Les travaux d’agrandissement du bâtiment d’Hydro-Jonquière offrent un beau résultat vu de l’extérieur.

Hydro-Jonquière: des ajouts de 732 000$

Avec des extras et des imprévus atteignant 732 000 $, l’agrandissement du bâtiment d’Hydro-Jonquière aura au final résulté en un dépassement de coûts d’un peu plus de 280 000 $, soit à peu près celui des services professionnels faits au départ. Pour limiter ce surplus, Saguenay a même utilisé les frais de financement de 170 000 $ de ce projet de 3,4 M$.

C’est ce qui ressort d’une compilation, réalisée par Le Quotidien, de résolutions adoptées au comité exécutif et au conseil municipal ainsi que d’appels d’offres.

Le tout a été confirmé par le directeur du service des communications de Saguenay, Jeannot Allard, lors d’échanges de courriels au cours des dernières semaines.

Un projet de 3,4 M$

En septembre 2017, l’ancienne administration à Saguenay adoptait au conseil municipal un budget de 3 570 000 $ pour l’agrandissement et la rénovation du bâtiment d’Hydro-Jonquière au 1710 rue Sainte-Famille. Le règlement d’emprunt en vigueur le 20 octobre détaillait le projet en une somme de 3,4 M$ pour les travaux et prévoyait un 5 % additionnel, soit 170 000 $, pour les frais de financement. L’emprunt est sur 15 ans.

En mars 2018, un appel d’offres était lancé par la nouvelle administration avec un estimé de 2 700 000 $. Finalement, la firme Les Constructions Technipro a été le plus bas des huit soumissionnaires, avec 2 859 427 $. Le contrat a été officiellement octroyé le 12 avril 2018 au comité exécutif.

Une fois les travaux débutés, des ordres de changement ont été adoptés à quatre reprises (6 juin, 12 juillet, 13 septembre et 6 décembre) pour un total de 732 947,67 $, soit 25 % de plus que le contrat octroyé.

Le porte-parole de Saguenay divise en deux ce montant. Il a indiqué qu’il y avait d’abord ce qu’il a appelé des contingences. « Cela inclut des extras intrinsèques à tout projet. Dans le cas qui nous occupe, les extras sont de 10 % jusqu’ici », a-t-il d’abord chiffré. Le reste des ordres de changement comprenait des contingences. « Il s’agit de travaux supplémentaires à réaliser qu’il était impossible de prévoir au départ. Ces derniers doivent cependant être autorisés par l’exécutif et surtout, respecter l’enveloppe de départ. Dans ce cas-ci, les imprévus sont de l’ordre de 14 %. Ajouté au 10 % de contingences, cela occasionne un dépassement total d’environ 24 %. Donc rien d’anormal jusqu’ici », a-t-il statué.

Au final, le contrat octroyé à 2 859 427,56 $ s’est terminé à 3 592 375,23 $.

Les frais de financement utilisés

Ainsi, Saguenay a dû piger dans les frais de financement pour boucler le budget. « Il est vrai qu’au départ il était prévu 170 000 $ en frais de financement dans le règlement. Cependant, les règles légales prévoient qu’en cas de dépassement ou imprévus, le service peut demander que le 5 % de financement soit utilisé pour le projet, ce qui a effectivement été fait dans ce cas précis. Les frais de financement sont donc, dans un cas comme celui-là —ce qui n’est pas rare soit dit en passant — puisés à même d’autres enveloppes existantes ou d’autres règlements non utilisés », a-t-il plaidé.

Pour ce qui est des analyses professionnelles (architecture, ingénierie et laboratoire), elles ont été payées à même un transfert budgétaire de 300 000 $ voté le 5 octobre 2017. « Comme cela se fait dans tous les cas, nous devons ouvrir des projets préalables pour payer les honoraires professionnels de départ avant de connaître les coûts du projet », a-t-il spécifié.

La différence

Jeannot Allard a expliqué la différence importante entre l’estimé du contrat et le coût total final, soit près de 900 000 $ pour la part du contrat. « Le 2,7 millions était bel et bien le chiffre auquel on pouvait s’attendre très, très approximativement sans imprévus. Le règlement, lui, prévoyait une enveloppe de 3 570 000 $. C’est l’argent qui était réservé pour le projet. C’est toujours comme ça. Les enveloppes sont toujours plus importantes, car on sait que des dépassements et imprévus, il peut toujours y en avoir, surtout dans de vieilles bâtisses », a répondu par courriel le directeur du service des communications de Saguenay, Jeannot Allard.

« Il faut d’abord savoir que lorsque l’on prépare un projet, les professionnels se penchent sur le dossier et tentent d’évaluer les coûts le plus près possible de la réalité, ce qui s’avère souvent impossible surtout lorsque l’on travaille sur d’anciennes bâtisses. Les surprises sont fréquentes. Cela nous emmène ensuite à l’adoption d’un règlement d’emprunt qui est la phase initiale avant d’entreprendre tout projet. Les professionnels avaient alors évalué qu’un montant de 3 à 4 millions pourrait être nécessaire pour le projet. Une certaine marge de manœuvre doit aussi être donnée puisqu’il est important de respecter l’enveloppe de départ. Dans ce cas-ci, l’enveloppe de départ était de 3,57 millions de dollars et c’est la somme qui a été adoptée par règlement. C’est donc dire que le budget actuel respecte l’enveloppe de départ et c’est ce qui demeure primordial dans tout projet », avait-il d’abord répondu.

Quant aux travaux, ils sont presque complets. « Ce n’est pas tout à fait terminé, mais il ne reste que des petits dossiers à finaliser », a-t-il conclu.