L’Usine Dubuc offrait un produit de niche spécialisé dans les barres omnibus, ainsi que des lingots d’alliages Boralcan et Duralcan. Les produits étaient destinés aux marchés européens et pour les milieux nucléaire, aéronautique et aérospatial.

Fermeture indéterminée de l’Usine Dubuc

La multinationale Rio Tinto annonce la fermeture indéterminée de l’Usine Dubuc, située sur le chemin de la Réserve à Chicoutimi, et cesse immédiatement la production en raison d’un carnet de commandes vide. Les quelque 20 travailleurs seront relocalisés.

Le Quotidien a appris que l’usine de production d’aluminium Lithium n’avait produit qu’un peu plus de 600 tonnes de ce produit de niche à haute valeur ajoutée depuis le début de 2018, alors qu’elle en produisait plus de 30 000 tonnes annuellement il y a quelques années à peine.

La porte-parole de Rio Tinto pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean, Xuân-Lan Vu, a confirmé l’information jeudi soir.

« Nous avons rencontré nos travailleurs aujourd’hui (jeudi) pour leur faire part de la situation. La vingtaine d’employés sera relocalisée dans nos installations régionales », mentionne Mme Vu.

« La raison pour laquelle nous cessons notre production est simple. Le carnet de commandes est vide. En 2018, nous avons produit seulement 625 tonnes de notre alliage hautement spécialisé. C’est une question de marché », a poursuivi Xuân-Lan Vu.

L’Usine Dubuc offrait un produit de niche spécialisé dans les barres omnibus, ainsi que des lingots d’alliages Boralcan et Duralcan. Les produits étaient destinés aux marchés européens et pour les milieux nucléaire, aéronautique et aérospatial. Et les entreprises spécialisées dans ces marchés n’ont visiblement pas besoin d’alliage actuellement.

« Au cours des semaines à venir, nous allons devoir travailler sur la rentabilité de l’usine, analyser ce que l’on peut faire. »

« Et avant que l’on reparte la production à l’usine, il faudra un carnet de commandes assez important », ajoute Mme Vu.

Informé de la situation, le député de Jonquière à l’Assemblée nationale, Sylvain Gaudreault, n’en avait pas entendu parler.

« On dirait que l’on n’est pas en mesure d’identifier le produit de niche qui serait porteur pour l’usine. Depuis qu’elle est en fonction, ça ne cesse de décliner. Ça envoie un autre message négatif sur la transformation de l’aluminium », indique M. Gaudreault.

« Le nouveau gouvernement a une belle opportunité de se pencher sur ce type de marché de produits de niche à valeur ajoutée. La nouvelle ministre des Affaires municipales, Andrée Laforest, doit s’asseoir rapidement avec la compagnie afin de trouver des solutions durables. Il faut percer le marché avec un produit de niche porteur », a poursuivi le député de Jonquière.

Il n’a pas été possible d’obtenir les commentaires de la députée Andrée Laforest.

Déclin

La baisse de production de l’Usine Dubuc ne date pas du début de l’année 2018.

En juin 2015, Le Quotidien avait annoncé qu’un important client, l’entreprise Constellium, avait mis un terme à son contrat avec la multinationale de l’aluminium. L’Usine Dubuc perdait ainsi d’un seul coup 80 pour cent de son carnet de commandes.

Et en 2017, Rio Tinto avait transféré environ 25 travailleurs de son usine du chemin de la Réserve vers l’usine Grande-Baie.