu lieu avec la direction de l’usine ainsi que Gervais Jacques, le grand patron de la multinationale pour le Québec. Il est toutefois demeuré muet sur les autres demandes de l’employeur, se contentant de dire que le mandat était d’aller prendre connaissance de l’ensemble du projet et des demandes patronales. Tout indique, selon les propos d’Alexandre Fréchette, que les discussions n’en sont qu’à leurs débuts.

« Pour les travailleurs, le plus important n’est pas le montant des investissements. Il n’a pas fait l’objet de discussion. Ce qui compte, ce sont les emplois qui seront créés avec la mise en activité de l’usine de billettes. Ça fait en sorte qu’au lieu de faire 1 $ avec l’aluminium d’Alma, on fait 1,25 $ et c’est très intéressant. »

Plusieurs informations ont circulé depuis l’annonce de la tenue des assemblées générales. Celles-ci faisaient état d’une ouverture plus importante à la sous-traitance. Alexandre Fréchette signale qu’il y a déjà dans la convention collective des dispositions concernant la sous-traitance dans les activités périphériques alors que le projet sur la table fait état de la création de 40 emplois dans les activités principales de Rio Tinto.

Le président du syndicat des Métallos a signalé qu’il fallait être prudent avec les capacités de transformation dans cette nouvelle unité. Au départ, l’employeur a fait part au syndicat d’un projet d’une capacité de 150 000 tonnes métriques. Il a été modifié à 180 000 tonnes rapidement. C’est ce qui explique la fluctuation des investissements.

L’employeur n’a pas déposé d’échéancier précis pour l’obtention d’une entente avec les syndicats. Les discussions devraient débuter dans quelques semaines et Alexandre Fréchette croit qu’il est possible d’en arriver rapidement à la conclusion d’ententes si elles sont avantageuses pour les travailleurs.

Interrogé à savoir si ce projet laissait entrevoir des opportunités pour la phase 2 de l’Usine d’Alma, qui est toujours sur les planches à dessin, Alexandre Fréchette a été catégorique. Les discussions avec l’employeur ne concernaient pas ce projet qui nécessitera des investissements majeurs. Par contre, il considère que l’ajout d’un équipement qui permet de créer de la valeur au métal de première fusion va devenir un avantage non négligeable pour l’entreprise.

Le métal produit à Alma est acheminé vers un laminoir et deux machines de coulée horizontale en plus du carrousel pour le métal de première coulée. Avec la mise en activité de l’usine de billettes, le carrousel ne serait utilisé qu’en cas de bris des autres équipements.