Les deux premiers bateaux de granules du projet lancé par la scierie de Barrette-Chapais ont pris la direction du Royaume-Uni au printemps, à partir du port de Grande-Anse, à Saguenay. Le premier navire, qui apparaît ici, a été chargé au début du mois d’avril à partir des deux dômes où sont entreposés les granules.
Les deux premiers bateaux de granules du projet lancé par la scierie de Barrette-Chapais ont pris la direction du Royaume-Uni au printemps, à partir du port de Grande-Anse, à Saguenay. Le premier navire, qui apparaît ici, a été chargé au début du mois d’avril à partir des deux dômes où sont entreposés les granules.

Granule 777: deux premiers bateaux expédiés

Deux premiers bateaux remplis de granules de bois ont pris la direction du Royaume-Uni au printemps, à partir du port de Grande-Anse, à Saguenay. Ces cargaisons, résultat d’un projet de plus de 75 M $ lancé par la scierie Barrette-Chapais, contribueront à remplacer une partie du charbon utilisé par la plus puissante centrale électrique anglaise.

Un total de 55 000 tonnes de biomasse forestière ont été expédiées jusqu’à maintenant grâce aux deux navires qui ont quitté le terminal en eau profonde situé à La Baie, au début du mois d’avril et au début du mois de juin.

Le chargement d’un navire est une manoeuvre délicate, les granules de bois étant sensibles à la pluie. L’opération prend habituellement 72 heures.

Entre chaque expédition, les granules industrielles sont accumulées dans deux gigantesques dômes de béton d’un peu plus de 130 pieds de hauteur, érigés au coût de quelque 17 M $, près des bureaux administratifs de Port de Saguenay. Des dômes que Yann Sellin, directeur général de Granule 777, société fondée par Barrette-Chapais, appelle affectueusement des « monstres », à l’occasion d’une visite des installations.

Ces « monstres » sont alimentés chaque jour par 20 à 25 camions en provenance de la nouvelle usine de granulés construite par l’entreprise basée à Chapais, dans le Nord-du-Québec. Un seul dôme peut contenir 22 000 tonnes de granules, soit l’équivalent du chargement de 500 camions.

Les deux dômes de béton construits au port de Grande-Anse par Granule 777 permettent d’entreposer avant leur exportation les granules industrielles produites par l’usine de granulés construite à proximité de la scierie de Barrette-Chapais, dans le Nord-du-Québec.

Du charbon à la biomasse forestière

Ainsi, 210 000 tonnes de granules, produites à partir de la valorisation des sous-produits de la scierie de Barrette-Chapais, prendront chaque année la direction de la centrale électrique Drax, au Royaume-Uni. Un contrat de sept ans lie Granule 777 à la centrale thermique, laquelle délaisse le charbon en convertissant certaines de ses unités à la biomasse.

« La biomasse est une source renouvelable et permet de réduire les émissions de gaz à effet de serre, à l’échelle mondiale, car le client est basé en Angleterre, et non en Amérique du Nord », souligne Yann Sellin.

Yann Sellin, directeur général de Granule 777, pose devant le système automatisé qui permet aux camions de décharger leur contenu. De 20 à 25 camions alimentent chaque jour les deux dômes.

La centrale Drax, située dans le Yorkshire du Nord, est la plus puissante au pays, avec près de 4000 MW. Une puissance qui équivaut à 70 % de la centrale Robert-Bourassa de la Baie-James, la plus importante d’Hydro-Québec.

Copeaux, sciures, planures et écorces issus de l’usine de sciage sont réduits en une poudre qui est ensuite compactée pour former les granules et expédier la matière.

Un convoyeur situé sous les dômes et qui se rend jusqu’aux installations portuaires permet d’assurer le chargement des navires.

L’usine de granulés, située à proximité de la scierie, représente un investissement de plus de 60 M $. Il s’agit de l’usine de granules la plus importante au Québec, souligne M. Sellin.

Une opération délicate

L’heure était à la fête au sein des employés, en avril, lorsque le premier navire a quitté les installations portuaires, moins de deux ans après la première pelletée de terre de l’usine. « Quand on a expédié le premier bateau, je suis remonté à l’usine et ils demandaient tous : ‘‘Et puis, comment ça s’est passé ? ’’. Ils étaient tous excités de savoir ‘‘comment le client a trouvé nos granulés’’ », rapporte le directeur général.

Les dômes de béton s’élèvent à plus de 130 pieds de hauteur. L’élévateur à godet, qui sert au remplissage des structures, s’élève à plus de 160 pieds.

Une réussite soulignée par l’équipe, d’autant plus à un moment où le Québec était frappé par le creux de la crise sanitaire de la COVID-19, qui a forcé un ralentissement des opérations de Barrette-Chapais.

D’ici la fin de l’année, trois autres bateaux doivent prendre la direction du Royaume-Uni. Des roulottes de chantier se trouvent toujours près des dômes, au port de Grande-Anse, afin de peaufiner les opérations automatisées de déchargement des camions ainsi que les manoeuvres de chargement des navires effectuées à partir d’un convoyeur relié aux dômes.

Le chargement d’un navire est une manoeuvre délicate. « Certains produits comme le nôtre sont sensibles à la pluie. S’il pleut, le bateau est arrêté là. Dès qu’il y a la moindre goutte d’eau, on ferme les cales du bateau. C’est terminé », explique Yann Sellin.

Lors de conditions optimales, le chargement d’un navire prend environ 72 heures.

La montée en puissance de l’usine de granules, qui a atteint rapidement 85 % de sa capacité, doit également se poursuivre dans les prochains mois.

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UN PARTAGE DES INSTALLATIONS POSSIBLE 

Granule 777 est ouverte à partager dans les prochaines années ses installations d’entreposage au port de Grande-Anse, à La Baie, avec d’autres entreprises, lorsque le projet sera rodé.

« Dès le départ, on est très très ouverts à partager nos installations avec d’autres producteurs », souligne Yann Sellin, directeur général de l’entreprise.

Granule 777 dispose actuellement d’une marge de manoeuvre dans ses deux dômes de béton construits au port de Grande-Anse. Un remplissage à 70 % de la capacité totale doit être atteint avant de pouvoir remplir un navire.

Cette marge permet à l’entreprise de poursuivre le chargement des dômes, malgré les retards que peuvent parfois avoir les bateaux, dont les dates d’arrivée et de départ sont souvent difficiles à prévoir.

« Cette capacité-là nous permettrait aussi d’accumuler les granulés si on avait d’autres producteurs qui voulaient participer », précise-t-il.

Assurer une stabilité

Avant de parler de partenariats, d’expansion ou de projets à long terme, le directeur général se consacre à compléter la mise en opération du projet afin d’assurer une stabilité à l’usine de sciage de Barrette-Chapais.

« À la base, le projet avait pour but de valoriser les coproduits de la scierie et, surtout, de s’assurer de contrôler notre avenir au niveau de la scierie et de contrôler l’emploi, rappelle-t-il. Les coproduits d’une scierie sont essentiels à sa survie. »

Ce projet permet notamment d’assurer un écoulement des copeaux de l’usine, habituellement destinés à l’industrie des pâtes et papiers. Le secteur connaît depuis plusieurs années une baisse de la demande et d’importantes fluctuations. « Ça peut créer un stress sur l’économie des scieries », souligne M. Sellin.

Barrette-Chapais emploie environ 350 personnes à sa scierie et 20 à son usine de granulés.