Le processus de transfert de la ferme familiale au brasseur-propriétaire de la Microbrasserie La Chouape, Louis Hébert, a duré une quinzaine d’année.
Le processus de transfert de la ferme familiale au brasseur-propriétaire de la Microbrasserie La Chouape, Louis Hébert, a duré une quinzaine d’année.

La Chouape: Louis Hébert reprend les rênes de la ferme familiale

Le brasseur-propriétaire de la Microbrasserie La Chouape, Louis Hébert, a franchi une grande étape dernièrement, en finalisant officiellement le transfert de la ferme familiale de Saint-Félicien.

Fondée en 1881, la ferme est dans la famille Hébert depuis maintenant six générations. Plus récemment, Louis a finalisé le transfert de ses parents Céline et Jean-Jacques. Il reconnaît que le processus a été long, plus de 15 ans dans son cas.

« C’est en 2002 que je leur avais annoncé mon intérêt, j’avais 18 ans. Ç’a été progressif et on a fait les choses étape par étape. Depuis 2010, on s’occupait de la gestion sans en être propriétaire. Le transfert ne change pas grand-chose non plus, car mes parents sont encore là et ils aident encore. (...) Je me suis toujours senti propriétaire sans l’être, mais maintenant, je sens que j’en ai la responsabilité pour plusieurs années. »

Dans un message publié sur la page Facebook de la microbrasserie, le maître-brasseur se disait reconnaissant de l’appui reçu par sa famille depuis le tout début.

« On croit souvent qu’il est facile pour un enfant de reprendre la ferme familiale. Oui, c’est une bonne base, mais mon expérience des 18 dernières années me témoigne qu’il faut être bien déterminé. Il faut combiner les réalités de chacun. Premièrement, mes parents étaient bien jeunes, à l’époque, pour laisser de côté leur projet de vie. L’entreprise était aussi trop petite pour assurer financièrement ma venue. Au fil des ans, mes parents m’ont fait une place et je me suis joint à l’entreprise en créant mon emploi en devenant brasseur et en utilisant les récoltes de la ferme. C’est toute ma famille qui est derrière moi depuis le début de cette aventure et ils le sont encore aujourd’hui. Vous comprendrez à quel point j’en suis très reconnaissant. »

Retour à la ferme

Plus jeune, Louis Hébert ne pensait pas qu’un jour, il serait à la tête d’une ferme brassicole. Il se voyait devenir plutôt enseignant ou architecte.

Louis Hébert a finalisé dernièrement le transfert de la ferme familiale de Saint-Félicien qui appartenait à ses parents Céline à et Jean-Jacques (photo).

« Quand j’étais adolescent, jamais je n’aurais pensé reprendre la ferme. C’est en 2002, au retour d’une année d’étude à l’Université à Strasbourg, que ma vision a changé. Pendant cette année, mon ami Nicolas m’amenait les week-ends sur la ferme de ses parents, Hilfrid et Alfred. J’y ai découvert une autre vision de l’agriculture, à plus petite échelle, plus diversifiée, et très humaine, bien plus que les modèles industriels que l’on prône en Amérique du Nord », peut-on lire dans son message.

L’appel de la ferme s’est ensuite fait sentir et c’est ce qui explique en grande partie son retour dans la région. Il voulait alors devenir paysan, tout comme ses ancêtres l’avaient été auparavant.

Dans les champs, on retrouve une grande culture biologique: de l’orge, du blé, du sarrasin, de l’avoine et du fourrage pour les animaux y poussent en alternance.

Avec le temps, la ferme est devenue un fournisseur d’importance dans l’élaboration des bières de la microbrasserie. Parmi les céréales utilisées dans la fabrication de la gamme principale de six bières certifiées biologiques, on retrouve de l’orge.

La livraison continue

La crise du coronavirus n’affecte pas tant les activités de la ferme pour le moment, mais touche surtout les finances de la microbrasserie. « On a perdu 50 % de notre marché et 150 clients qui sont des bars et restaurants. En plus, notre salon de dégustation est fermé. On a actuellement 13 personnes en chômage, mais c’est temporaire. On n’est pas en péril en revanche. »

Heureusement, la livraison de bière continue partout au Québec et permet aux bières de La Chouape de se retrouver sur les tablettes de centaines d’épiceries et dépanneurs à la grandeur de la province.

En ces temps plus difficiles pour plusieurs, Louis Hébert a tenu à dire un merci tout spécial aux livreurs.

« Je veux surtout remercier les livreurs, car ils travaillent dans des conditions difficiles. Chaque livraison comporte son lot de procédures différentes. C’est important de souligner leur travail ! »