Le producteur Bruno Gagné et la directrice de Végétolab, Martine Girard assurent être en mesure de fournir environ 300 kilos de camerises fraîches par jour.

La camerise est difficile à vendre

Faute de commandes, des producteurs de camerises du Saguenay-Lac-Saint-Jean risquent de devoir laisser une partie de leurs récoltes dans les champs.

Un regroupement de six producteurs de la région, qui ont fait le choix de vendre le produit frais, sonnent l’alarme, alors que la récolte bat son plein.

Malgré une entente avec un distributeur national qui a accès à 250 points de vente, les commandes provenant de grandes bannières ne sont pas encore au rendez-vous pour ceux qui ont choisi de se regrouper afin d’offrir un plus grand volume de production.

La faible demande pour la camerise fraîche s’expliquerait, en partie, par la méconnaissance du produit qui est implanté au Québec depuis 2007.

« Au début, cela se passait relativement bien, nous avions des commandes. Après, le distributeur s’est aperçu que cela ne sortait pas comme prévu », raconte le producteur Bruno Gagné, qui cultive à la Ferme Maryse Harvey.

Le producteur se désole de ce produit exceptionnel qui reste dans les arbustes. « Je le vois avec les visites dans nos champs. Les gens goûtent le fruit frais et sont surpris du bon goût. Souvent, ils ont goûté de la camerise qui n’était pas assez mûre et s’arrêtent là. Pourtant, ceux qui l’essaient reviennent l’année suivante », ajoute celui qui s’attend à ce que la moitié de ses récoltes restent dans les champs.

La directrice de Végétolab, Martine Girard, et le producteur Bruno Gagné assurent être en mesure de fournir environ 300 kilos de camerises fraîches par jour.

En 15 jours
Le temps de récolte joue également en défaveur des producteurs. Selon Bruno Gagné, les producteurs doivent récolter les fruits en l’espace d’une quinzaine de journées. Par la suite, les oiseaux se chargent de cueillir les camerises.

Pourtant, après quelques années de recherche et développement, les petits fruits ont enfin atteint une qualité irréprochable. « C’est difficile de mettre le fruit frais sur les tablettes. Il se détériore rapidement et ne se conserve pas très longtemps après sa cueillette », explique Bruno Gagné, membre de ce consortium.

Défi technique
Certes, ces producteurs ont fait le choix de se lancer dans toute une aventure en choisissant le créneau du fruit non transformé.

« La camerise fraîche, c’est un défi. Nous avons décidé de le relever. Tout le monde dit que c’est impossible. C’est un fruit tendre et fragile. Après trois ans de travail, on a atteint ce niveau de qualité. On a obtenu une note parfaite de notre distributeur, explique Martine Girard, directrice générale chez Végétolab. On est uniques dans ce qu’on fait. On a une envergure nationale. C’est un choix que nous avons fait. »

Malgré le maigre cahier de commandes, les producteurs de la camerise fraîche pensent déjà aux années futures. Mme Girard a bon espoir que le groupe sera en mesure de fournir jusqu’à 25 000 kilos par saison.

D’ici là, les producteurs et les fruits sont prêts.

Ceux qui cultivent la camerise pour une vente à grande échelle sont en mesure de répondre aux besoins de nouvelles commandes, alors que la récolte pourrait s’étirer pour encore deux à trois semaines.

« Maintenant, on est prêts à les distribuer », conclut M. Gagné.