La construction résidentielle en dents de scie à Saguenay

La construction résidentielle est en mode rattrapage, alors que la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) constate un bond de 8,3 % des mises en chantier au Canada, au cours du mois de juin. Saguenay enregistre toutefois une baisse de 7 % en juin avec 55 mises en chantier malgré le fait que le cumulatif affiche un bilan positif en hausse de 31 % depuis le début de l’année, avec 208 logements construits.

Les données publiées indiquent que le niveau de juin est supérieur à celui, atteint en février 2020, de 211 116 unités, avant l’entrée en vigueur des mesures de confinement.

Au Québec 5883 habitations ont été mises en chantier, soit une hausse de 12 % par rapport à juin 2019. Cette augmentation fait suite à celle de 27 % enregistrée en mai, qui marquait un bon redémarrage des chantiers après la pause forcée (du 24 mars au 19 avril). Au cumul des six premiers mois, le retard n’est que de 7 % comparativement à l’année dernière.

Trois régions métropolitaines de recensement (RMR) se sont démarquées avec des hausses significatives d’activité, soit Sherbrooke en progression de 232 % avec 382 logements, Gatineau (158 %) avec 297 logements et Trois-Rivières (111 %) pour l’ajout de 95 logements en juin.

Selon les commentaires émis par Hélène Bégin, économiste principale chez Desjardins, la construction résidentielle étonne par sa vigueur en raison d’un certain rattrapage prévisible à la suite des mesures de confinement qui ont entraîné l’arrêt complet des chantiers résidentiels le 25 mars dans certaines provinces, dont le Québec.

Elle estime toutefois que les données liées aux récentes mises en chantier sont probablement le fait de la demande pré-COVID-19, soit avant que le contexte économique ne se détériore. Il n’est donc pas certain que la construction résidentielle maintiendra le rythme actuel encore longtemps. La période de convalescence de l’économie n’est pas terminée et le marché de l’habitation devrait s’en ressentir, prédit-elle.

Du côté de l’Association professionnelle des constructeurs d’habitation du Québec (APCHQ), on se réjouit des chiffres publiés. « Signe que la construction résidentielle se porte bien au Québec, après six mois en 2020, le nombre de mises en chantier n’accuse qu’un retard de 7 % comparativement à l’année dernière, et ce, en dépit de la pause forcée des chantiers durant quatre semaines en raison de la crise sanitaire », souligne Paul Cardinal, directeur du Service économique de l’APCHQ, par voie de communiqué.