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Le producteur Daniel Gobeil, de la Ferme du Fjord de La Baie, est vice-président du consortium Agriméthane Saguenay, qui dirige un projet de site de biométhanisation au Saguenay-Lac-Saint-Jean.
Le producteur Daniel Gobeil, de la Ferme du Fjord de La Baie, est vice-président du consortium Agriméthane Saguenay, qui dirige un projet de site de biométhanisation au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Gaz naturel renouvelable: un projet de biométhanisation à Saguenay reçoit 8 M$ de Québec

Myriam Gauthier
Myriam Gauthier
Le Quotidien
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Un site de biométhanisation permettant de produire du gaz naturel renouvelable à partir de résidus agricoles verra le jour au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Ce projet, qui sera l’un des premiers du genre de la province, reçoit une aide de 8 M$ de Québec.

Le projet, dont le coût totalise 18,3 M$, est dirigé par Agriméthane Saguenay, un consortium composé principalement de producteurs laitiers et d’entreprises du secteur agroalimentaire du Saguenay.

Une douzaine de producteurs saguenéens, dont la Ferme du fjord de La Baie, se sont regroupés sous le nom de Groupe laitier carboneutre et se sont alliés dans ce projet à Nutrinor, à la Fromagerie Boivin et à Viridis Environnement. 

Les fumiers de bovins laitiers de la Ferme du fjord seront par exemple récupérés et dirigés vers l’usine du site de biométhanisation, a expliqué le propriétaire de la ferme, Daniel Gobeil, qui est également vice-président d’Agriméthane Saguenay.

« Pour d’autres entreprises, ça peut être des lactosérums, des résidus de meunerie, des foins de mauvaise qualité », a-t-il donné en exemple, au sujet des matières organiques qui pourront être récupérées, lors d’une conférence de presse tenue lundi.

Plus de 60 000 tonnes métriques pourront être traitées annuellement, selon la capacité initiale projetée. La matière organique sera utilisée afin de produire du gaz naturel renouvelable, qui sera injecté dans le réseau de distribution de gaz naturel. Le digestat, soit le résidu issu du procédé de biométhanisation, pourra ensuite être récupéré comme fertilisant pour les terres agricoles, par exemple.

« C’est certain que la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean a perdu beaucoup d’unités animales, au cours des dernières années, a souligné Daniel Gobeil, qui est également président des Producteurs de lait du Québec. On a beaucoup de terres qui sont propices à recevoir ces digestats-là et on veut vraiment produire un digestat très, très noble. »

Le digestat sera accessible pour les producteurs et devrait l’être également pour les citoyens, dans le cadre de ce projet travaillé depuis l’automne 2019.

2,9 millions de mètres cubes par année

Le site de l’usine n’est pas encore déterminé, mais les membres du consortium évaluent les options du côté de Saguenay, alors que le financement du projet doit être complété.

La construction de l’usine est prévue en 2023 et sa mise en opération en 2024. L’usine, qui sera automatisée, devrait créer environ cinq emplois tout en permettant de consolider les emplois des entreprises partenaires.

Pour la première phase du projet, la production attendue du site est estimée à 2,9 millions de mètres cubes de gaz naturel renouvelable. Cette production représentera une réduction annuelle de 7500 tonnes de gaz à effet de serre, soit l’équivalent de 2000 véhicules qui passeraient de l’essence à l’électricité, estime-t-on.

La conférence de presse a eu lieu virtuellement en compagnie, dans l'ordre, de Daniel Gobeil, vice-président d'Agriméthane Saguenay, du ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Jonatan Julien et de la ministre responsable du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Andrée Laforest.

Une « solution hyperintéressante »

Le projet reçoit une subvention de 8 M$ dans le cadre du récent Programme de soutien à la production de gaz naturel renouvelable, à son injection ou à sa connexion au réseau de distribution de gaz naturel du ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles. Il s’agit du premier projet appuyé dans le cadre du programme lancé en novembre et destiné à soutenir le développement de cette filière énergétique.

« Le développement de la filière de GNR [gaz naturel renouvelable] au Québec présente un intérêt certain pour le milieu des affaires, mais également pour le Québec en entier, puisqu’il s’agit d’un carburant qui offre de nombreux avantages par rapport au gaz naturel d’origine fossile actuellement importé », a exposé le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Jonatan Julien, lors de l’événement tenu à Saguenay et diffusé en ligne.

Le ministre a présenté cette source d’énergie comme une énergie renouvelable qui contribue « nettement » à la lutte aux changements climatiques et comme une « solution hyperintéressante » pour favoriser la transition énergétique.

Andrée Laforest, ministre responsable du Saguenay-Lac-Saint-Jean et députée de Chicoutimi, a souligné pour sa part que ce projet sera l’un des premiers sites de biométhanisation de la province.

« C’est une fierté d’être le berceau de cette technologie à l’échelle nationale. Notre Québec compte plusieurs sources de matières organiques qui peuvent être valorisées par la production de gaz naturel, notamment en provenance des secteurs forestiers, agricoles et industriels. »

Un premier projet de coopérative agricole dédiée à la biométhanisation avait été annoncé à Warwick, à la fin de 2019.