Le port de Grande-Anse a été retenu par Barrette-Chapais pour l’exportation des granules vers les centrales de production d’électricité en Angleterre.

Grande-Anse dans un projet de granules

Le producteur de bois d’œuvre Barrette-Chapais finalise en ce moment les détails d’un projet d’un peu plus de 50 M$ pour la construction d’une usine de granules à Chapais et d’un site de transbordement et d’entreposage au terminal maritime de Grande-Anse.

L’entreprise de Chapais souhaite ainsi se mettre à l’abri de la décroissance de l’industrie du papier qui a provoqué une chute des prix des copeaux de l’ordre de 50 %, au cours des dernières années. Selon les paramètres de l’industrie, l’usine de Chapais (capacité de 1 million de mètres cubes de bois), produit approximativement 250 000 à 275 000 tonnes de résidus forestiers (sciures et copeaux) par année.

Selon les informations recueillies par Le Quotidien, le choix de Grande-Anse comme terminal d’exportation serait déjà assuré. L’entreprise va expédier en Angleterre les granules produites à Chapais. Il s’agit de clients industriels qui remplacent en ce moment les bouilloires au charbon par des systèmes alimentés aux granules de bois pour la production d’électricité.

Le marché de la granule industrielle est en pleine croissance en Europe alors que les pays sont engagés en vertu des cibles de l’entente sur le climat de Paris. Selon les projections du Bureau de promotion des produits du bois du Québec, le marché des granules de bois était de 12 millions de tonnes en 2010 et passera à 38 millions de tonnes en 2025. La croissance sera également importante en Asie, principalement pour la Chine qui doit aussi faire face à une problématique de production de carbone avec ses centrales de production d’électricité alimentées au charbon.

Le marché des copeaux est devenu problématique au Québec. Le scieur de Chapais avait accumulé une montagne de copeaux. En général, la vente des copeaux représente 20 % des revenus d’une usine de sciage. En ce moment, les scieurs bénéficient des prix exceptionnels du marché américain, mais la problématique sera importante lorsque la situation reviendra à la normale dans l’industrie. Barrette-Chapais va retirer du marché 150 000 tonnes de copeaux en plus des sciures et résidus. Le retrait de ces copeaux aura une influence sur la stabilité des prix des copeaux pour les scieurs indépendants de la région.

L’usine de granules serait construite sur le site actuel de Barrette-Chapais à Chapais.

Il a été impossible d’obtenir le montant des investissements nécessaires pour la construction d’un site d’entreposage dans la zone industrielle située avant la descente vers le quai Marcel-Dionne. L’entreprise Barrette-Chapais avait tenté une première expérience dans cette industrie avec l’entreprise Rentech. Le projet est mort dans l’œuf après un ou deux chargements de bateau. Les granules provenaient d’une usine située dans la municipalité de Wawa en Ontario. Les deux dômes géants construits dans la controverse sur les terrains du Port de Québec sont toujours en place.

Le projet devrait normalement avoir un impact à la baisse sur la présence des camions sur les routes. Le volume de transport sera diminué en raison de la compression de la matière première et du séchage des fibres. Dans ce type de projet, on fait état d’une réduction de 50 % des volumes de résidus verts (copeaux) à transporter.

Des sources ont confirmé au Quotidien que les travaux de construction de l’usine ont débuté à Chapais. Le Quotidien attend des confirmations du gouvernement du Québec sur l’émission des certifications d’autorisation environnementale pour la construction de l’usine ainsi que celle du hangar d’entreposage de Grande-Anse.

Le grand patron de Barrette-Chapais, Benoît Barrette, avait déjà expliqué au Quotidien que le projet n’était pas complété. Il n’a pas été possible de lui parler de nouveau.

Un autre projet majeur et qui aura des répercussions importantes pour les scieurs de la région se met en branle à Lebel-sur-Quévillon. La famille Fillion de Chantiers Chibougamau est en pleine période de mobilisation pour redémarrer l’usine de pâte Kraft fermée par la société Domtar.

Le marché de la granule industrielle est en pleine croissance en Europe alors que les pays sont engagés en vertu des cibles de l’entente sur le climat de Paris.

Il s’agit d’une usine d’une capacité de 300 000 tonnes métriques qui constituera un marché de 600 000 tonnes de copeaux pour les entreprises régionales.