Grad4: 250 000 $ gardés au Québec grâce à une initiative saguenéenne

Myriam Arsenault
Myriam Arsenault
Initiative de journalisme local - Le Quotidien
C’est en travaillant auprès de son père, le propriétaire de Devinci, que Nicolas Gauthier a été témoin de la difficulté de trouver des fabricants québécois dans le domaine de la transformation du métal. Il a donc décidé de se lancer dans la création d’une plateforme numérique appelée Grad4, afin de faciliter le processus de soumissions, en plus de donner rapidement accès à plus d’une centaine de fournisseurs québécois.

L’entrepreneuriat, pour le natif de Saguenay, c’est une passion familiale. Très tôt, Nicolas s’est impliqué dans l’entreprise de son père et chérissait le rêve de se partir en affaires.

Lorsqu’il travaillait pour Devinci, il gérait les achats. C’est là qu’il a remarqué la difficulté de faire l’achat de produits québécois dans le domaine de la transformation de l’aluminium. « J’ai réalisé que c’était plus facile de faire affaire en Chine que faire affaire au Québec », admet-il, dans un entretien par visioconférence avec Le Quotidien.

Il a donc créé une plateforme qui permettrait de régler ce problème. « Grad4 donne automatiquement un accès à quelque 150 fournisseurs québécois qui sont spécialisés en usinage CNC, en transformation du métal en feuille et en assemblage mécanosoudé, soit trois procédés de fabrication de transformation du métal », explique Nicolas Gauthier.

Selon lui, la simplicité de cette plateforme numérique est la clé de son succès. Lancée il y a quelques mois, la deuxième version simplifie vraiment les tâches pour les acheteurs et les fabricants. En seulement quelques clics, ils peuvent répondre à un appel d’offres ou encore en faire un, ce qui leur permet de sauver du temps.

Jusqu’à maintenant, plus de 300 entreprises ont utilisé la plateforme, soit environ 140 fournisseurs et 190 acheteurs. Plusieurs entreprises de la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean l’utilisent, dont Devinci.

Avec ses deux cofondateurs, Félix Bélisle-Dockrill et Yacine Mahdid, l’homme qui vit maintenant à Montréal travaille à temps plein sur ce projet depuis 2019. Son entreprise compte 17 employés et est présentement incubée au Centech de l’ETS, l’un des plus importants accélérateurs technologiques au monde.

Déjà, en moins d’un an, la compagnie a réussi à ramener au Québec près de 250 000 $, qui auraient été dépensés autrement pour des matériaux chinois, ce qui rend très fier Nicolas Gauthier.

Des possibilités à l’international

Des discussions entre différentes associations et entreprises basées aux États-Unis se font présentement avec Grad4, afin d’acheter la plateforme. À certains endroits, les processus de soumissions et d’achats sont longs, archaïques et les risques d’erreurs pour chacune des parties prenantes sont très importants.

« On commence présentement des discussions pour aller à l’international. Notre idée est d’offrir notre système à des associations, qui pourront rapidement l’utiliser pour déposer leurs opportunités d’affaires et les rendre accessibles à leur réseau de fournisseurs. Chaque entreprise à qui nous avons parlé de Grad4 capote », se réjouit l’entrepreneur de 24 ans.

Grad4 commence donc les préparatifs pour la commercialisation de sa plateforme et s’y concentra pour la prochaine année, surtout aux États-Unis. Nicolas ne cache pas que selon lui, la plateforme a un grand potentiel et qu’elle a de très bonnes chances de briller à l’international.

Même si des projets à l’international sont au stade embryonnaire, la plateforme continuera tout de même d’être en service pour les acheteurs et les fabricants québécois dans les prochaines années. « Ce qu’on veut, c’est aider l’acheteur ou le manufacturier à se créer une chaîne d’approvisionnement de proximité et d’exploiter les capacités locales », continue-t-il, peu importe où il se trouve sur la planète.

Il espère que Grad4 sera encore plus utilisé dans les prochaines années et que les entreprises québécoises développent de plus en plus le réflexe d’utiliser la technologie pour trouver des fournisseurs locaux, avant de sonder le marché international.