Nelson Paradis pose devant ses champs, où la récolte devrait se poursuivre jusqu’à la mi-août.

Fraises «raisonnées», meilleur rendement

Pour lutter contre des infestations massives de punaises ternes, qui affectaient près de 50 % des fraises, la ferme Nelson Paradis de Saint-Prime a délaissé sa certification biologique pour miser sur une agriculture raisonnée. Une solution gagnante, qui a permis d’investir et produire davantage de fraises.

Dans les champs qui s’étirent le long de la rivière Ashuapmushuan, des petits fruits rouges brillent sous le soleil, pour le plus grand plaisir des cueilleurs venus faire le plein de fraises. Et la récolte est beaucoup plus facile que par le passé, car les rendements ont presque doublé depuis que Nelson Paradis et Andrée Martel, les propriétaires de la ferme, ont délaissé l’agriculture biologique pour l’agriculture raisonnée.

« On a toujours travaillé avec l’idée du développement durable en tête, note Nelson Paradis, ce qui implique le respect de l’environnement, des gens qui y travaillent, et la rentabilité financière. Depuis plusieurs années, on faisait du bénévolat, alors que depuis deux ans, on dégage une rentabilité, ce qui nous permet d’être rémunérés et de penser à un éventuel transfert de l’entreprise. »

Depuis 2006, les producteurs de fraises exploitaient leurs terres sous régie biologique, ce qui impliquait trois épandages d’insecticide biologique pour lutter contre la punaise terne, mais sans résultats favorables.

« On devait faire un changement ou on fermait », remarque Andrée Martel, qui a racheté la terre familiale pour exploiter son entreprise avec son conjoint.

L’été dernier, les entrepreneurs ont décidé de délaisser l’agriculture biologique, tout en mettant la priorité sur la santé du sol. « On en met le moins possible », soutient cette dernière. Cet été, il a suffi d’un épandage d’insecticide pour se débarrasser de la punaise, et aucun fongicide n’a été utilisé.

Optimiser les résultats économiques de l’entreprise en maîtrisant la quantité d’intrants utilisés, tel est le concept derrière l’agriculture raisonnée. Et le concept sourit à merveille à la ferme Nelson Paradis, car les clients ont bien compris le changement et ils voient comment sont exploitées les terres. Par exemple, on retrouve plusieurs plantes qui sont considérées comme étant des mauvaises herbes à travers les plants de fraises, ce qui démontre que les producteurs n’utilisent pas d’herbicide.

Les nouveaux revenus ont même permis à l’entreprise d’investir dans de nouvelles bâches chauffantes, à raison de 7000 $ par hectare, ce qui a permis de devancer le début de saison de presque 10 jours. « On a lancé la saison le 26 juin, alors qu’on commence habituellement vers le 6 juillet », remarque Nelson Paradis.

Les systèmes d’irrigation ont aussi permis de réduire l’impact de la sécheresse sur les rendements. « Les variétés hâtives de fraises ont eu des plaques d’insolation, mais on n’a pas eu de pertes majeures », ajoute Andrée Martel.

Avec les variétés de fraises tardives, la récolte devrait se poursuivre jusqu’à la première semaine d’août.