Les travaux de désamiantage de l’ancienne cartonnerie Jonquière ont débuté il y a deux mois avec l’enlèvement des panneaux de revêtement extérieur.

Graphic Packaging: démolition sauvage évitée

Entrepris l’automne dernier, le démantèlement de l’ancienne usine de Graphic Packaging à Jonquière a échappé à une démolition sauvage après que Bay Shore, dernier propriétaire des lieux, ait été écarté du dossier.

Le 24 janvier dernier, le ministère de l’Environnement a imposé à Graphic Packaging une sanction de 10 000 $ à la suite d’une inspection de chantier réalisée le 31 octobre sur le site. Un manquement avait été constaté par des inspecteurs en contravention de la Loi sur la qualité de l’environnement et du plan de réhabilitation déposé le 6 juin 2018.

Le ministère avait constaté qu’un réservoir n’avait pas été vidangé et nettoyé par une firme spécialisée qui devait auparavant avoir vérifié le contenu pour des fins de gestion et de dispositions adéquates. Des débris de construction n’avaient pas été entreposés sur l’aire désignée, soit le site d’entreposage des copeaux en plus de ne pas avoir entreposé des matières résiduelles dans des conteneurs ou des barils. Rappelons qu’en vertu de la Loi sur la qualité de l’environnement, le dernier exploitant d’un site est responsable de déposer et de réaliser un plan de réhabilitation d’un site. Graphic Packaging est l’intervenant à qui incombe la responsabilité de réhabiliter le site.

Jusque là, Graphic Packaging et Bay Shore s’étaient entendus pour confier à la firme outaouaise Excavation Emery le soin de procéder au démantèlement.

En raison des façons de faire fautives constatées par le ministère de l’Environnement, Graphic Packaging a recouru aux tribunaux en novembre par voie d’injonction pour tasser Bay Shore et faire appel aux services spécialisés de la firme SEEL de Jonquière pour procéder à la surveillance des travaux et redresser la situation avec l’application du plan de réhabilitation.

Les travaux de désamiantage de l’ancienne cartonnerie Jonquière ont débuté il y a deux mois avec l’enlèvement des panneaux de revêtement extérieur.

Redressement

En entrevue, Jonathan Lapointe, président de SEEL, a déclaré que la situation a été redressée en conformité avec le plan prévu.

Invité à faire le point sur le chantier, M. Lapointe a mentionné qu’une dizaine de travailleurs de la firme Mini Excavation MT, d’Alma, procède au désamiantage de l’usine, une opération qui devrait s’étaler sur six à huit mois. « Jusqu’à maintenant, on a procédé à l’enlèvement d’environ 33 % des métaux qui contiennent de l’amiante ».

C’est pourquoi les panneaux de revêtement extérieur de l’usine ont d’abord été enlevés en adoptant les mesures de confinement nécessaires pour éviter la contamination des travailleurs. Ils ont été expédiés au lieu d’enfouissement technique de Neuville dans la région de Québec.

Malgré l’hiver qui ralentit les travaux, ceux-ci se poursuivent, ajoute M. Lapointe. « L’opération la plus risquée va débuter très bientôt. Nous allons débuter l’enlèvement de l’amiante sur la grosse chaudière qui a une hauteur de huit étages et qui a un diamètre de 40 pieds par 40 pieds », explique-t-il.

Ce n’est qu’une fois le désamiantage terminé, que la démolition des bâtiments et structures d’acier pourra débuter. Il est prévu que le désamiantage se terminera autour des prochaines vacances de la construction.

Au plus fort des travaux, entre 20 et 25 travailleurs devraient oeuvrer sur le chantier. Les coûts de démolition de l’usine, incluant la décontamination des sols, sont évalués entre sept et dix millions de dollars.

Vérification faite auprès de la direction régionale du ministère de l’Environnement, on nous a mentionné que des inspections régulières sont effectuées et que tout est réalisé en conformité avec le plan de démantèlement approuvé l’été dernier.

Les travaux de désamiantage de l’ancienne cartonnerie Jonquière ont débuté il y a deux mois avec l’enlèvement des panneaux de revêtement extérieur.

À la Commission des normes, de l’équité et de la santé et sécurité du travail (CNESST), le porte-parole, David Blouin, a déclaré aussi que l’organisme suit de près le déroulement des travaux et que le tout se déroule en conformité.

Une fois démolie, l’usine dont le sol aura été décontaminé laissera un terrain vague de 680 708 mètres carrés donnant sur les rives de la rivière aux Sables. Le terrain est actuellement en vente. Le courtier responsable n’a pas retourné notre appel.