Carl Côté et Sandra Rossignol, respectivement président et directrice générale de la Chambre de commerce et d’industrie Saguenay-Le Fjord, annoncent le lancement des rendez-vous économiques.

La chambre de commerce mise sur le «speed dating» entrepreneurial

Un vent de renouveau souffle sur la Chambre de commerce et d’industrie Saguenay-Le Fjord. Le regroupement de gens d’affaires a revu son offre de services pour la coller davantage aux besoins de ses membres, particulièrement en matière d’activités et d’événements. C’est de cette révision qu’est née la plus récente initiative de la Chambre : les rendez-vous économiques. La première mouture aura lieu le 24 janvier.

L’heure n’est plus aux tournois de golf et aux 5 à 7, estiment Sandra Rossignol et Carl Côté, respectivement directrice générale et président du conseil d’administration. Les affaires se déroulent à un rythme effarant, ce qui n’est pas étranger à l’avènement des réseaux sociaux et des nouvelles technologies. Les entrepreneurs ont des agendas chargés et chacun tente de maximiser le temps dont il dispose pour garnir son réseau de contacts et tisser des liens d’affaires. Dans cet esprit, la Chambre de commerce et d’industrie Saguenay-Le Fjord a décidé de camper le rôle d’entremetteuse en marge de rencontres qui posséderont tous les attributs du « speed dating ». Ces échanges n’auront toutefois rien à voir avec les rendez-vous galants et auront pour unique but de mettre des grandes entreprises en contact avec des fournisseurs potentiels. Les gens d’affaires auront cinq minutes pour se faire valoir auprès des grands donneurs d’ouvrage, présenter leur entreprise et fournir un peu de matériel corporatif. Les tête-à-tête fourniront donc un accès privilégié aux donneurs d’ordres et donneront la chance aux entrepreneurs de développer des liens pouvant mener à l’obtention de contrats.

BlackRock casse la glace

La première entreprise à se prêter au jeu sera Métaux BlackRock, qui caresse un important projet minier à La Baie, dont les retombées sont évaluées à une dizaine de milliards de dollars. Une conférence intitulée « En route vers la construction » sera présentée au Montagnais mercredi à 11 h 30, laquelle sera suivie des rencontres privées. Sandra Rossignol se réjouit de voir que les membres de la Chambre de commerce se sont inscrits en grand nombre pour s’assurer de pouvoir obtenir une place. Une cinquantaine de rencontres de type « B2B » (Business to Business) sont au programme.

« Il y a des changements dans les habitudes de consommation de nos services par les membres. Maintenant, quand les entrepreneurs sortent du bureau, ils veulent une valeur ajoutée et avoir un retour sur leur investissement. On développe une approche plus personnalisée », fait valoir Sandra Rossignol, nommée à la tête du regroupement de gens d’affaires à la suite du départ de sa prédecesseure, Marie-Josée Morency.

Carl Côté fait part du désir de la Chambre de commerce d’offrir une plus grande place à ce type de rencontres. 

« On veut servir d’interlocuteurs. Il faut arrêter de multiplier les rencontres et cibler les plus pertinentes parce qu’en fin de compte, ça provoque une dilution. Il faut aussi travailler en partenariat avec d’autres acteurs comme Promotion Saguenay », note Carl Côté. 

Les entreprises qui prendront part aux rendez-vous économiques seront mandataires de grands projets. C’est le souhait de la Chambre de commerce et d’industrie Saguenay-Le Fjord, qui veut tenir ses membres au courant des initiatives porteuses de retombées économiques importantes. 

« C’est du gagnant gagnant. Ça permet aux entreprises d’ici d’être au courant et de soumissionner. Ça leur permet aussi de savoir s’ils ont besoin d’accréditations particulières pour certains projets, comme c’est parfois le cas à la Base de Bagotville. Pour les donneurs d’ouvrages, c’est un accès direct à des entrepreneurs dans différents domaines d’activité », poursuit Carl Côté.

Le second rendez-vous économique aura lieu le 14 février. « Faites affaire avec Construction défense Canada » est le thème de l’activité. Cette année, la Chambre de commerce et d’industrie Saguenay-Le Fjord aimerait tenir cinq ou six rendez-vous économiques. L’organisme, qui compte environ 1000 membres, veut continuer de mettre en place des événements favorisant le développement socio-économique et environnemental de Saguenay et de la MRC du Fjord.


Il y a des changements dans les habitudes de consommation de nos services par les membres. Maintenant, quand les entrepreneurs sortent du bureau, ils veulent une valeur ajoutée et avoir un retour sur leur investissement.
Sandra Rossignol

Planification stratégique: « On se mouille de plus en plus »

La Chambre de commerce et d’industrie Saguenay-Le Fjord a tenu une rencontre de planification stratégique cette semaine, dans la foulée d’un mandat confié à une firme chargée de prendre le pouls des effectifs et des acteurs du milieu. La démarche a pour but de favoriser le positionnement de l’organisme.

Profitant de ce nouvel élan, la direction de la Chambre partage son intention d’occuper davantage l’espace médiatique en prenant position sur divers enjeux, parfois politiques, chers à ses membres. Le président, Carl Côté, cite notamment le débat entourant la légalisation du cannabis. La volonté du fédéral de rendre légale la consommation de cette drogue douce aura des répercussions en milieu de travail. Certains entrepreneurs s’interrogent quant à leurs droits et responsabilités et veulent obtenir réponse à leurs questions. 

Fardeau réglementaire

La question du fardeau réglementaire est aussi un sujet chaud qui continuera d’alimenter les discussions et de mobiliser les efforts de la direction. 

Récemment, le vice-président régional chez Raymond Chabot Grand Thornton, Éric Dufour, qui porte aussi le chapeau de président du comité entrepreneurial à la Fédération québécoise des chambres de commerce, dénonçait la lourdeur administrative imposée aux entrepreneurs par les différents paliers de gouvernement. Il qualifie le phénomène de « castration entrepreneuriale ». À ce sujet, Carl Côté rappelle qu’un sondage mené auprès de nombreux entrepreneurs québécois a permis d’identifier l’allègement réglementaire comme la priorité des chefs d’entreprise. 

La Chambre veut aussi s’inviter dans la sphère politique en ramenant à l’avant-plan les enjeux économiques, lesquels vont de pair avec le développement durable. L’automne dernier, le regroupement de gens d’affaires a organisé son propre débat électoral et a soumis aux candidats à la mairie de Saguenay des questions qui touchent directement le quotidien de ses membres. 

La directrice, Sandra Rossignol, aimerait mettre sur pied des rendez-vous politiques en 2018. 

L’ex-journaliste, tout juste issue du domaine corporatif, où elle a organisé moult événements et piloté des projets de commandite, a l’habitude de collaborer avec la presse. Elle veut propulser la Chambre à l’avant-scène.

« Dans notre nouvelle planification stratégique, je veux qu’on sorte plus. J’aime travailler avec les médias et ils sont des partenaires importants pour nous », dit-elle. Une affirmation avec laquelle le président Côté se montre en accord.

« On se mouille de plus en plus. On veut que nos membres voient qu’on prend position dans certains dossiers et qu’ils sachent qu’on est là pour défendre leurs intérêts et pour parler des sujets qui sont importants pour eux », dit-il.