Steeve Hudon, fondateur du Café Chaga Boréal à Alma.

Fondateur du Café Chaga Boréal: Steeve Hudon partage son amour du café

L’Almatois Steeve Hudon a transformé son amour pour le café en une brûlerie offrant une vingtaine de saveurs élaborées selon des recettes uniques au commerce Café Chaga Boréal, ayant pignon sur rue à Alma.

M. Hudon et sa conjointe Linda Gagné, une jeune retraitée du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS), exploitent depuis 2015 la petite brûlerie et son bistrot de la rue du Pont Nord tout en se préparant à développer un réseau de distribution commercial au Saguenay et au Lac-Saint-Jean.

Linda Gagné et son conjoint, Steeve Hudon, se sont lancés dans la torréfaction du café en 2015. Il ont lancé au cours des derniers jours le café Tornade 49 en hommage au joueur de hockey Samuel Girard.

Rencontré au commerce où les clients entrent et sortent pour déguster une petite tasse ou se restaurer, M. Hudon raconte qu’une grande partie de sa vie professionnelle a été consacrée au métier d’ébéniste jusqu’à ce qu’un accident de travail survenu en 2003 interrompe ses activités. Un cours d’entrepreneur général le garde sur le marché du travail en devenant cadre au sein de différentes quincailleries.

Ce grand amateur de café avoue qu’avant de fonder sa propre brûlerie, il n’hésitait pas à se déplacer sur des dizaines de kilomètres pour déguster un bon café.

Café Chaga Boréal entend développer un réseau de distribution dans les divers commerces de la région.

« À un moment donné, j’ai songé à réorienter ma carrière en torréfiant du café. J’ai fait venir de la compagnie Organo Gold une boîte de café élaboré avec un champignon chinois qui, finalement, ne répondait pas à mes attentes. En faisant des recherches sur Internet, je suis tombé sur le chaga, un champignon qui pousse dans la forêt boréale, là où sont présents le bouleau jaune et le merisier. » C’est à partir de cette expérience que l’aventure commerciale a débuté.

M. Hudon prétend que le chaga confère au café un goût boisé léger lorsqu’il est mélangé en petites quantités dans les sachets de 250 grammes mis en marché. Le chaga constitue, selon lui, un très bon ingrédient pour le corps humain. La période de cueillette de ce champignon doit se faire en hiver par grand froid, au moment où la présence d’acide bétulinique du bouleau est la plus grande », explique l’expert.

Le travail de recherche et développement ne s’est pas arrêté là puisque M. Hudon et Mme Gagné se sont rendus au Costa Rica pour y rencontrer Marie-Dominique Bergeron et Martin Perron, un couple originaire de Métabetchouan qui exploite l’entreprise Las Maracas et dont la mission est de cultiver plusieurs variétés de café sur une terre de deux hectares.

D’autres voyages à Cuba et dans plusieurs pays producteurs ont permis de constater que les techniques sont très variées. Les résultats de leur recherche ont permis de développer une vingtaine de saveurs de café qu’ils mettent en marché au gré des goûts des clients. Une édition spéciale de café au whisky, nommé Le Whiskirsh, a été mise au point avant les Fêtes. Elle devrait apparaître de nouveau sur les tablettes pendant la période de Pâques. « Je suis le seul au Canada à produire ce type de café », affirme-t-il.

Les torréfacteurs artisanaux almatois mettent en marché sur une base annuelle entre 80 et 100 poches de café d’un poids de 150 livres chacune.

Quant à Mme Gagné, cette dernière avoue qu’elle n’était pas une grande fervente de café, mais qu’elle s’est laissée entraîner par la passion de son conjoint. Outre le travail au comptoir pour le service aux clients et les tâches administratives, Mme Gagné a mis à profit ses talents d’ex-assistante chef en diététique au CIUSSS pour élaborer un menu santé. « On est toujours d’un projet à l’autre. Après avoir construit notre vaste maison, on a ouvert notre commerce», témoigne-t-elle. Un investissement de plus de 225 000 $ a été fait pour ouvrir le commerce.

Comme le vin

M. Hudon n’hésite pas à comparer la culture et la torréfaction du café, une boisson qu’il qualifie de noble, à ce qui se fait en viniculture où chaque producteur développe une petite technique bien à lui qui confère au produit fini ses caractéristiques particulières.

« L’un des secrets d’un bon café est la qualité de la mouture et de la torréfaction. Il est agréable de vendre un café bien moulu avec un mécanisme qui permet de conserver les huiles et les arômes du produit de base. »

Outre le travail de recherche et développement réalisé pour mettre au point sa vingtaine de cafés au goût unique, Café Chaga Boréal se targue d’adopter des pratiques écologiques. Ainsi, l’importation de café en provenance du Pérou est réalisée en collaboration avec l’organisme Écotierra qui a comme mandat de compenser les GES émis pour le transport de la matière première vers le Canada. « Notre torréfacteur est écoénergétique. On n’utilise aucun gaz fossile pour torréfier notre café. Nos marcs de café sont retournés au jardin puisqu’on est en contact avec un agriculteur qui vient les ramasser chaque semaine. »

Les clients acheteurs de café moulu ou en grains ont la possibilité de rapporter leur sachet de papier brun afin de s’approvisionner de nouveau.

Café Chaga Boréal met en marché annuellement entre 80 et 100 poches de café.

L’implication sociale et communautaire constitue une autre valeur du commerce avec la mise en vente du Café Planète qui permettra la remise d’une somme de 75 cents sur chaque sachet jusqu’à concurrence de 2500 $. L’organisme La Nichée, qui vient en aide à de jeunes familles, sera bénéficiaire du don.

Parallèlement à la vente au comptoir, Café Chaga Boréal développe son réseau de points de vente à même des commerces existants tout en mettant à jour le site Internet du commerce.

Au cours des derniers jours, Café Chaga Boréal a réussi un coup de marketing en lançant sur le marché le café Tornade 49 en l’honneur du joueur de hockey Samuel Girard, originaire de Roberval, qui évolue au sein de l’Avalanche du Colorado. « J’ai grandi à Alma sur la rue Sauvé en face de chez Mario Tremblay. C’est un privilège pour moi d’attacher notre nom à la personnalité de Samuel, un gars qui ne se prend pas pour un autre. C’est un type à sa place », affirme M. Hudon.

Steeve Hudon n'hésite pas à comparer la préparation du café à cellle du vin en raison du fait que chaque producteur dispose de ses petits secrets.