Le gel a affecté la plupart des bleuetières de la région hier soir.

Fin probable de la récolte de bleuets à cause du gel

« Le gel ralentit nos activités, parce qu’on doit maintenant attendre la pluie pour repartir la récolte », lance d’emblée Réjean Fortin, président de Bleuets Mistassini. S’il pleut d’ici les deux prochains jours, les bleuets pourraient retrouver assez de vigueur pour être cueillis à nouveau, dit-il, sinon, la saison sera terminée dans la région. « On va continuer à récolter sur la Côte-Nord, dans des secteurs qui n’ont pas été touchés », ajoute l’homme qui s’attend tout de même à un bon volume de récolte total.

Pour Émilie Gaudreault, une productrice qui détient des bleuetières à Girardville, les pertes pourraient atteindre 25 % de la production. « On est en attente de voir ce que dame Nature nous réserve pour les prochaines heures », dit la femme qui est également actionnaire de la Congèlerie L’Héritier.

Ce nouveau joueur dans le domaine de la congélation du bleuet doit également subir cet arrêt de récolte momentané. « Nous n’avons pas encore récolté le volume souhaité, mais on a tout de même transformé des volumes intéressants », dit-elle, espérant tout de même que la récolte se poursuive. L’usine de Normandin s’était fixé comme objectif de transformer huit millions de livres de bleuets cette année. Malgré le manque de main-d’œuvre et la surcharge de travail générée pour les actionnaires, l’entreprise est fière du travail accompli jusqu’à maintenant.

Bleuets sauvages du Québec estime également être en mesure de recommencer la récolte si une pluie survient au cours des prochains jours, soutient Pascal Hudon, le directeur général de l’entreprise. « Certains secteurs sont frappés plus durement, mais il ne restait pas beaucoup de bleuets dans les champs », estime ce dernier.

Comme ce fut le cas après l’épisode de gel survenu dans la nuit du 31 août au 1er septembre, la pluie pourrait redémarrer la récolte du bleuet destiné à la congélation. La récolte du bleuet frais destiné pour les marchés d’alimentation est toutefois pratiquement terminée, mentionne Martin Villeneuve, un des copropriétaires de Nutrableu. « Pour le bleuet frais, la saison est terminée, mis à part dans quelques bleuetières irriguées », dit-il. Le partenariat avec des producteurs ayant investi dans de tels systèmes permettra à l’entreprise de récolter encore 50 000 livres de bleuets.

« On atteindra près de 80 % de nos objectifs grâce aux récents investissements que l’on a faits, ajoute l’entrepreneur. C’est sûr qu’on aurait aimé atteindre notre objectif d’un million de livres, mais on n’est pas surpris d’avoir un gel en début septembre. C’est arrivé sept fois au cours des 10 dernières années. »

Avec le début des récoltes qui s’est fait tardivement, et le gel hâtif, la cueillette aura duré moins de cinq semaines au total. Pour assurer une récolte, peu importe les aléas de dame Nature, Nutrableu souhaite se pencher sur différentes technologies qui permettent de conserver la qualité du petit fruit malgré le gel. « On voudrait se coller davantage sur ce qui se fait dans le monde du raisin », a conclu Martin Villeneuve.