«Innover ou mourir»

Il est minuit moins une pour les entreprises manufacturières qui n’ont pas amorcé le virage 4.0. De passage dans la région, le président-directeur général d’Investissement Québec (IQ), Pierre Gabriel Côté, a rappelé l’urgence d’agir aux gens d’affaires réunis à Alma, lundi, pour une rencontre d’information sur les différents programmes offerts.

« Comme on dit, innover ou mourir. Ça se passe tellement vite maintenant. C’est rendu un enjeu de ne pas faire face aux technologies de rupture en se disant qu’il ne se passera rien chez soi. Ça, c’est un dur constat. Oui, il y a une question d’argent. Mais ce n’est pas ça qui est l’enjeu. C’est de les motiver à passer à l’action. Parce que le déni est notre plus gros ennemi », plaide le PDG du bras financier du gouvernement du Québec.

Si plusieurs entreprises manufacturières de la région tardent à robotiser ou automatiser leurs différents processus, le Saguenay-Lac-Saint-Jean n’est pas en queue de peloton, précise M. Côté, qui a dirigé plusieurs usines dans la province, dont celle de Fibrek à Saint-Félicien. 

« Les gens ici sont dans l’action. Ça m’épate. Les gens se sont pris en main devant les clients. Ce sont les clients, avant tout, qui demandent de faire plus vite, mieux et à moindre coût », pointe le PDG.

« Ici, les gens n’ont pas à avoir de gêne avec ce qui se fait ailleurs au Québec. Si on se compare à l’extérieur, aux États-Unis, on a par contre plus de rattrapage à faire en terme d’équipements robotisés, de numérisation et de digitalisation de tous les processus. »

IQ soutient le milieu industriel comme jamais, selon les dires de son PDG. Même qu’il y a encore plus d’argent et de soutien pour le nombre d’intéressés. 

« Pourquoi ce débalancement ? Souvent, les gens attendent. Il faut donc les inciter à passer à l’action. On leur dit, n’attendez pas. Passez à l’action maintenant, car il n’y a jamais eu autant un environnement financier favorable et un service d’accompagnement de cette force », martèle M. Côté.

Investissement Québec supporte tous les types d’entreprises, mais au cours des dernières années, le bras financier du gouvernement mise sur le secteur manufacturier. C’est ce porte-feuille qui dispose des meilleures conditions de financement. Les projets numériques font aussi partie des priorités d’IQ. Les programmes Innover, qui touche l’automatisation et la robotisation, ne concernent pas le commerce au détail, même s’ils pourraient servir pour faire face aux mêmes problèmes de main-d’oeuvre. 

« On vise les entreprises manufacturières, car ç’a un impact plus important. Pour dix jobs dans le manufacturier, ça en crée sept dans le commerce au détail », commente M. Côté.

Plusieurs dizaines d’entrepreneurs et employés ont participé à l’activité d’information offerte par Investissement Québec.
Président de Fonderie Saguenay, Marc Savard a été invité à parler une fois de plus, lundi, de sa récente acquisition d’une fonderie de Trois-Rivières.

+ Des retombées notables pour Fonderie Saguenay

Investissement Québec (IQ) aide le milieu industriel et tient à le publiciser. L’organisation a profité de son passage dans la région pour souligner son support financier dans le dernier projet d’acquisition de Fonderie Saguenay.

L’automne dernier, l’entreprise a mis la main sur TMA — Technologie du Magnésium et de l’Aluminium, une fonderie de Trois-Rivières. L’entreprise de Saguenay a pu compter sur un prêt de 850 000 $ pour le projet, à même les fonds propres de l’IQ, et ce, à d’excellentes conditions, a dévoilé le PDG du bras financier du gouvernement.

« Investissement Québec est heureuse d’accompagner des entreprises comme Fonderie Saguenay afin de les rendre encore plus innovantes, plus créatives et plus compétitives. Nous sommes fiers de contribuer au succès de ce joueur clé du secteur de la métallurgie et au développement économique local », souligne, par voie de communiqué, Pierre-Gabriel Côté, président-directeur général d’Investissement Québec.

Avec cette aide, toutefois, les entreprises n’ont pas entamé concrètement le virage 4.0. Le président de Fonderie Saguenay et TMA, Marc Savard, compte toutefois s’y lancer pour demeurer compétitif dans cette course à la révolution industrielle et faire face aux défis de main-d’œuvre. 

« La pénurie, ça commence à nous frapper. On était en quelque sort immunisé avant, mais depuis la dernière année, on sent les effets. Il faut être innovant même avec les ressources humaines, avec l’immigration, la robotisation aussi. On amorce d’ailleurs la réflexion stratégique pour faire le virage 4.0. On a aussi de la compétition de la grande entreprise qui attire les gens avec leurs conditions salariales élevées dans les emplois dits manuels. C’est à nous donc de mettre en place des programmes intéressants et des conditions hors norme », exprime M. Savard.

Fonderie Saguenay emploie une soixantaine de personnes à Chicoutimi, alors que TMA compte sur sept travailleurs. Les deux entreprises conservent leurs installations initiales.